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Hassan Chaari (1) :
«L'Allemagne a beaucoup misé sur une transition démocratique plus courte et moins violente en Tunisie»
Publié dans WMC actualités le 06 - 10 - 2014

WMC: L'Allemagne s'intéresse davantage à la Tunisie depuis le 14 janvier 2011. Quelles sont les raisons de cet intérêt accru?
Hassan Chaari: Tout d'abord, il faut rappeler que l'Allemagne est le 2ème exportateur mondial après la Chine et la 3ème puissance économique du monde après les USA et le Japon (2.000 milliards $US de PIB en 2013). Ensuite, après la Deuxième Guerre mondiale, l'Allemagne est devenue, avec une rapidité étonnante, le leader économique à l'échelle européenne et même mondiale, et ce à travers un système économique social de marché, une monnaie nationale forte, des gens travailleurs et ambitieux et un savoir-faire technique très avancé.
La réussite économique de ce pays assure aujourd'hui aux 80 millions d'Allemands un confortable revenu moyen de 35.000 $ par an, une espérance de vie autour de 84 ans pour les femmes et 79,8 ans pour les hommes, et une qualité de vie parmi les meilleures au monde.
Quant à nous Tunisiens, la révolution nous donne aujourd'hui plus d'opportunités de coopérer plus librement avec nos partenaires, notamment allemands, en créant avec eux de nouveaux réseaux d'échange et de mise en relation pour bénéficier davantage de l'expertise de ce grand pays.
L'ex-ambassadeur d'Allemagne, Jens Plötner estime à ce propos que les bouleversements en Tunisie nous ont d'autant plus touchés parce qu'ils nous rappelaient notre révolution pacifique quand le mur de Berlin est tombé et dont la transition était aussi pénible que celle de la Tunisie.
Quel bilan faites-vous de la coopération tuniso-allemande depuis le 14 janvier 2011?
Ce qui est caractéristique pour la coopération allemande, en général, c'est qu'elle est concrète et efficace et touche directement le quotidien des Tunisiens en laissant des traces profondes dans notre société. En effet, l'Allemagne n'adhère pas dans des projets éphémères, mais à ceux qui imprègnent durablement ses partenaires.
Après notre révolution, l'Allemagne a continué de nous donner main forte surtout dans la formation professionnelle, à la protection de l'environnement, à la gestion de l'eau, à la mise à niveau et l'innovation de notre tissu industriel et de notre agriculture, à l'ingénierie énergétique...
Déjà en février 2011, quelques semaines après la révolution, l'ex-ministre fédéral des Affaires étrangères, Dr. Westerwelle, a visité notre pays, et depuis, il est revenu 3 fois. Et l'actuel ministre, M. Steinmeyer est venu deux fois, ce qui témoigne clairement de l'intérêt que porte l'Allemagne à la Tunisie et de la forte volonté politique à intensifier la coopération bilatérale.
D'ailleurs, la Tunisie est parmi les rares pays où tout l'éventail et tous les différents outils de la coopération allemande sont présents. En 2012, l'Allemagne a aidé la Tunisie d'un total de plus que 250 millions d'euros. Idem, sur les 30 dernières années, l'Allemagne a accordé à la Tunisie sa plus grande aide au développement par habitant dans le monde; ce qui prouve que nos deux peuples s'apprécient mutuellement; ne serait-ce que par les 450.000 touristes allemands qui visitent chaque année notre pays et les 75.000 tunisiens travaillant et vivant en Allemagne.
Bref, l'intérêt de l'Allemagne pour la Tunisie a été certainement ravivé par la sympathie que notre révolution y a suscité.
Concrètement, la Tunisie produit jusqu'à 50% des faisceaux de câble-automobile et 30% de toutes les chemises hommes- vendus en Allemagne. 34% du volume de nos exportations est réalisé par les 265 entreprises allemandes travaillant en Tunisie et employant 50.000 travailleurs directs et 100.000 indirects (en 2012).
En d'autres mots, depuis la révolution, l'Allemagne est tellement présente sur tous les fronts qu'un membre de l'Association ARTA suggérait un jour de créer un ministère tunisien chargé exclusivement de la Coopération allemande.
Certains murmurent que l'Allemagne aurait voulu faire beaucoup en Tunisie, mais la tournure que les choses y ont prise à partir de 2012 l'en a dissuadée. Est-ce vrai?
Effectivement, l'Allemagne a beaucoup misé sur une transition démocratique plus courte et moins violente en Tunisie. Après l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre 2012, les projets de coopération allemande se sont sensiblement ralentis, en attendant une vision d'avenir plus cohérente et une stabilisation sécuritaire durable.
Les investisseurs allemands attendaient clairement une paix sociale durable, une amélioration claire de la situation sécuritaire et une clarification nette de notre vision d'avenir. Cela a changé avec l'arrivée de Mehdi Jomaâ et son gouvernement de technocrates indépendants.
Comment l'avènement du gouvernement de Mehdi Jomaa a-t-il été accueilli par les Allemands?
Lors de sa dernière visite officielle à Berlin, Mehdi Jomaa a su parler avec les responsables politiques allemands un langage qu'ils comprennent trop bien, celui de la logique, de la franchise, du pragmatisme et de la rigueur. Pour cette raison, les répercussions en seront importantes. Je cite certains projets prévus: une université et un institut technologique allemands seront installés en Tunisie, des ponts seront renforcés, des aménagements environnementaux de zones sinistrées (comme Taparoura et le port de Gabès), la construction de nouveaux hôpitaux régionaux, de puits d'irrigation dans les régions défavorisées (voir liste complète des projets sur www.allemagnepartenaire.tn).
Les Tunisiens gouvernement, acteurs économiques et société civile- ont-ils su profiter au maximum de la disposition de l'Allemagne à s'investir à fond en Tunisie pour y soutenir l'expérience démocratique?
Les Tunisiens ont su profiter relativement bien des investissements allemands post-révolution. Néanmoins, certains projets n'ont pas pu être réalisés selon le programme préconisé faute d'avancement lent, dû aux mouvements sociaux répétitifs et à la lourdeur administrative, parfois exagérée.
La société civile apprécie beaucoup le soutien allemand surtout que ce grand pays n'a jamais eu une visée hégémonique ni voulu un jour instaurer une zone d'influence. D'ailleurs, la coopération entre les nombreuses fondations et institutions allemandes résidentes en Tunisie et les associations tunisiennes est réellement exemplaire.
Après l'annulation de la visite qu'elle devait effectuer le 9 octobre 2012, on reparle de nouveau d'une visite prochaine de la chancelière Angela Merkel en Tunisie. En avez-vous confirmation?
Juste après l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, en septembre 2012, Madame Merkel devrait logiquement reporter son voyage officiel dans notre pays, ne serait-ce que par mesure de sécurité.
Depuis cet évènement et après l'assassinat de Chokri Belaid, peu après, le climat de confiance entre l'Allemagne et la Tunisie s'est relativement détérioré.
D'autre part, l'Allemagne occupe une position de locomotive pour toute l'Europe et joue un rôle important dans le monde, cela signifie qu'une lourde charge pèse sur l'agenda de sa chancelière qui ne se déplace en dehors de l'Europe que pour des évènements exceptionnels, sinon pour concrétiser d'importants projets bilatéraux.
Ceci dit, après les premières élections démocratiques en Tunisie prévues pour le 26 octobre 2014, la chancelière allemande viendra sûrement en Tunisie, ne serait-ce que pour booster les projets bilatéraux qui ont accusé du retard et pour annoncer d'autres dignes d'un pays partenaire, désormais démocratique.
Si la visite devait se faire, qu'en attendriez-vous?
Dans un Etat démocratique, un chef d'Etat ou de gouvernement n'a pas à donner des ordres quelconques à ses concitoyens ni des consignes dans un sens ou dans un autre aux entreprises de son pays. Toutefois, une éventuelle visite officielle en Tunisie -nouvellement démocratique de ce niveau-là- ne passera certainement pas inaperçue et peut indirectement agir positivement sur le tourisme, l'investissement et l'engagement général allemands en Tunisie. Par une telle visite, la Tunisie espère revenir à son record de 2009 d'un million de touristes allemands et à une intensification significative de l'investissement public et privé de ce pays.


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