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Tunisie: L'Occident…en perte de vitesse?
Publié dans WMC actualités le 04 - 12 - 2010

Hakim El Karoui était l'invité de l'Atuge, le mardi 30 novembre 2010, dernière étape d'un séjour éclair parmi nous, avec un emploi du temps ultra «booké». Un marathon d'émissions radios, prolongé par une séance de dédicace en librairie. Heureuse coïncidence, la conférence à l'Atuge intervient à quelques jours de la célébration du XXème anniversaire de l'Association et cela ajoute au panache de cette heureuse circonstance.
«Le défi chinois?»
Hakim, qui vient en «éminent» speaker est, tout de même, familier des lieux puisque beaucoup d'atugéens ont rejoint son mouvement Young Mediterraneen Leaders (YML), qui constitue une sphère d'interférence intellectuelle. Les atugéens ont bien fait les choses. Hakim a fait face à un jury de trois atugéens qui l'ont interrogé, chacun sur un grand chapitre de son livre et cela a donné un ton animé aux échanges. Nous avons apprécié le livre comme un essai de prospective sur le futur du monde. L'idée maîtresse, selon notre lecture, est que le Bloc occidental serait en perte d'influence. Attention, il n'est pas en déclin! Mais son atomicité, eh oui! Laquelle est le résultat de ses «rivalités» internes le fragilise face au géant asiatique, le continent dans son ensemble avec un rôle fondamental joué par la Chine.
Il ne serait pas en péril car il reste dans la course mais il n'aura plus le rôle moteur. Il faudra qu'il cohabite avec la Chine. Cette dernière, en plus de sa sagesse coutumière, un élément appréciable dans ce genre de partie d'échecs qui se déroule sur la longueur, disposerait selon l'auteur d'une stratégie, d'une seule pièce, donc cohérente et non friable, face à un bloc qui se présentera en ordre dispersé.
Et l'auteur d'invoquer la levée de boucliers identitaire des pays composant le bloc occidental comme une parade à cette menace. A la manière de JJSS, pour son essai «Le défi américain» sorti en 1968, Hakim El Karoui évoque, sans le nommer, le «défi chinois». L'ennui est que le défi américain s'est réalisé et que le capitalisme américain a cannibalisé celui européen et même mondial. Des prémisses concordantes sont en train de se mettre en place pour le cas chinois. Mais quid de la réalité sur le terrain?
Bloc occidental: quelle homogénéité?
Pour l'auteur, la radicalisation des débats sur la question identitaire est assez prémonitoire. Cette volonté de ségrégation affichée est à interpréter comme une mobilisation pour la défense du bloc occidental. L'immigration menacerait sa réalité ethnique et du coup, il se raidit et veut préserver son intégrité. Il se cloitre, rétrécit les flux d'immigration, penche pour l'immigration positive, devient méchamment vigilant. On le voit plus réceptif aux discours extrémistes.
Mais fait observer l'auteur, le Bloc occidental avait éprouvé ce genre de spasmes par le passé. Déjà dans les années 20, il a eu un premier accès de hoquet quand l'Amérique avait supplanté la GB pour le leadership mondial. Cela a repris dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale. Et ça repart de plus bel aujourd'hui du fait des assauts d'hostilité du jihadisme.
On retrouve l'esprit de l'analyse dans les publications de Pascal Boniface et de Thierry de Montbrial. C'est peut-être une lecture commune aux trois du courant néoconservateur américain qui est la plus active en matière de propagande sur la nécessité de l'agression préventive comme riposte de salut de la civilisation occidentale. Mais Hakim introduit une nuance propre. Le bloc occidental, où il agglomère les USA et l'UE, n'est pas en danger de mort. Et en cela, il se démarque des néocons'. Il soutient que l'Occident joue tout simplement la relégation. Son monopole intellectuel devra plier sous le joug de la pensée asiatique qui lui dispute la suprématie des idées, de la fascination intellectuelle et du rayonnement scientifique. Demain il doit accepter de faire ex aequo avec cet outsider qu'il nourrit de ses propres mains.
Chine: La stratégie de conquête sournoise
La Chine est en train de «gruger» l'Occident qui est, tenez-vous bien, consentant. L'UE est en train d'aider la Chine à fabriquer les concurrents de l'Airbus. La Compagnie Safran sait que ses réacteurs seront imités par les producteurs chinois. Elle se serait en train de se saborder au plan technologique et commercial. La Chine a un TGV qui surclasse celui français. La parité informatique est presque acquise compte tenu des deux derniers ordinateurs ultra puissants mis au point par l'Inde et la Chine. Ne parlons pas de l'ascendant industriel sur les produits classiques. Ajouter à cela les 3.000 milliards de dollars de réserves de change et la Chine se drape des attributs de l'hydre redoutable qui va bouleverser la donne.
La Chine s'emparerait d'un pouvoir économique réel avec la complicité forcée et béate de l'Occident. Et, en prime, la pensée chinoise est en train de fasciner et peut-être d'aliéner le «génie» européen. L'Occident, en s'engageant avec la Chine, pensait prendre pied sur son marché mais cela s'est révélé comme une supercherie. Cela ne s'est vérifié que pour les produits de luxe, une niche circonscrite.
Hakim avance tout de même quelques réserves, de prudence. Il relève un handicap de taille dans la puissance commerciale chinoise, à savoir son déficit de marketing.
Chine, un tigre en papier?
A des périodes critiques de l'histoire d'autres puissances ont été dans cette posture menaçante pour l'Occident. Mais l'Occident était beaucoup plus arrogant et il les traitait de «géant aux pieds d'argile». La Chine ne serait pas dans ce cas de figure d'une certaine façon un tigre en papier, parce que ses réserves en dollars ne seraient que cela, en définitive? La Chine, puissance technologique à l'avenir, est une assertion qui reste à prouver. Bill Gates disait en l'an 2000 que le XXIème siècle sera celui de la technologie et la technologie c'est l'Amérique.
Comment concilier entre les deux opinions de Bill Gates et de Hakim El Karoui? Le débat est à poursuivre et nous y reviendrons. Hakim lui-même nous a ouvert la voie ce soir en nous invitant à «plancher» sur un thème bien délicat. Il souhaiterait connaître notre appréciation de l'Occident et notre compréhension de la modernité. Nous esquissons deux débuts de réponse. Nous dirons que la Tunisie a opposé le dialogue des civilisations à la thèse du clash. C'est un référentiel de valeurs et un apport de tolérance. Et nous ajouterons que notre sens des enjeux de demain nous a habilités à réunir le Sommet sur la Société de l'information en réunissant l'humanité entière pour dialoguer autour de la matière première de la richesse de demain. Ccela veut bien dire que nous pouvons apporter une touche d'individualité à la pensée humaine, ce qui est un point d'ancrage dans la marche du temps.


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