Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. On le sait, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, ne fait rien comme les autres. Elle met un point d'honneur à sortir des sentiers battus. C'est ce qui explique sa capacité à innover pour signer des succès économiques loués chez ses pairs européens, idem en matière de mesures audacieuses dans l'accueil des migrants. On peut aussi parler de sa capacité à faire face à ses amis quand ils vont trop loin, comme par exemples le refus de suivre aveuglément le va-t-en guerre Donald Trump – il n'a pas du tout aimé – ou la décision de suspendre la coopération militaire avec l'Etat hébreu. Mme Meloni refait parler d'elle, cette fois sur le front intérieur. Au départ cette affaire n'a pas fait de bruit, le son commence à monter après le passage du projet de loi sécuritaire au Sénat le vendredi 17 avril. Direction la Chambre des députés pour un vote, ce mercredi 22 avril. Et vu que la présidente du Conseil italien y dispose d'une majorité confortable ça devrait passer comme une lettre à la Poste. Enfin, en principe. Restera à gérer la grogne des organisations professionnelles et surtout la fronde de l'opposition de gauche. ✈️ Espace Annonceurs Touchez les Tunisiens résidents à l'étranger qui cherchent à acheter. Simuler → Dans le document posé sur la table par le gouvernement il y a une batterie de propositions sur l'encadrement des manifestations, la politique appliquée aux mineurs ou encore les contrôles de sécurité. Certaines de ces mesures font polémique mais pas au point de provoquer une bronca. Par contre l'idée de rémunérer les avocats pour convaincre leurs clients migrants de quitter volontairement le pays ulcère l'opposition et les professionnels. Concrètement la coalition pilotée par Mme Meloni projette de décaisser 246 000 euros cette année et 492 000 euros par an en 2027 et 2028 pour financer ce dispositif, rapporte le journal Il Sole-24 Ore. La chaîne d'informations italienne Sky TG24 a fait ses calculs, chaque avocat touchera 615 euros au titre du prime pour épauler le gouvernement… Mais attention : le texte de loi indiquent que les avocats qui assistent leurs clients migrants dans une démarche de sortie volontaire du pays n'encaisseront ces primes que quand le départ sera acté, pas avant. Comme on pouvait s'y attendre les avocats et les magistrats sont indignés. Le Conseil national du barreau a pris ses distances avec cette mesure, alors que le gouvernement l'a désigné comme co-administrateur de la prime. L'organisme assure qu'il n'a « jamais été informé de cette implication : ni avant la présentation de l'amendement, ni pendant son examen parlementaire, ni après son adoption« , cite Il Sole-24 Ore. Même son de cloche du côté du Conseil de l'Union des Chambres Criminelles, une association regroupant les avocats pénalistes ; elle a officiellement désavoué cette mesure. Elle pointe l'incompatibilité de cette disposition avec la déontologie des professionnels : « l'avocat ne peut être rémunéré pour obtenir le résultat souhaité par l'Etat, il doit assister son client en toute liberté et indépendance« , argue-t-elle. Le Congrès de l'Ordre des avocats italiens exprime la même position. Par ailleurs l'Association nationale des magistrats s'insurge dans un communiqué contre une décision « consternante« , qui « soulève des questions qui mettent en péril l'efficacité de la protection judiciaire (…) Cela va à l'encontre de l'idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l'échec de la défense, ce qui est contraire à la logique avant même d'être contraire au droit. Dans tous les domaines, le droit à la défense doit rester plein, libre et concrètement accessible« . L'écrasante majorité des opposants est vent debout contre cette mesure. La Repubblica rapporte que Riccardo Magi, leader parti Più Europa (en français: « Plus d'Europe »), a condamné un décret « à deux doigts de l'ICE de Trump » et a parlé de « systèmes de récompenses dignes du Far West« … Debora Serracchiani, députée du Parti démocrate, est également d'avis que cette initiative « porte atteinte à la dignité » des avocats ; Valentina D'Orso, du Mouvement Cinq Etoiles, a accusé le gouvernement d' »instrumentaliser les avocats pour mettre en œuvre ses choix politiques en matière d'immigration « . Jusqu'où ne pas aller trop loin, c'est le principal problème d'une cheffe du gouvernement grisée par sa popularité. C'est cette dernière qui l'a enhardie au point de s'embarquer dans un référendum à haut risque sur la réforme de la justice, une consultation que Mme Meloni a perdue, largement. Donc attention à la bravade de trop, au combat de trop. Bien avant sa désignation à la tête de l'Eglise catholique le pape Léon XIV s'est brouillé avec le président américain à cause des brimades que la Maison Blanche inflige aux migrants. Le Saint-Siège pourra difficilement faire l'économie d'un commentaire si la petite affaire de Mme Meloni va jusqu'à son terme. Comme il l'a fait avec Washington le Vatican devra peut-être monter au front pour recadrer Rome, même si cette dernière l'a ardemment défendu face à Trump.
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