The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La communauté ukrainienne installée à Montréal depuis le début de la guerre en 2022 regarde l'avenir avec inquiétude. Les nouvelles cibles d'immigration annoncées à la fois par Ottawa et par le gouvernement du Québec, combinées à l'échéance du statut temporaire accordé aux personnes fuyant l'invasion russe, créent un climat d'incertitude pour des milliers de familles arrivées sous le régime d'urgence mis en place il y a trois ans. Le programme fédéral d'autorisation de voyage d'urgence pour les Ukrainiens (CUAET), lancé en mars 2022, a permis à près de 300 000 Ukrainiens et membres de leurs familles d'entrer au Canada avec des permis ouverts de travail ou d'études. Mais il s'agissait d'une mesure exceptionnelle et limitée dans le temps. Or, depuis l'automne, le signal politique a changé. Ottawa a annoncé une réduction graduelle de ses cibles d'immigration permanente, ramenant le plafond à 395 000 admissions en 2025, puis 380 000 en 2026, afin de répondre aux pressions sur le logement et les services publics. Cela signifie mécaniquement qu'il y aura moins de places pour transformer des statuts temporaires en résidences permanentes. Du côté de Québec, le resserrement est encore plus visible. Le gouvernement provincial a présenté de nouvelles orientations 2026-2029 qui visent à mieux contrôler l'afflux de résidents temporaires et à limiter l'immigration permanente pour rester dans la capacité d'accueil de la province. Le ministère de l'Immigration avait déjà imposé un moratoire sur certains programmes populaires – notamment le Programme régulier des travailleurs qualifiés et une partie du PEQ – pour éviter d'exploser le seuil de 70 000 nouveaux permanents en 2025. Dans ce contexte, les Ukrainiens installés à Montréal se retrouvent directement en concurrence avec d'autres catégories d'immigrants pour un nombre plus réduit de places. Ce qui inquiète la communauté ukrainienne, c'est que le dispositif qui lui avait été accordé était pensé comme une porte d'entrée humanitaire rapide, pas comme un couloir automatique vers la résidence permanente. Plusieurs provinces, dont le Québec, rappellent d'ailleurs que les mesures d'accueil d'urgence ne peuvent pas être prolongées indéfiniment et qu'à partir d'une certaine date les Ukrainiens devront, eux aussi, passer par les filières classiques : sélection économique, réunification familiale ou programme des candidats des provinces. Le fait que le Canada ait prolongé certains services gratuits d'installation jusqu'au 31 mars 2025 ne change pas le cœur du problème : l'accès au statut durable devient plus difficile. Les représentants de la diaspora ukrainienne au Canada tirent la sonnette d'alarme. Ils rappellent que beaucoup de ces familles sont arrivées avec des enfants scolarisés, que plusieurs ont déjà trouvé un emploi ou entrepris des démarches de francisation au Québec, et qu'un retour forcé en Europe de l'Est reste impossible tant que la guerre se poursuit. Ils demandent donc la mise en place d'un véritable parcours de transition vers la résidence permanente pour les personnes arrivées entre 2022 et 2024, à l'image de ce qui avait été fait par le passé pour d'autres groupes touchés par des crises majeures. Plusieurs organisations ukrainiennes rappellent aussi qu'une majorité de Canadiens sont favorables à ce que ces réfugiés de guerre puissent rester à long terme. Sur le terrain, les conseillers en immigration et les organismes d'accueil montréalais constatent déjà un changement de ton : délais plus longs, critères plus serrés, et une recommandation de plus en plus fréquente faite aux Ukrainiens de déposer rapidement une demande dans un programme régulier avant que leur permis lié au régime d'urgence n'expire. La crainte, au sein de la communauté, est claire : que des personnes intégrées, francisées, employées, soient contraintes de repartir simplement parce que la fenêtre humanitaire se referme plus vite que prévu. Pour Québec comme pour Ottawa, l'équation est délicate. Les deux paliers de gouvernement veulent montrer qu'ils gardent le contrôle des seuils d'immigration dans un contexte de pénurie de logements et de tension budgétaire. Mais en même temps, la guerre en Ukraine n'est pas terminée, et le Canada s'est engagé publiquement à soutenir durablement la population ukrainienne déplacée. C'est dans cet entre-deux – entre solidarité internationale et gestion interne des quotas – que se joue aujourd'hui l'avenir de milliers d'Ukrainiens établis à Montréal. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!