La rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, tenue en Alaska, continue de susciter de vives réactions dans la presse américaine, britannique et russe. Entre analyses critiques et lectures stratégiques, la presse internationale dresse un bilan contrasté de ce sommet à forte portée symbolique. Une « défaite américaine » selon la presse américaine Dans un article publié par le Washington Post, l'analyste Max Boot décrit la rencontre comme une « défaite » pour les Etats-Unis. Selon lui, si la réunion n'a pas été « catastrophique », elle a surtout profité au Kremlin. L'auteur rappelle qu'à la différence du sommet d'Helsinki en 2018, où Trump avait publiquement contredit ses propres services de renseignement, le président américain n'a cette fois ni concédé la levée des sanctions contre Moscou, ni accepté l'exigence de Poutine sur l'Ukraine. Néanmoins, Boot estime que le maître du Kremlin est sorti renforcé de cette confrontation, pointant notamment l'image de légitimation internationale offerte à un dirigeant toujours visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. L'Europe face à une Russie « incontournable » Dans les colonnes du Telegraph, Richard Kemp, ancien officier de l'armée britannique, met en garde les Européens contre l'assurance grandissante de Poutine. Selon lui, malgré les revers initiaux de son armée, le président russe a su adapter sa stratégie et maintenir une cadence de production militaire « impressionnante », soutenue par l'aide de l'Iran, de la Corée du Nord et de la Chine. Kemp affirme que Moscou demeure déterminée à contrôler le Donbass et qu'un compromis, impliquant le retrait ukrainien de certaines zones, reste l'option privilégiée du Kremlin. Pour Kiev, prévient-il, tout abandon territorial nécessiterait une modification constitutionnelle lourde de conséquences. Une Russie réintégrée sur la scène diplomatique En Russie, la journaliste Elena Davlikanova a consacré une analyse à la Moscow Times où elle souligne que le sommet d'Alaska marque avant tout la fin d'une certaine forme d'isolement diplomatique pour Moscou. Elle estime que l'objectif stratégique de Vladimir Poutine n'est pas uniquement territorial, mais vise à réaffirmer la Russie comme puissance mondiale incontournable, malgré un PIB comparable à celui de l'Italie. Selon elle, l'arsenal nucléaire et la capacité de résilience économique – malgré les sanctions occidentales – permettent au Kremlin de maintenir sa posture. Toutefois, elle alerte sur la fragilité d'une croissance artificielle alimentée par les dépenses militaires et sur l'influence grandissante d'intérêts financiers liés à l'économie de guerre. Un sommet aux équilibres précaires Si la rencontre d'Alaska n'a pas débouché sur un cessez-le-feu, elle a néanmoins permis aux deux dirigeants d'afficher leur volonté de dialogue. Mais pour de nombreux observateurs, l'absence de résultats concrets sur le terrain ukrainien laisse entière la question de la crédibilité de Washington face à Moscou, et celle de l'avenir de l'équilibre des forces en Europe. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!