The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Les petits problèmes des hommes et femmes politiques, leurs obsessions – pas celles des citoyens français lambda -, des écrans de fumée bien commodes car ils permettent de masquer les vrais problèmes du pays (l'Hexagone a perdu sa boussole économique, absence totale de cap politique, etc.). En l'occurrence le petit problème c'est le voile, cet arbre « énorme » qui cache les misères de la République. Ce bout de tissu qui insupporte une certaine élite politique. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait menacé de démissionner si le gouvernement recule sur le port du voile dans l'espace public, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal avait proposé de traquer les filles voilées dans la rue et de punir leurs parents. C'est au tour de la présidente du Parlement, Yaël Braun-Pivet, de manifester son animosité pour ce bout de tissu. Mme Braun-Pivet oublie les cadavres dans ses placards Hier mercredi 5 novembre dans la soirée Mme Braun-Pivet a mis un point d'honneur à commenter la publication d'une photo montrant des jeunes filles dans les tribunes de l'Assemblée. «Au cœur même de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, où a en particulier été votée la loi de 2004 sur la laïcité à l'école, il me paraît inacceptable que de jeunes enfants puissent porter des signes religieux ostensibles dans les tribunes. Nous n'avions pas été confrontés à cette situation par le passé», a-t-elle dit. Puis elle a brandi la «cohérence république» et a invité les acteurs du microcosme politique à une «extrême vigilance pour que cela ne se reproduise pas». Comme si on avait affaire à un crime la nation, contre la République et ses valeurs. Le crime contre la Démocratie c'est la tambouille – certains diraient magouille – politique scabreuse qui a permis à Mme Braun-Pivet de se maintenir au perchoir alors que son camp, la majorité présidentielle, a été écrasé lors des législatives anticipées de 2022. Pour le port du voile il y a du monde sur le pont. Etrangement c'est le centre – la Macronie – qui s'agite le plus sur ce sujet (Darmanin, Attal…), l'extrême droite elle se contente de susurrer, de souffler sur les braises, de surfer sur les incendies. Et de ramasser les lauriers électoraux. C'est le député du Rassemblement national (RN) Julien Odoul qui a titillé la présidente du Parlement en publiant sur X le cliché montrant un groupe de jeunes visiteurs assister aux débats à l'Assemblée, dont des filles arborant le voile. Mme Braun-Pivet a sauté à pieds joints sur l'appât du RN. C'est la seule formation qui profite – en témoignent tous les sondages – de l'agitation sur l'immigration, le voile, la submersion musulmane, etc. La gauche, surtout la France insoumise (LFI), fulmine face à cette manipulation fielleuse. Le président LFI de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel, a accusé la présidente de l'Assemblée de faire le jeu du site d'extrême droite Frontières, lequel est pour beaucoup dans la circulation de cette photo. Rappelons que le fondateur de ce portail est Erik Tegnér, qui officie sur CNews et y instille le poison de la haine. «Vous donnez donc raison à un média d'ultra-droite qui utilise l'accréditation que vous lui avez maintenue non pour couvrir l'actualité de l'Assemblée, mais pour livrer de façon raciste sur les réseaux sociaux des jeunes personnes venues visiter l'Assemblée», a clamé Coquerel. Un faux problème, une fausse loi… Le député LFI a apostrophé la présidente du Parlement : «Pouvez-vous me dire à quel règlement de l'Assemblée vous faites référence pour interdire des signes religieux au public qui visite l'assemblée ?». Il n'est pas le seul, Julia Courvoisier, avocate au barreau de Paris, s'indigne également : «Est-ce interdit par la loi ou le règlement ? C'est la seule question à se poser. Et je crois sur ce n'est pas le cas, donc je ne vois pas en quoi il aurait fallu leur interdire de pénétrer dans leur Assemblée nationale...». Ce n'est pas la première fois que la Macronie se cabre sur la légalité du port du voile à l'Assemblée. En 2020 Maryam Pougetoux, vice-présidente de l'UNEF, avait déclenché une grosse polémique. Elle avait été auditionnée par une commission qui étudiait «les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse». Mais voilà, l'élue syndicale porte le voile ; la majorité présidentielle (la droite et l'extrême droite beaucoup moins) s'était entre-déchirée sur cette question. Revenons au cadre législatif pour évider ces gesticulations aux allures de diversion. L'article 8 du règlement de l'Assemblée nationale n'aborde pas spécifiquement le sujet du voile ni la laïcité de manière générale. «Pour être admis dans les tribunes, le public doit porter une tenue correcte. Il se tient assis, découvert et en silence ; il peut consulter les documents parlementaires et prendre des notes», indique le texte. C'est tout. Richard Ferrand, l'actuel président du Conseil constitutionnel, disait ceci en 2019 sur Public Sénat, en sa qualité de président du Parlement : «Le port de tenues manifestant une appartenance religieuse n'est pas en soi interdit. Ce n'est que dans le cas où le président de séance estimerait que le port de telles tenues est de nature à troubler l'ordre ou le bon déroulement des débats qu'il pourrait être amené à prendre des mesures». Donc l'heure était à la «tolérance» sur le sujet, ce qui a permis de voir défiler au Palais Bourbon «des députées ou d'autres invitées étrangères voilées». Manifestement cette page se fermera très prochainement. Mme Braun-Pivet tolère beaucoup de choses, comme les turpitudes des élus lors des votes ou les crimes de guerre d'Israël (qu'elle a visité en octobre 2023 en boudant ostensiblement la Palestine), mais pas le voile… Pourtant la loi 2004 sur le voile à l'école à laquelle elle se réfère certes interdit le port de signes ostentatoires religieux «dans les écoles, les collèges et les lycées publics», mais on est très loin du cadre de l'Assemblée nationale. Pour que cette affaire tombe sous le coup de la loi il faudra établir que cette visite s'est faite dans un cadre scolaire et que ces jeunes auraient donc transgressé la norme établie. Mais au fond ce qui gêne, ce qui pose problème c'est le voile, qu'il soit porté par des mineures, des élèves ou des adultes bien consentants. Ce qui dérange c'est ce bout de tissu qui vient d'ailleurs, véhiculerait des messages terrifiants et disons-le franchement fait tache sur le visage de la République. C'est ça le fond du problème et pas autre chose. Mais ce n'est pas une loi qui chassera ce qu'il y a dans la tête des gens, il faudra que la France fasse la paix avec elle-même, avec sa diversité, avec ce qu'elle est devenue.
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