Le président de la République clarifie la hausse des salaires    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Addiction aux écrans : un trouble psychique reconnu nécessitant une prise en charge urgente    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    Vente ouverte : Billets pour la demi-finale Espérance – Mamelodi Sundowns    Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G avec des fonctionnalités de niveau professionnel dévoilés par Samsung    Top 5 des TikTokeurs les plus puissants économiquement en Tunisie    Or en Tunisie : pourquoi la hausse des prix impacte directement votre porte-monnaie?    TikTok : Trois types de soutiens et le plus dangereux    Des perles de Bourguiba, par Hassib Ben Ammar    6 avril 2000 : disparition du fondateur de la République tunisienne Habib Bourguiba    6 avril 2026 : fin du délai pour payer la vignette des numéros impairs    en Tunisie : ciel peu nuageux et températures en hausse    Tunisie : la sécurité frappe fort pour protéger vos prix et vos marchés    La 24e journée du championnat tunisien se poursuit ce dimanche avec trois rencontres importantes    40 ème jour du décès de l'ambassadeur Mondher Mami: le souvenir d'un fin diplomate (Albums photos)    Trump met l'Iran en demeure : moins de 48 heures avant ''l'enfer''    Espérance de Zarzis – Stade Tunisien : où suivre le match ?    Sadok Belaïd: Abrégé d'un fabuleux parcours    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Tunisia Digital Summit, TDS 10 : le partenariat public–privé– startups au cœur de l'innovation digitale    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Slim Sanhaji a la tête de la 27e édition des Journées Théâtrales de Carthage, JTC 2026    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Quand un Algérien ne mâche pas ses mots sur les réalités des relations Nord-Sud
Publié dans WMC actualités le 11 - 05 - 2009

Invité par la revue L'Economiste maghrébin à intervenir à son traditionnel colloque, placé cette année sur le thème «Tunisie - Maghreb - Europe, quelles réponses communes à la crise économique?», M. Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque centrale d'Algérie (BCA), n'a pas failli à ce constat et s'est distingué par son plaidoyer pour une pure et simple réinvention des modèles de développement caducs adoptés, jusqu'ici, par les pays maghrébins (Tunis, 7 mai 2009).
Selon lui, les modèles de développement actuels ne font que servir l'intérêt des occidentaux, particulièrement, des Européens. En plus clair, même en cette période de soi-disant indépendance, les Européens profitent plus de nous qu'ils nous en donnent. A titre indicatif, il estime que les pays du sud transfèrent, chaque année, au profit des pays du nord, l'équivalent de 10 milliards de dollars.
L'Occident importe à bas prix des matières premières, attire et débauche presque des milliers de jeunes compétences formés au prix fort dans leurs mères patries. Pis encore, la tendance des jeunes qui suivent des études à l'étranger, même ceux qui ont un patrimoine juteux dans leur pays d'origine, ne veulent pas retourner au bercail. C'est pour dire que l'emprise étrangère sur ces jeunes est, désormais, structurelle, voire totale.
Même les investissements directs occidentaux dans les pays du sud de la Méditerranée profitent plus aux maisons mères qu'aux entreprises locales.
A défaut de maîtrise des technologies de prospection, de forage et d'exploitation des hydrocarbures disponibles au sud, les entreprises locales, à l'instar de l'Entreprise tunisienne d'activités pétrolières (ETAP) et la Sonatrach (Algérie) ne reçoivent qu'un pourcentage des recettes pétrolières. Le reste revient aux compagnies étrangères.
Idem pour les IDE : quand «Messieurs IDE en Tunisie» disent que l'off shore assure plus de 70% des exportations, il faut comprendre que 80% des recettes de ces exportations reviennent aux donneurs d'ordre occidentaux contre des miettes qui reviennent aux sous-traitants locaux (10 à 20%). Le pays n'en récolte lui que les emplois créés par les points francs, mais à quel prix, fût-il celui de maîtriser la contrainte chômage...
Dans cette optique d'engraissement et d'enrichissement de l'Occident, s'inscrit également la dépréciation des monnaies nationales sud-méditerranéennes. Cette dépréciation dope les exportations locales et leur confère une compétitivité artificielle sur les marchés extérieurs.
Conséquence : en fonction d'une parité en faveur des fortes devises (euro, dollar), les Européens achètent, à prix bradés, nos meilleurs produits (maltaises, dattes, huiles d'olive, vins, séjours touristiques …), tandis que les Sud-méditerranéens achètent à prix élevé les produits manufacturés européens (avions, voitures, biens d'équipement….).
Pour le cas de la Tunisie, il n'est pas besoin de signaler que le trend baissier du dinar, au regard des glissements qu'il a connus trois décennies durant, a même tendance à devenir structurel.
Depuis 2001, le dinar s'est déprécié par rapport à la monnaie européenne (euro) à un rythme moyen de 5% par an, avec une pointe de 8,6% en 2003. Aujourd'hui, un euro s'échange contre 1,843 dinar (-67% en termes relatifs).
Pour mémoire, le dinar n'a cessé de baisser, depuis le début des années 80. Deux périodes méritent d'être signalées.
De 1983 à 1991, le taux de change effectif nominal (TCEN) du dinar (taux qui ne tient pas compte de l'évolution des indices des prix), a connu une période de dépréciation d'un peu moins de 5% par an.
A l'inverse, tout au long des années 90, le taux de change effectif réel (TCER) du dinar est resté beaucoup plus stable, avec une dépréciation moyenne d'environ 1% par an.
Pour mettre fin à ces échanges déséquilibrés, M. Hadj Nacer propose aux Maghrébins et aux Sud-méditerranéens de réfléchir sur les moyens de «maintenir, chez eux, leurs jeunes compétences et une partie des richesses qu'ils exportent vers les pays du nord».
Le conférencier s'est prononcé pour un partenariat équilibré et a appelé à dépasser la principale difficulté, en l'occurrence l'absence d'une intégration régionale, d'où l'enjeu de commencer par établir une véritable solidarité régionale et de réinventer les business-modèles de la zone Maghreb en général. A bon entendeur.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.