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Marianne titre : La Tunisie vote laïque ! Une vraie révolution
Publié dans Tuniscope le 27 - 10 - 2014

Selon les premières estimations, le parti laïque Nidaa Tounes (l'Appel pour la Tunisie) l'emporterait sur les islamistes d'Ennahda aux élections législatives.
Les Frères musulmans tunisiens paient leur échec social et leur compromission avec les groupes salafistes violents.
Oui, un peuple arabe peut dire non aux islamistes, dans les urnes et sans les armes. C'est l'extraordinaire leçon que la Tunisie vient de donner aux... donneurs de leçons.
Le grand parti laïque Nidaa Tounes, héritier des valeurs de Habib Bourguiba, devance largement les Frères musulmans du parti Ennahda aux législatives.
Selon les premières estimations, tard dans la soirée du 26 octobre, Nidaa Tounes obtiendrait 36 % des voix contre 27 % à Ennahda (39 % contre 33 % selon les projections faites sur 57 % des bulletins dépouillés à 00h30).
Les deux partis qui ont gouverné avec les islamistes, le CPR du président tunisien Moncef Marzouki, et Ettakatol, le parti du président de l'Assemblée nationale, Mustapha Ben Jaafar, sont balayés. Le Front populaire, la formation d'extrême gauche qui a vu deux de ses leaders assassinés en 2013, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, obtiendrait davantage de voix que les ex-partis de gouvernement.
Plusieurs nouvelles formations « progressistes », comme Afek Tounes, apparaissent aussi sur la scène politique.

Même si ces chiffres doivent être précisés et affinés dans les heures qui viennent, inutile de tourner autour du pot : la Tunisie a trop souffert avec les islamistes pour les reconduire au pouvoir. Ce pays n'est pas masochiste.
Il a tenté l'expérience voici exactement trois ans, lors des élections du 23 octobre 2011 : les islamistes faisaient alors figure de martyrs après la chute de Ben Ali. Or les « martyrs » se sont révélés non seulement incapables de gouverner un pays - la Tunisie est descendue socialement et économiquement en enfer - mais les Frères musulmans se sont transformés à leur tour en agents de la répression religieuse et sectaire.

Pourtant, les Tunisiennes et Tunisiens qui subissaient les assauts salafistes, les attaques des pseudo « comités de protection de la révolution », en réalité des milices parallèles, ont dû se coltiner les commentaires lénifiants de la bien-pensance médiatique parisienne sur la « modération » d'Ennahda.
Le plus fort, c'est qu'à encore quelques instants du scrutin, les mêmes commentateurs très mal éclairés en remettaient une couche sur les très gentils islamistes qui n'arrêtaient pas de changer suavement !


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