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Chronique, le mot pour le dire : Docteur ès abominations !
Publié dans Tunivisions le 28 - 06 - 2013

« Là où en vous la nature, encore qu'elle ait la loy à son aide, ne peut contenir votre intempérance dedans les limites de la raison, ainsi comme si c'estoit un torrent qui l'emportoit à force ; elle fait bien souvent et en plusieurs lieux de grands outrages, de grands désordres et scandales contre la nature, en matière de volupté de l'amour ».
Plutarque, cité in El ktab des lois secrètes de l'amour, p. 275
L'auteur de la fameuse fatwa du Jihad Al-nikah, le dénommé Mohamed Al-‘arifi, wahhabite de nationalité saoudite, fait précéder son nom par le titre grandiloquent de docteur, sans fournir de précisions sur sa spécialité. Cette omission s'explique parfaitement quand on admire le portrait de ce fringant prédicateur, de sa barbe fleurie surtout, et de la liste impressionnante de ses œuvres « scientifiques » ! On ne peut que rester perplexe devant l'étendue du génie de ce savant dont l'apport a révolutionné le domaine, particulièrement ardu, de la théologie musulmane et, de manière plus ciblée, des moyens susceptibles de concilier les dogmes sacro-saints de l'Islam orthodoxe avec les imprévues que nous impose la dynamique de la vie. C'est dans ce contexte précis que nous situons son inqualifiable trouvaille, véritable chef-d'œuvre dans son genre, connu sous le nom du Jihad Al-nikah, qui a fait couler beaucoup d'encre et de larmes, et qui a été à l'origine d'innombrables tragédies qui ont frappé un certain nombre de familles tunisiennes. Et c'est pour cette raison que nous nous sommes décidé à lui décerner le titre de Docteur ès-abominations !
Nous sommes intimement convaincu que cette étrange fatwa n'a aucun fondement religieux et qu'elle a été motivée par des considérations éminemment politiques. La preuve, c'est le docteur ès-abominations en personne qui nous la fournit, puisqu'il n'a pas hésité, face à l'indignation générale suscitée par son étrange ijtihad, de se rétracter, poussant l'outrecuidance – au fait, c'est de lâcheté qu'il s'agit – jusqu'à nier la paternité de cette monstrueuse innovation. Que dire de l'attitude de ce fakih, qui n'a même pas le courage d'assumer la responsabilité intellectuelle et morale de ses idées, sinon qu'elle est l'inconséquence même et le symptôme évident d'une tartufferie incurable ?
Ce prestigieux membre de la caste des Ulémas qui, grâce à la ténacité des hooligans salafistes tunisiens de la Faculté des Lettres de Kairouan, a profané le sol de la prestigieuse université tunisienne, lors de son passage en Tunisie, ment effrontément, de la manière la plus répugnante et la plus sordide. Y a-t-il plus malhonnête qu'un homme qui nie l'évidence ? Y a-t-il plus méprisable qu'un imposteur qui rejette les conséquences désastreuses de sa dérive sur ses victimes ? L'épouse de ce faussaire, indignée par les frasques d'un mari qu'elle prenait pour un modèle de piété, exige d'être séparée de lui ! Nous ne pouvons que remercier cette honorable femme pour avoir agi avec tant d'humanité aux horreurs causées par son époux.
Le docteur ès-abominations est moralement et juridiquement responsable de toutes les souffrances que les parents des victimes de l'acte sacrilège, maquillé en fatwa, ont endurées et dont le calvaire dure toujours. Nous estimons que la société civile tunisienne devrait soutenir ces familles frappées par le malheur et les aider à exiger réparation de l'imposteur. Mohamed La'rifi devrait répondre, devant la justice, du crime de détournement de jeunes, dont beaucoup de mineures. Les autorités compétentes devraient, d'ores et déjà, déclarer cet individu persona non grata (lui interdire l'accès de notre pays) et demander des comptes aux associations qui lui ont ouvert toutes grandes les portes de la nation pour qu'il vienne y insuffler son venin ! Les parents tunisiens, dont les filles ont été bernées par le délire de ce satyre en odeur de sainteté, ont parfaitement le droit d'intenter un procès aux instigateurs locaux qui, sous couvert de religion, se permettent tous les excès.
Dans ce contexte, il est indispensable de rappeler que des responsables politiques éminents, hauts placés dans la hiérarchie du parti régnant, sont directement impliqués dans les abominations qui se traficotent au nom du jihad, sans compter que certains d'entre eux ne se gênent pas de se produire en public en compagnie des soi-disant hôtes de la Tunisie, invités à instruire les Tunisiens sur les faits d'une religion qu'ils pratiquent depuis près de quinze siècles. Il est bon de rappeler les déclarations d'un élu peuple qui, pour inciter les jeunes à aller se battre en Syrie, assure qu'il s'y serait rendu lui-même s'il était en âge de le faire. Bien entendu, les enfants de cet honorable député, lesquels, nous le présumons, ont l'âge requis, ne sont pas concernés par l'enthousiasme paternel.
Il s'agit là, en fait, d'une véritable déclaration de guerre à un pays qui ne nous fait aucun tort et qui, plus est, se situe dans un autre continent que le nôtre. Les instances politiques et la justice du pays auraient dû réagir pour remettre cet irresponsable à sa place. Rien n'a été entrepris dans ce sens. Rien n'a été entrepris non plus contre les forcenés qui se démènent sur les minbars des mosquées pour inciter les jeunes (filles et garçons) à rejoindre l'enfer syrien ! Le président du parti régnant en personne, secondé par l'un de ses éminents idéologues, ont signé dernièrement le fameux document du Caire, censé traduire la décision unanime des ulémas musulmans, dans lequel ils appellent ouvertement la jeunesse musulmane (les jeunes tunisiens en font partie) à prendre part, sous couvert de jihad, à la guerre civile en Syrie.
Cet acte, irresponsable selon nous, indépendamment de son impact politique sur les relations tuniso-syriennes, ne pourrait qu'aggraver la situation des Tunisiens, déjà engagés dans ce conflit, qui ne les regardent ni de loin ni de près, et inciter d'autres à s'y aventurer. Il devient clair ainsi que le docteur ès-abominations n'aurait pas eu tant d'impact dans notre pays s'il n'avait pas, à son service, tant d'acteurs locaux, parmi les plus influents. Il ne fait pas de doute que, juridiquement et moralement, ces éléments sont les complices évident de l'imposteur et méritent, comme lui, d'être condamnés pour les torts qu'ils ont causés à leur patrie et à leurs compatriotes.


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