The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Depuis près de huit décennies, l'Etat d'Israël a bâti une partie essentielle de son identité sur le concept de « l'Aliyah », cette immigration juive censée renforcer la démographie et la cohésion du pays. Or, à l'approche de la fin de l'année 2025, ce pilier historique vacille. Ce qui était qualifié de « départ silencieux » s'est transformé en véritable crise démographique. Plus de 82 000 citoyens ont quitté Israël en 2024, et les tendances observées en 2025 sont similaires. Un sondage de l'Institut israélien pour la démocratie révèle un chiffre saisissant : 27 % des Israéliens envisagent sérieusement de partir, avec une proportion encore plus élevée parmi les jeunes professionnels laïcs. Si les tensions sécuritaires postérieures aux événements du 7 octobre 2023 ont contribué à alimenter cet exode, elles ne suffisent pas à l'expliquer. En réalité, cette vague de départs apparaît comme un vote de défiance massif envers la direction politique du pays, et plus particulièrement envers la stratégie de longévité politique de Benyamin Netanyahou. La vision de la « Super-Sparta » et le rejet des élites laïques L'une des annonces marquantes de 2025 a été la déclaration de Benyamin Netanyahou appelant à transformer Israël en « Super-Sparta », un Etat en mobilisation permanente, autosuffisant et prêt à affronter seul la pression internationale. Destiné à projeter une image de force, ce discours a eu l'effet inverse auprès de la majorité libérale et laïque. Pour l'élite des nouvelles technologies et du monde académique, qui se considère comme partie intégrante du monde occidental, cette vision est apparue comme un retour en arrière, incompatible avec un mode de vie inspiré de New York, Londres ou Berlin. Beaucoup ont interprété ce discours comme un signal clair : leur conception d'Israël ne correspond plus à celle du gouvernement, les poussant à quitter le pays avec leurs compétences et leurs revenus. Un contrat social brisé : l'inégalité au cœur du malaise Le moteur principal de ce mouvement migratoire réside dans un sentiment profond d'injustice sociale, largement attribué à la gestion du pouvoir par Netanyahou et ses alliances tactiques. Le budget 2025, qualifié de « hold-up » par plusieurs économistes, a gelé les tranches d'imposition et réduit les services publics, tout en injectant des milliards de shekels dans des institutions religieuses ultra-orthodoxes non contrôlées. Pour une classe moyenne laïque qui porte déjà la charge fiscale, cette politique a été vécue comme une sanction contre la productivité. La fracture est encore plus visible dans l'armée. En 2025, les réservistes assuraient entre 70 et 100 jours de service par an, un niveau jugé insoutenable pour leur vie familiale et professionnelle. Pourtant, le gouvernement a présenté un projet de loi légalisant quasiment l'exemption militaire pour les étudiants des écoles religieuses. Pour les militaires portant le poids de la défense nationale, ce fut « la goutte de trop ». La guerre perpétuelle et la survie politique de Netanyahou Pour une part croissante des personnes quittant Israël, l'absence de perspective de sortie du conflit constitue un élément déterminant. Le refus répété de créer une commission d'enquête sur les défaillances du 7 octobre 2023 a intensifié le sentiment que la guerre est devenue un outil de survie politique. L'affrontement éclair avec l'Iran en juin 2025 (« la guerre des douze jours ») a renforcé l'idée que l'instabilité est désormais la norme. Pour les familles, l'idée d'élever leurs enfants dans un cycle perpétuel de violence est devenue inacceptable. La fuite des cerveaux : un risque stratégique majeur L'évolution démographique des migrants rend ce phénomène particulièrement inquiétant pour l'avenir du pays. Les données de fin 2025 montrent une augmentation considérable de l'émigration chez les médecins et les professionnels de la haute technologie. Dans le secteur médical, près de 30 % des diplômés à l'étranger ne reviennent plus. Dans les technologies, des milliers de cadres et entrepreneurs qualifiés ont rejoint la Grèce, Chypre, le Portugal ou les Etats-Unis. Or, la high-tech représente près d'un tiers des recettes de l'impôt sur le revenu en Israël. Leur départ affaiblit l'assiette fiscale et accélère un cercle vicieux de déclin économique et d'exode. Vers la fin d'un modèle ? La vague de départs israéliens en 2025 n'est pas une réaction immédiate à un événement ponctuel, mais le symptôme d'un effondrement plus profond du cadre moral et institutionnel qui a fondé l'Etat. La vision de « Super-Sparta » portée par Netanyahou façonne un pays où une partie essentielle de ses citoyens les plus productifs ne souhaite plus vivre. Dans un contexte où le gouvernement privilégie les intérêts partisans au détriment de l'unité nationale et du principe de partage équitable des sacrifices, la classe moyenne laïque cherche désormais ailleurs un avenir stable. Si ce fossé dans la confiance n'est pas comblé, Israël risque de perdre ce qui constituait la pierre angulaire de son « miracle moderne » : son capital humain. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!