La Commission régionale de contrôle des huileries a ordonné la fermeture immédiate d'une huilerie à Manouba pour déversement illégal de margine dans la nature. La décision sera mise en œuvre rapidement par les autorités locales, selon un communiqué officiel. Deux procès-verbaux ont été dressés pour pollution environnementale et atteinte au domaine public de l'eau, après que les inspections ont révélé le rejet de la margine dans un cours d'eau ainsi que des eaux usées de l'établissement. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'un programme régional de suivi de la margine, sous-produit issu du pressage des olives, également appelé "zibar". La Commission a organisé cinq journées de sensibilisation pour les propriétaires d'huileries et s'est réunie trois fois pour examiner les résultats des inspections sur le terrain et promouvoir la valorisation de cette matière comme engrais agricole. Depuis le début de la saison de récolte, l'Agence nationale de protection de l'environnement a réalisé 18 inspections, aboutissant à quatre procès-verbaux pour déversements illégaux et atteintes aux écosystèmes. Ces infractions surviennent alors que la Délégation régionale du développement agricole encourage l'utilisation de la margine pour fertiliser oliveraies et vergers, améliorant ainsi la qualité des sols et la productivité. À ce jour, 100 hectares ont été fertilisés avec de la margine. La Commission régionale a également validé l'usage de cette matière sur 500 hectares supplémentaires après étude de 25 demandes de propriétaires d'huileries et d'agriculteurs. Les règles à respecter sont strictes : 50 m³ par hectare maximum et épandage une fois tous les deux ans. Même si le site collectif de déversement de Djebel Miyana à Tabarba est fermé depuis 2017, la situation reste sous contrôle grâce aux quantités limitées destinées à l'agriculture. La margine, riche en matières organiques, phénols polycycliques et alcools, constitue un risque environnemental important si elle n'est pas correctement gérée.