The liveblog has ended. No liveblog updates yet. L'ancien ministre et diplomate tunisien Ahmed Ounaies a commenté, ce jeudi 22 janvier 2026, dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, l'initiative de l'Espagne appelant les pays de l'Union européenne à la création d'une armée commune chargée d'assurer une mission de dissuasion, à la suite des récentes menaces du président américain Donald Trump concernant l'île du Groenland. Selon Ahmed Ounaies, cette démarche traduit l'existence d'un véritable « divorce » entre, d'une part, les pays européens et le Canada, et d'autre part, les Etats-Unis. Il a estimé que cette rupture, intervenue à l'initiative de Washington, révèle un désaccord profond sur la lecture de la carte politique issue de la Seconde Guerre mondiale. « Cette carte, qui structurait l'ordre international depuis 1945, est aujourd'hui remise en cause unilatéralement par Donald Trump », a-t-il souligné, ajoutant que l'Europe a tiré les conséquences de cette évolution en comprenant qu'elle devait désormais compter sur elle-même pour assurer sa sécurité fondamentale. L'ancien chef de la diplomatie tunisienne a également affirmé que l'Europe est arrivée à la conclusion qu'il n'existe aucune possibilité de transfert de souveraineté sur le Groenland. Si cette évidence est partagée par les capitales européennes, elle ne l'est manifestement pas par le président américain, ce qui confirme, selon lui, l'entrée du monde dans une nouvelle phase de recomposition des équilibres géopolitiques au sein même de la famille occidentale, longtemps unie face à l'Asie, à l'Afrique et au reste du monde. Abordant la position du monde arabe, Ahmed Ounaies a estimé que les pays arabes ne sont pas directement parties prenantes dans ce différend, mais qu'ils assistent pour la première fois à une fracture stratégique profonde entre les piliers du camp occidental, vainqueur de la Seconde Guerre mondiale puis de la Guerre froide. Il a regretté, à ce titre, l'absence d'une véritable unité arabe et maghrébine, qui aurait permis, selon lui, d'anticiper rapidement les conséquences de ce bouleversement et d'adopter des mesures renforçant la position africaine face à Israël, allié de l'ensemble des puissances occidentales. Le diplomate a par ailleurs estimé que le monde s'oriente vers une fragmentation accrue. Toutefois, il a relativisé la solidité de la base politique soutenant Donald Trump aux Etats-Unis, soulignant que cette même base demeure critique à l'égard de sa politique. « Une fois son mandat achevé, nombre de ses initiatives, tant à l'égard de l'Europe que du continent américain, pourraient être remises en cause. Il s'agirait alors d'une parenthèse de trois ans », a-t-il avancé. Concernant la perspective d'une armée européenne commune, Ahmed Ounaies a jugé qu'un affrontement militaire entre l'Union européenne et les Etats-Unis est hautement improbable, voire impossible, en l'absence de toute volonté de guerre entre des partenaires qui, malgré leurs divergences actuelles, demeurent liés par une longue histoire d'alliance. Il a toutefois précisé que le déploiement d'unités militaires symboliques et non offensives au Groenland pourrait suffire, en termes stratégiques, à dissuader toute tentative d'intervention américaine. Une telle présence placerait les forces américaines dans une situation politiquement et militairement délicate, sans pour autant conduire à une escalade ou à un embrasement entre les deux camps, a-t-il conclu. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!