La polygamie n'est pas une pratique propre à l'Islam. Bien avant l'avènement de la religion musulmane, la polygamie existait et chez les juifs et chez les chrétiens. Quoique considérée comme pratique tolérée, les hommes religieux des gens du Livre (Ahel Al Kitab), en l'occurrence les juifs et les chrétiens, ont désapprouvé la polygamie pour finir par l'interdire. Avec l'avènement de l'Islam, la polygamie a été régulée et restreinte. En effet, par les temps de Moïse et de Jésus, la polygamie n'était pas limitée. Aucune règle ou loi ne précisait le nombre de campagne qu'un homme pouvait avoir. L'innovation consiste, donc, dans la réorganisation de l'institut du mariage par l'instauration de la polygamie, avec une limite de quatre femmes, en tant que mesure ou solution à certains évènements imprévus tels que la maladie, la stérilité ou encore la mort. Voyant en la polygamie, la solution idéale pour contrer certains phénomène sociaux ; prostitution, adultère, célibat (du côté des femmes), plusieurs prédicateurs et imams ont appelé à la restitution de la polygamie abolie avec la promulgation du Code du Statut Personnel en 1956. Adel Almi, président de l'Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme (Al Jamiâa Al Wassatia Li Tawiâa Wal Islah) est revenu sur le sujet et a indiqué qu'une mise à jour du Code du Statut Personnel s'impose. Il a précisé que toute loi qui s'oppose aux préceptes fondamentaux de la religion musulmane, à savoir la monogamie et l'adoption, doit être abrogée. Adel Almi a déclaré, au quotidien Attounissia, que la loi qui impose la monogamie a eu des répercussions néfastes sur plusieurs ménages tunisiens lesquels souffrent de problèmes sanitaires et sociaux. D'ailleurs, il précise avoir été contacté par plusieurs personnes qui approuvent manifestement la restitution de la polygamie. Par ailleurs, le président de l'Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme, s'est exprimé sur les acquis de la femme tunisienne et a affirmé que nul ne peut nier les avantages de l'émancipation de la femme sous le régime de Bourguiba tout en soulignant que la liberté dont jouie la femme a eu également des contrecoups négatifs. « Emancipée, la femme s'est enorgueillie laissant l'homme dans un état de stagnation incapable d'exercer son rôle » a expliqué Adel Almi. Considérant que la femme a épuisé ses ressources, il a ajouté qu'il est temps que la femme soit respectée tout en appelant les tunisiennes à préserver leur féminité.