The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La réactivation du Gazoduc Maghreb-Europe (GME)… Ce gros dossier fait partie du cercle vertueux qui aurait pu être enclenché si le psychodrame autour du Sahara occidental avait été dépassé, si le vote au Conseil de sécurité de l'ONU avait permis d'aplanir les antagonismes, si Rabat n'avait pas été aussi sourcilleux sur le contenu de la résolution américaine. De l'aveu même du chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, Alger aurait pu voter en faveur de ce texte pour sortir par le haut de ce bras de fer vieux de 5 décennies. Rabat a raté le coche et tous les dossiers avec, dont le GME. On savait que l'Algérie s'oppose catégoriquement à la réouverture de ce gazoduc, ce qu'on savait moins c'est qu'une kyrielle de pays européens se sont activés ces derniers mois pour que les affaires reprennent en direction de l'Espagne. En même temps la chose ne surprend guère vu l'appétit du marché européen pour les hydrocarbures depuis que la Russie est bannie du Vieux continent (pas totalement en réalité). L'information a été rapportée par le média spécialisé en énergie «Attaqa», domicilié à Washington, une information reprise par plusieurs journaux espagnols. «Au cours des derniers mois, l'Algérie a rejeté la proposition de reprise de l'exportation de gaz naturel vers l'Espagne via le gazoduc Maghreb-Europe, qui traverse le territoire marocain», dit le site, citant des sources au fait de ce dossier. Rappelons qu'Alger a coupé le robinet depuis le 31 octobre 2021, le contrat d'acheminement signé par l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et la Sonatrach est congelé depuis. La même source indique que l'Algérie a fermé la porte à plusieurs tentatives de «prise de contact» ou de «test des intentions»… Pour les autorités algériennes ce dossier est clos – jusqu'à nouvel ordre -, comme d'ailleurs tous les sujets bilatéraux depuis que les relations diplomatiques ont été rompues en août 2021. On commence à comprendre à quel point le Maghreb, l'Europe et la communauté internationale sont passés à côté d'une belle occasion le 31 octobre dernier. D'après ces sources, l'Espagne et une cohorte de partenaires internationaux auraient suggéré de mettre à profit le GME pour diversifier les voies du gaz algérien vers l'Europe, et dans un second temps utiliser ce transit pour amorcer une normalisation progressive des rapports avec le Maroc… Autre calcul : «le Maroc pourrait bénéficier d'une partie des volumes transportés, à un prix potentiellement inférieur au gaz actuellement importé via l'Espagne, estimé à environ 4 à 5 dollars par million de BTU». Raté. Les autres canaux algériens vers l'Espagne tournent à plein régime, point mort pour le royaume chérifien. Depuis l'annulation du contrat avec la Sonatrach le Maroc a dû se passer du gaz algérien. L'ONEE s'est rabattu sur le marché international via les infrastructures espagnoles, un procédé fastidieux et coûteux : gaz naturel liquéfié (GNL), regazéification puis passage en flux inversé dans le GME en direction des centrales de Tahaddart et Aïn Beni Mathar, exploitées par l'ONEE. Les importations marocaines de gaz ont bondi cette année, d'après des données agrégées par Attaqa. Entre le 1er janvier et fin août 2025, Rabat a importé quelque 6,73 TWh, contre 6,29 TWh durant la même période en 2024. Rien que pour le mois d'août dernier les quantités sont montées à 992 GWh, soit le volume mensuel le plus conséquent de 2025. Le média espagnol Okidiario corrobore cette donne et relate les indicateurs de Cores, organisme de surveillance du système énergétique ibérique: «Les exportations de gaz espagnol [du gaz algérien en fait] vers le Maroc sont en hausse et atteignent des niveaux records. Le Maroc est désormais la deuxième destination du gaz espagnol, après la France». Mais le Maroc carbure pour soulager ses caisses et les consommateurs. Le pays voit grand pour muscler son infrastructure gazière. Le méga plan prévoit, dans une première étape, l'installation d'un terminal GNL équipé d'une unité flottante de regazéification (FSRU) au port de Nador West Med… Il y a également la construction d'une centrale à cycle combiné (CCGT) d'une capacité de 1.200 MW, plus de nouveaux gazoducs faisant la jonction entre le futur terminal méthanier et le GME. L'appel à manifestation d'intérêt publié en avril 2025 suscite un engouement, avec plus de 80 opérateurs intéressés. Le lancement de l'appel d'offres est programmé d'ici la fin de ce mois de novembre. Donc voilà, tout ça pour remplacer le gaz algérien, lequel passait juste à côté. Beaucoup de devises marocaines sont cramées pour alimenter les foyers et les industries. Je le dis à Steve Witkoff, l'Envoyé spécial du président Donald Trump, qui ambitionne de rabibocher Rabat et Alger en à peine 60 jours : Bon courage !
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