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Les avantages et le coût de la mondialisation
Publié dans WMC actualités le 19 - 08 - 2005

A tort ou à raison, dame mondialisation est confondue à tous les malheurs de la planète. Pourtant, à y regarder de près, on s'aperçoit qu'elle a certes un coût, mais également des avantages. En tout cas, il est clairement établi que les échanges et l'ajustement structurel permettent d'optimiser les avantages de la mondialisation et d'en réduire le coût, à condition de ne pas la subir mais d'être un acteur actif !

En mai dernier, l'OCDE a publié une étude d'une grande importance, notamment pour les pays en développement. Webmanagercenter vous présente les grandes lignes de cette étude. Elle est intitulée «Les échanges et les ajustements structurels, OCDE, 2005».

L'étude part de ce qu'on pourrait appeler un épiphénomène : «En 2003, l'entreprise Harley-Davidson fêtait son 100ème anniversaire en annonçant des recettes et des bénéfices record pour la 18ème année consécutive. Elle représentait 48% du marché des motos de grosse cylindrée en Amérique du Nord, et exportait plus d'un cinquième de ses ventes. Pourtant, entre 1973 et 1980, sa part de marché était tombée à 25% ! Les accords commerciaux expliquent en partie ce redressement, mais les mesures de réforme et de restructuration, ainsi que l'amélioration des technologies et des méthodes de production employées ont joué un rôle crucial», y lit-on.

On dira sans doute que Harley-Davidson est une entreprise américaine, mais quand on observe plus loin, on trouvera d'autres exemples de restructurations réussies en dehors de la zone OCDE.

L'exemple le plus fréquemment cité est celui du secteur des technologies de l'information en Inde. La productivité des industries manufacturières indiennes est inférieure à celle des pays de l'OCDE à revenu élevé, mais l'écart se réduit dans les logiciels et les télécommunications. L'Observateur de l'OCDE attribue cette réussite «aux réformes de la réglementation qui ont permis l‘expansion de ces secteurs dans les années 90», ce qui a permis à l'Inde d'enregistrer la plus forte croissance des exportations de services, et figurer parmi les 15 premiers exportateurs mondiaux.

Des idées reçues de la mondialisation

De nombreux cas similaires permettent de mieux comprendre la mondialisation et le libre-échange, mais aussi de mettre à nu certaines idées fausses assez répandues.

Primo, «la mondialisation n'implique pas un transfert accéléré des activités économiques du secteur primaire et secondaire vers le tertiaire», observe l'étude. Pour preuve, on a constaté qu'au cours des 20 dernières années, le transfert d'emplois vers les services s'est ralenti. Cela ne veut pas dire pour autant que le potentiel des services mondiaux s'est pleinement réalisé, mais plutôt parce que que le rythme de l'évolution structurelle entre l'agriculture, l'industrie et les services a fléchi dans les économies de l'OCDE. Aujourd'hui, c'est essentiellement entre les différents segments du secteur des services que le transfert d'emplois a lieu.

Secundo, la fuite des emplois de bureau à l'étranger c'est-à-dire la délocalisation- est globalement assez modeste. Certes, l'OCDE a mis en évidence des secteurs d'activité «mobiles», en ce sens qu'ils peuvent s'implanter à peu près n'importe où. Mais en réalité, cette mobilité a des limites. Ainsi, le transfert largement évoqué de quelque 55 000 emplois dans les services chaque trimestre en dehors des Etats-Unis doit être comparé à la perte (et à la création) de plus de 7 millions d'emplois chaque trimestre dans le cadre du fonctionnement normal du marché du travail américain. D'autres pays de l'OCDE notamment Allemagne, France et Italie connaissent des transferts d'emplois dans les services à l'étranger bien plus modérés.

Tertio, en ce qui concerne les pays en développement, ce ne sont pas seulement les plus grands, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, qui bénéficient de la libéralisation des échanges. À l'exception d'un petit nombre de pays, d'Afrique subsaharienne essentiellement, les gains de la libéralisation multilatérale du commerce compenseront largement les pertes qui résulteront de l'érosion des préférences accordées.

L'alternative des Etats face à la mondialisation

Toujours selon les experts de l'OCDE, les Etats n'ont qu'une alternative face à la mondialisation, l'une positive, l'autre négative : soit ignorer le phénomène, sachant pertinemment que cela ne le fera pas disparaître pour autant, soit y participer pour construire leur avenir et décider de leurs orientations. Cependant, «s'impliquer signifie aussi s'adapter à la mondialisation et être prêt à accepter le changement», considèrent les experts.

Alors, est-ce que les exemples de pays ayant réussi à s'adapter constituent une exception au point de les négliger, comme le prétendent certains sceptiques ? Les auteurs de l'étude balaient d'une main de revers cette affirmation. «L'Inde n'est pas un cas isolé, et l'OCDE a recensé des évolutions positives dans des secteurs allant de l'agriculture et des pêcheries jusqu'aux technologies de l'information et aux soins de santé, en passant par la construction navale et l'acier, tant dans les pays de l'OCDE, qu'au Chili et au Lesotho.

L'Afrique du Sud par exemple, dans le secteur automobile, sans être un grand concurrent au niveau mondial, ce pays est désormais un constructeur automobile compétitif et solide, suite à la mise en œuvre de réformes structurelles sur plusieurs années : suppression des obligations locales et politique de substitution aux importations. L'étude note que, pour s'adapter, il a fallu ouvrir l'accès à un marché plus vaste. Beaucoup d'autres cas similaires ont également été étudiés dans les pays de l'OCDE, notamment la construction navale en Australie, ou les textiles en République slovaque.

Le couple «libéralisation commerciale/réformes nationales

L'Afrique subsaharienne souffre de problèmes profondément enracinés, qui reflètent une vulnérabilité économique sous-jacente. Mais les experts de l'OCDE sont optimistes peut-être même trop optimistes concernant le continent noir. Pour eux, le succès récent de l'industrie des fleurs coupées au Kenya, grâce à d'importants investissements, en offre l'illustration parfaite. Hélas que ce genre d'exemple ne constitue qu'une exception !

Mais les observateurs de l'OCDE ne s'arrêtent pas à ce constat, puisqu'ils considère qu'une adaptation réussie dépend également des échanges de services, comme en témoignent l'Inde, ou encore l'Irlande (ce pays est aujourd'hui le premier pays exportateur des services au monde, et le deuxième Etat le plus riche de l'UE derrière le Luxembourg). Les analystes de l'OCDE montrent que lorsqu'on tient compte des restrictions aux services intervenant dans la production d'articles manufacturés par exemple en empêchant les entreprises d'accéder aux services financiers ou d'ingénierie les plus performants, la «protection» dont ces entreprises bénéficient les pénalise.

L'étude souligne que les échanges ne doivent pas être considérés, cependant, comme une panacée. «Les populations, les produits, les secteurs d'activité et les pays doivent aussi être prêts à tirer parti des mécanismes du marché». Car, même un athlète de haut niveau ne peut gagner une course les mains liées dans le dos. Si l'économie nationale montre des rigidités, l'ouverture du commerce peut en fait aggraver la situation. «La libéralisation commerciale doit donc s'accompagner de véritables réformes nationales. Cela implique notamment un marché du travail flexible, une réglementation restreinte et efficace, et des politiques économiques favorisant la stabilité et la croissance, tout en respectant les impératifs sociaux et environnementaux». Autrement dit, l'ouverture des échanges renforcera les économies dans lesquelles le capital et le travail peuvent circuler librement d'un secteur en crise à un secteur prospère. Nous voilà au cœur d'un concept cher aux partisans de la nouvelle économie, à savoir la mobilité du travail et des facteurs de production.

D'autant que certains secteurs d'activité déclineront effectivement. Fortement touchées, certaines entreprises devront repenser totalement leurs activités. Nombre de ceux qui perdent leur emploi pourront, dans des environnements moins rigides, en trouver de nouveaux assez rapidement, à condition qu'ils aient reçu la formation appropriée et qu'ils évoluent dans un marché où s'exerce une réelle mobilité.

Ceci étant, la mondialisation a ses gagnants et ses perdants, pour les populations comme les pays, avertissent les auteurs de l'étude de l'OCDE. La recherche de l'efficacité ne doit pas faire perdre de vue le souci d'équité. C'est là que les pouvoirs publics doivent intervenir. Pour chaque travailleur, il faudra notamment mettre en œuvre des politiques du marché du travail actives capables de faire évoluer l'aide par exemple pour la recherche d'emploi ou la formation en fonction des besoins réels des personnes concernées.

Nécessité de mise en place des mesures aux niveaux mondial et local

Face à la crainte et à l'isolement, le renforcement de la confiance et de la cohésion est indispensable. Pour les pays perdants dans un premier temps les plus pauvres et les plus vulnérables qui ne sont pas encore capables de tirer pleinement parti des gains du commerce, des mesures aux niveaux mondial et local sont nécessaires pour renforcer leur capacité d'exportation, consolider leurs institutions et la gouvernance et améliorer l'application des normes fondamentales du travail adoptées à l'échelle internationale. Mais ces pays doivent aussi réduire les obstacles élevés qu'ils dressent aux échanges.

Voilà une autre idée fausse de la mondialisation battue en brèche par les analystes de l'OCDE. «Comme l'a montré, entre autres, le Pr. Jagdish Bhagwati, les obstacles aux échanges entre les pays en développement sont en moyenne plus élevés que ceux appliqués entre les pays en développement et les pays de l'OCDE. Laisser les pays les plus démunis en marge de la libéralisation des marchés ne leur rendra pas service. Ces pays aussi, avec une aide, doivent bénéficier des flux d'échanges et d'investissements que permet la modernisation», soutiennent les auteurs. Les obstacles et les distorsions aux échanges des pays de l'OCDE n'en sont pas justifiés pour autant ; ils doivent être réduits autant qu'il est politiquement et matériellement possible de le faire sur l'ensemble des marchés, en particulier pour les échanges qui sont critiques pour les pays pauvres, comme l'agroalimentaire et les activités manufacturières à forte intensité de main-d'œuvre.

Pour faire écho au Pr. Bhagwati, le renforcement des capacités est une très bonne chose, mais les secteurs d'activité doivent pouvoir se développer par eux-mêmes, ce qu'ils ne peuvent faire qu'en étant confrontés au marché. C'est là qu'intervient l'ajustement induit par les échanges. La mondialisation a un prix, mais le protectionnisme coûte beaucoup plus cher.

Références

Les échanges et les ajustements structurels, OCDE, 2005. L'étude complète, parue fin mai 2005, présente des monographies détaillées sur des économies développées et en développement, ainsi que huit secteurs clés de l'activité économique : agriculture, pêcheries, textiles et habillement, acier, véhicules motorisés, construction navale, services de santé et services aux entreprises sous-traités au niveau international.


19 - 08 - 2005 :: 06:00 - ©webmanagercenter


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