The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La New York Times s'est interrogée sur les raisons du silence inhabituel du président russe Vladimir Poutine, après avoir été publiquement défié par son homologue américain Donald Trump au sujet d'une intervention directe au Venezuela, un pays considéré comme un partenaire stratégique de Moscou en Amérique latine. Cette attitude tranche avec la rhétorique ferme que la Russie adoptait traditionnellement face aux initiatives américaines jugées hostiles. L'analyse du quotidien américain prend pour point de départ une rencontre tenue en mai dernier au Kremlin entre Vladimir Poutine et le président vénézuélien Nicolás Maduro. À l'issue de cet entretien, Maduro avait évoqué un « avenir commun brillant », affirmant que les relations entre « la grande Russie, aujourd'hui puissance mondiale de premier plan, et le Venezuela » étaient appelées à se renforcer sur la scène internationale. Huit mois plus tard, le contraste est saisissant. Nicolás Maduro se trouve désormais à environ 4 700 miles du Kremlin, détenu dans un centre de détention fédéral à New York, après avoir été arrêté à Caracas lors d'une opération militaire américaine menée le samedi 3 janvier, sur ordre direct du président Trump. Plus d'une semaine après cette intervention, qui a suscité une vive controverse à l'échelle mondiale, Vladimir Poutine n'a toujours pas réagi publiquement. Selon le New York Times, ce silence reflète une nouvelle approche russe, marquée par une volonté de minimiser l'importance d'actions américaines qui, par le passé, auraient provoqué des menaces ou des réactions virulentes de Moscou. Le journal estime que le chef du Kremlin cherche désormais à éviter toute confrontation directe avec l'administration américaine, dans un contexte où la Russie tente d'obtenir des avantages stratégiques en Ukraine. Cette prudence impliquerait de se tenir à l'écart d'autres dossiers internationaux sur lesquels Moscou affichait auparavant une ligne dure. Ce positionnement s'est confirmé, selon le quotidien, lorsque l'armée américaine a saisi une pétrolière sous sanctions, battant pavillon russe, lors d'une opération menée mercredi dernier. La réaction de Moscou s'est alors limitée à un communiqué succinct du ministère des Transports, un comportement que le New York Times qualifie de « maîtrise de soi inhabituelle pour un Etat longtemps prompt à brandir la menace nucléaire ». Dans ce contexte, Hanna Notte, directrice du programme Eurasie au James Martin Center for Nonproliferation Studies à Washington, estime que Vladimir Poutine poursuit un objectif unique : « remporter la guerre en Ukraine ». Dès lors, provoquer l'administration américaine en Amérique latine ne servirait pas les intérêts stratégiques russes. Au-delà de cette prudence calculée, le New York Times évoque un affaiblissement global des capacités russes. Le recul de l'influence de Moscou limiterait aujourd'hui sa capacité à intervenir efficacement dans les pays alliés, comme l'ont montré la chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie fin 2024, la situation actuelle de Nicolás Maduro ou encore les manifestations en Iran, qui fragilisent le pouvoir en place. Pour Alexander Gabuev, directeur du Carnegie Center for Russia and Eurasia, la guerre en Ukraine a épuisé les ressources russes, réduisant la capacité de Moscou à faire face aux pressions occidentales. Selon lui, la Russie ne dispose plus des moyens nécessaires pour engager un conflit majeur avec les Etats-Unis, notamment pour défendre le Venezuela. La Russie prend également en compte l'influence considérable de Donald Trump sur les équilibres géopolitiques en Russie, en Ukraine et en Europe, d'autant plus que Washington continue de fournir renseignements et armements à l'armée ukrainienne. D'un autre point de vue stratégique, Moscou redoute que l'intervention américaine au Venezuela ne crée un précédent facilitant une remise en cause du statu quo autour du Groenland, au détriment du OTAN, fondé en 1949 sous leadership américain pour contenir l'influence soviétique puis russe en Europe. Enfin, le New York Times rappelle que Vladimir Poutine cherche depuis des années à creuser les divisions entre les Etats-Unis et leurs alliés historiques au sein de l'OTAN, estimant qu'un affaiblissement de l'alliance renforcerait l'influence russe sur le continent européen, après la perte de contrôle d'une large partie de l'Europe à la suite de l'effondrement de l'Union soviétique. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!