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l'Administration est en décalage avec la volonté des autorités de développer le secteur des hydrocarbures
Publié dans WMC actualités le 11 - 11 - 2008

Webmanagercenter : combien de champs pétroliers exploitez-vous en Tunisie ? Quel est votre part du marché tunisien de pétrole et de gaz ? Quels sont vos projets en cours ?
Mohamed Messaoudi: pour le moment, nous exploitons le champ de Didon qui est offshore, situé au large des côtes tunisiennes dans le Sud-Est et nous sommes majoritaires dans les champs de ‘‘Douleb'', ‘‘Tam Smida'' et ‘‘Sammama'' qui sont à l'ouest dans une région montagneuse du gouvernorat de ‘‘Kasserine'' Ce sont des champs à terre et qui produisent assez peu de pétrole, disons vers les 600 barils par jour. Nous sommes également partenaires dans les champs de El Bibane et Ezzaouia. Pour Didon, nous sommes les opérateurs. Nous avons d'autres activités en Tunisie, dont des activités d'exploration dans un permis off shore qui s'appelle permis de ‘‘Zarrat'' dans lequel se trouve le champ de Didon. Ce permis est mitoyen avec le bloc du 7 novembre situé entre la Tunisie et la Lybie. Ce permis contient déjà deux découvertes, la première s'appelle Zarat.et l'autre s'appelle Elyssa. Ces deux découvertes potentiellement importantes sont en train d'être évaluées. Nous comptons réaliser des forages d'appréciation au niveau de ces deux champs afin de déterminer les quantités d'hydrocarbures qui s'y trouvent avant de décider des schémas de développement et de la commercialité de ces découvertes. Nous possédons également deux permis d'exploration on shore (à terre) qui sont ‘‘Makthar'' et ‘‘Jelma''. L'année dernière deux puits ont été forés à ‘‘Makthar'', et nous sommes en train d'évaluer leurs potentiels. Concernant le permis de ‘‘Jelma'', nous comptons y forer deux puits l'année prochaine. Nous sommes partenaires avec l'Etat tunisien par le biais de l'Etap qui, généralement, décide de participer au développement d'un champ pétrolier suite à la confirmation de la découverte et à la mise en place d'un schéma de développement.
Les investissements de PA Resources en Tunisie ont régressé en 2008, par quoi s'explique ce recul ?
Ce n'est pas tout à fait exact, entre 2008 et 2009, et rien que dans les forages en mer, nous avons un budget d'environ de $250 millions. Tout au contraire, nous sommes en train de renforcer nos investissements. Depuis que PA Resources s'est implantée en Tunisie, notre engagement y a été renforcé. En 2007, nous avons d'ailleurs réalisé une action unique dans le sens où nous avons amené une plateforme à Didon. Cela se fait une seule fois dans la vie d'un champ pétrolier. C'est un investissement important. Toutes les autres dépenses sont ce que nous appelons un développement complémentaire, soit des frais d'exploration.
Pensez-vous que la part de l'Etat est trop importante par rapport à celle de la compagnie elle-même ?
Tous les Etats du monde prélèvent leurs parts. Les taxes ou les royalties varient d'un pays à un autre. La Tunisie se trouve quelque part au milieu. Les pays les moins onéreux sont, entre autres, le Royaume Uni, l'Irlande et la Norvège. Nous sommes beaucoup moins onéreux en Tunisie qu'en Lybie ou en Algérie. Il est vrai que lorsqu'il s'agit d'exploitations de moyenne taille et de grandes tailles, il reste profitable pour un investisseur de venir en Tunisie. Cependant quand ce sont de petites exploitations, les calculs changent puisque les investissements deviennent trop lourds pour les profits pétroliers et si les conditions fiscales étaient moins onéreuses, cela pourrait mieux profiter a l'exploitation des petits gisements qui deviennent rentables.
Doit-on conclure que quand le champ pétrolier recèle des réserves importantes, la part de l'Etat est tout aussi importante et lorsque son potentiel est faible, il y a changement au niveau des quotas ? Et est ce que cette démarche systématique de l'Etat dérange en quelque sorte les investisseurs qui ont de petites exploitations ?
Un investisseur étranger vient pour faire des bénéfices, il ne vient pas dans un pays s'il n'en fait pas. En plus, il a le choix entre un certain nombre de pays, il va là où il peut gagner le plus. Je devrais toutefois avouer que lorsqu'il s'agit de petites accumulations, l'Etat tunisien est compréhensif et il y a toujours un moyen de discuter pour arriver à trouver une solution équitable pour tout le monde, il y'a toujours une possibilité de revoir les termes de l'accord préliminaire. Pour notre part, nous ne nous sommes pas retrouvés dans pareilles situations mais j'imagine que si on s'y retrouvait, on irait vers l'Etat et je suis sûr qu'on parviendrait à un accord.
Qu'en est-il des personnels de gestion et d'exploitation, sont-ils Tunisiens ? Avons-nous les compétences nécessaires pour tout ce qui se rapporte aux exploitations des hydrocarbures ?
Deux commentaires à ce niveau. Oui effectivement, nous avons des compétences tunisiennes dans le domaine pétrolier qui arrivent à satisfaire les besoins actuels en matière de main d'œuvre. Le tableau reste cependant incomplet parce que lorsque l'on fait appel à une société de services étrangère, elle se déplace avec son équipe et elle fait également appel à des professionnels tunisiens. En ce qui nous concerne, nous avons quelques experts étrangers dans des domaines où il n'existe pas des profils tunisiens adéquats. PA Resources favorise à compétences égales la main d'œuvre locale et nous cherchons toujours à former les Tunisiens pour qu'ils prennent la relève. Nous préparons la relève pour les postes occupes par des experts étrangers. Il y a un manque de l'expertise à l'échelle mondiale au niveau du secteur pétrolier et aujourd'hui, cela se répercute avec une demande croissante pour les qualifications adéquates. Nous avons pour ce qui nous concerne la chance d'avoir dans notre compagnie une main d'œuvre qualifiée et professionnelle.
Pensez-vous que les partenariats avec les autres compagnies telles la compagnie pétrolière canadienne Storm Ventures International Inc vous permettent de mieux vous positionner par rapport au marché de l'exploitation énergétique en Tunisie ?
Pour être tout à fait franc, nous pensons que nous offrons un partenaire de choix aussi bien pour des compagnies nationales que pour d'autres compagnies d'envergure internationale. Nos qualités d'opérateur dans le domaine pétrolier ne sont plus à prouver. Nous avons des expertises, nous avons un background qui montre que nous sommes capables de prospecter, trouver et exploiter les hydrocarbures d'une façon tout à fait professionnelle. Nous offrons donc le profil de partenaires de choix particulièrement en Tunisie qui est un des pays de base pour notre groupe. Notre partenariat avec Storm Ventures sera certainement fructueux pour tous les deux et nous sommes favorables à tous les partenariats que ce soit avec le gouvernement tunisien ou avec d'autres compagnies.
Ces partenariats vous permettent-ils de consolider votre position en Tunisie et ailleurs ?
Oui ils nous permettent de diversifier le portefeuille et de conforter notre position.
Nous sommes une entreprise de taille moyenne dans le milieu pétrolier, nous sommes, je crois le troisième ou quatrième producteur de pétrole en Tunisie, donc par rapport à la Tunisie, nous sommes relativement bien placés. A l'échelle mondiale, nous sommes considérés comme une petite entreprise. Notre monde est compétitif, plus un pays est prospectif, plus il est riche en ressources d'hydrocarbures et plus il attire des compagnies qui de par leurs taille font que l'entrée d'une nouvelle compagnie, surtout de taille modeste, est toujours difficile. D'autre part, notre groupe qui est relativement petit par rapport aux géants de l'exploitation pétrolière ne veut pas se disperser géographiquement. Nous voulons être capables de gérer notre patrimoine dans les meilleures conditions. Nous positionner géographiquement au-delà de nos capacités est néfaste donc nous pensons que nous avons définitivement acquis de l'expertise en Tunisie et nous espérons y consolider encore plus notre place.
Comptez-vous prospecter du côté de l'Algérie, de la Lybie ?
Pour le moment, il n'y a pas de contacts, il n'y a pas non plus de plans définitifs par rapport à nos projets d'exploitations. Si des occasions intéressantes se présentent pourquoi pas ? Nous sommes d'autre part présents en Afrique de l'Ouest et c'est une région qui nous intéresse. Nous sommes également implantés en Mer du Nord et nous faisons tout notre possible pour nous développer et grandir dans ces régions.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au niveau de l'exercice quotidien de votre métier ?
Il y a des difficultés inhérentes aux métiers se rapportant aux hydrocarbures partout d'ordre technique et il y' en a d'autres d'ordre administratif, d'infrastructure, de législation. Ce sont des difficultés plus importantes que celles que nous pouvons rencontrer en Grande Bretagne ou en Norvège.
J'estime qu'une des meilleures actions que pourrait réaliser la Tunisie pour développer le secteur des hydrocarbures serait d'encourager l'investissement étranger et il y a eu beaucoup d'efforts faits dans ce sens et pas dans les plus hautes sphères de l'Etat. Malheureusement le problème se pose au niveau d'échelons plus bas et il est d'ordre purement administratif. Il y a encore beaucoup de carences auxquelles il va falloir remédier telles que la paperasserie, la bureaucratie qui fait perdre énormément de temps pour avoir les autorisations nécessaires alors qu'elles sont très simples à délivrer. L'Administration est en décalage avec la volonté des pouvoirs publics de développer le secteur. Conséquence certains investisseurs sont découragés, partent et ne reviennent plus.
Pensez-vous que le Sud tunisien peut receler d'importantes réserves en hydrocarbures ?
La Tunisie n'a pas dit son dernier mot pour ce qui est des réserves pétrolières. Chaque jour, de nouveaux concepts pour l'exploration pétrolière apparaissent. Le pétrole est un monde qui n'a pas arrêté d'évoluer. Donc oui, la Tunisie peut receler des ressources intéressantes en hydrocarbures. Récemment le Sud tunisien a donne de bonnes surprises, la société ENI et OMV ont réalisé d'intéressantes découvertes.
Le pétrole tunisien est de bonne qualité particulièrement celui produit à El Borma et dans le Sud tunisien d'une façon générale. Est-ce que la Tunisie a une chance d'être auto suffisante en pétrole ? Oui, un explorateur est par essence optimiste. Je pense qu'une politique énergétique audacieuse et plus favorable à l'investissement et à l'exploration pétrolière et surtout par rapport à ceux qui prennent des risques pourraient œuvrer à faire bouger les choses dans le bons sens. Pour le moment, nous avons un régime fiscal moyen par rapport à ceux qui existent partout dans le monde. Je crois que nous pouvons mieux évoluer en revoyant les termes fiscaux, en revoyant les parts de l'Etat dans les toutes petites exploitations et en facilitant les formalités administratives.


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