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Tunisie - Gestion de l'Etat : Le remaniement ministériel, de la poudre aux yeux?
Publié dans WMC actualités le 14 - 04 - 2013

‘'Yrouh nhar w yiji nhar wi ennater nater al anar, yrouh Mokhtar et yji Mokhtar wi essiara moucha am timchi'' (les jours se suivent, le peuple attend sur du charbon ardent, un élu part, un autre arrive et la voiture ne redémarre pas). Ce sont les mots d'une chanson satirique de la diva libanaise Fayrouz, déplorant la situation désastreuse du Liban après la guerre civile qui a instauré de plus belle le système communautaire dans le pays et l'a catapulté dans une espèce de cercle vicieux duquel il n'arrive pas à sortir à ce jour. Cela nous renvoie étrangement à ce qui se passe aujourd'hui en Tunisie.
Chez nous, les ministres changent. Pas tous, bien entendu, il y en a qui «ont tiré leur titre de propriété des postes ministériels de la rue et des prisons comme l'a clamé à haute voix en pleine avenue Habib Bourguiba la tristement sinistre de la Femme -pardon la ministre devenue intouchable malgré ses nombreuses méprises, égarements et mêmes lubies.
On change donc quelques ministres pour donner le change… Les PDG, hauts commis de l'Etat, directeurs, ceux nommés par les anciens ministres, eux restent… C'est comme dans un journal, on change de rédacteur en chef mais on garde la ligne éditoriale.
Les espoirs suscités par le changement des politiques, des choix et des orientations des quelques ministères objets des dernières modifications se sont vite évaporés pour laisser place à la désillusion… Les "légitimes" délégitimés par leurs réalisations sur le terrain restent plus que jamais présents et légitimes dans leurs départements. Ceux qui sont partis pour occuper d'autres fonctions n'ont pas à se soucier de quoi que ce soit, car ils ont laissé derrière eux des fidèles parfaitement programmés pour poursuivre leurs missions et suivre leurs orientations…
De temps à autres, nous assistons à des cyber-campagnes orchestrées s'attaquant aux institutions les plus résistantes. Des fois, ce sont les magistrats «qui seraient tous des corrompus», d'autres, c'est l'appareil sécuritaire qui n'assurerait pas et très souvent, ce sont les médias qui seraient «mauves, peu crédibles, menteurs, vindicatifs et j'en passe…».
Il est bien évident que pour changer les têtes, il faut démythifier les actes et décrédibiliser les acteurs. Ce n'est pas propre à la Tunisie, cela se passe aussi en Egypte, les autres, c'est l'enfer… remplaçons-les par les nôtres, ce sont les rédempteurs. C'est comme cela que l'on réussit à avoir la mainmise sur l'Etat et dominer tous ses mécanismes à commencer par son administration et ses centres d'influence. En américain, cela s'appelle “empowerment“, en français, “mettre sous contrôle“ ou “s'emparer des organes de l'Etat“ de la manière la plus douce et la plus perverse qui soit…
Lotfi Ben Jeddou, nouveau ministre de l'Intérieur, a-t-il commencé à faire le ménage dans son département? Ou serait-il en train d'achever un plan d'ores et déjà mis en place par son prédécesseur Ali Larayedh pour mieux maîtriser les rouages du ministère le plus important du pays? Ses choix sont-ils les plus judicieux? A-t-il choisi la voie de la neutralité plutôt que celle de l'allégeance? La rapidité avec laquelle ont été opérées les nouvelles nominations au sein du ministère pousseraient à la réflexion...Sur quoi s'est-il basé pour agir? Les CV des nouveaux nommés? Leurs expériences et expertises? Leurs capacités à gérer les affaires au mieux les affaires du département, leur loyauté à la Tunisie reconnue et notoire? Le ministre de la Justice en fera-t-il autant? Aux dernières nouvelles, certains magistrats se sont montrés pessimistes en arguant que le staff légué par son prédécesseur, Noureddine El Bhiri, est pratiquement resté le même: «Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge…».
Le ministre de l'Industrie, Mehdi Jomaa, est pour sa part parti à la découverte, il veut prendre son temps cherchant à découvrir par lui-même la réalité des choses tant au niveau de son ministère qu'à celui des grands opérateurs industriels. Mohamed Lamine Chakhari ne lui a pas légué un bel héritage puisqu'avant son départ, il a accéléré le mouvement des nominations limogeages.
Les établissements publics de la partie…
Les établissements publics les plus importants n'ont pas échappé à la logique de la nomination des plus fidèles, et l'ex-ministre de l'Industrie n'a pas manqué à son devoir de sécuriser le périmètre avant de partir.
Le PDG de la STEG, connu pour sa compétence, a été remplacé par un certain Tahar Laribi sans arguments convaincants. Nombreux sont ceux qui prétendent que le remplaçant, qui a longtemps vécu entre l'Arabie Saoudite et la Tunisie, ne serait pas le mieux approprié pour le poste en question.
Un autre PDG a été également largué, Kais Dali, un des rares PDG de la Compagnie de Phosphates de Gafsa à avoir réussi à se faire adopter et par les différents personnels et par la population. Qu'est-ce qui expliquerait son limogeage? Nous sommes à cours d'arguments si ce n'est des raisons qui n'auraient rien à voir avec l'efficience ou la compétence…
Kais Dali a un background de polytechnicien et une grande expérience de la gestion du secteur énergétique, ce qui fait de lui l'un des meilleurs experts dans le domaine des hydrocarbures. Mais qu'à cela ne tienne, M. Chakhari voulait laisser son empreinte.
Des exemples comme cités plus haut s'élèvent à des centaines comme celui du remplacement du directeur général de la Coopération Internationale au ministère de l'Enseignement supérieur réputé pour son sérieux et ses hautes qualifications.
Quelles justifications apporter à cette hémorragie instrumentalisée des compétences et des hauts commis de l'Etat si ce n'est celles de remplacer les qualifications et l'expérience par la loyauté et l'allégeance, quitte à laisser le pays couler pour mieux le posséder?
PPPartis politiques, représentants de la société civile ainsi que toutes les personnes agissantes, dans la sphère publique, devraient être plus vigilants quant à la nomination des hauts commis de l'Etat. Car il y en a qui sont d'excellente qualité, assez bien formés et imprégnés de la culture de l'intérêt général. Il leur manquerait toutefois le meilleur des diplômes: celui de faire partie des fidèles de la Troïka!


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