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Hichem Mechichi a réussi à unir les partis … contre lui !
Publié dans Business News le 11 - 08 - 2020

L'annonce en a surpris plus d'un même si c'était dans les tuyaux depuis quelques jours. Le chargé de la formation du gouvernement, Hichem Mechichi, a annoncé qu'il formerait une équipe de « compétences totalement indépendantes ». Les partis politiques sont déjà en ordre de bataille et Hichem Mechichi devra batailler dur pour garder ses positions. Même s'il est aidé par le président de la République et les organisations nationales.

10 août 2020, dans un point de presse court et laconique, Hichem Mechichi annonce que les tiraillements politiques existants sont si exacerbés qu'il ne serait pas possible de former un gouvernement politique. Par conséquent, M. Mechichi se trouve dans l'obligation de former un gouvernement de compétences indépendantes qui va travailler autour d'un certain nombre d'axes tout à fait généraux. Le chef du gouvernement désigné a présenté son choix de former un gouvernement indépendant comme étant une obligation. Comme si les partis politiques, par leur immaturité, par leur incapacité à résoudre les problèmes des Tunisiens, et par leur déconnexion des réalités –exprimée par la subtile référence du M. Mechichi aux personnes qui « veulent juste de l'eau potable »- ont obligé le chargé de former le gouvernement à les écarter. Partis incapables et déconnectés, classe politique immature et inconsciente…
Il n'est pas difficile ici de reconnaitre la marque « politique » du président de la République Kaïs Saïed. Certains, comme les membres de la coalition Al Karama, sont convaincus que la composition gouvernementale est déjà prête à Carthage et que c'est la présidence de la République qui piloterait tout le processus. Seif Eddine Makhlouf, président du bloc Al Karama à l'ARP, a même affirmé que la décision de former un gouvernement de compétences indépendantes a été imposée par Carthage.
Les autres partis ne sont pas en reste. Interpellé sur la question, quelques secondes après l'allocution de Hichem Mechichi, le dirigeant Ennahdha, Ali Laârayedh, a dit que ce choix ne prenait pas en considération le résultat des élections et le choix du peuple. Il a ajouté que Hichem Mechichi devra maintenant convaincre les partis de son choix de procéder ainsi. Attayar s'est également montré circonspect quant au choix fait par le chef du gouvernement chargé. Hichem Ajbouni, président du bloc démocrate à l'Assemblée, a déclaré qu'un gouvernement formé de technocrates aura du mal à faire passer ses projets de lois sans soutien parlementaire. Il a, en outre, exprimé sa surprise quant à l'arbitrage fait par Hichem Mechichi.

Au vu des réactions, il est clair que Hichem Mechichi a mis les partis politiques au pied du mur avec cette décision. Une décision que craignait la scène politique tunisienne même si plusieurs signes précurseurs ont montré que M. Mechichi se dirigeait vers un gouvernement de ce type. Il parait également évident que trois forces ont autorisé et appuyé ce choix : la présidence de la République, l'UGTT et l'Utica. Hichem Mechichi, avant de faire l'annonce de sa décision, a rencontré Kaïs Saïed, Noureddine Taboubi et Samir Majoul.
Maintenant, un choix cornélien se pose devant les partis politiques. La première option est celle d'accepter le choix de Mechichi et profiter de la période de gouvernance des compétences indépendantes pour se soustraire à l'attention de l'opinion publique. Les partis politiques tunisiens, toutes obédiences confondues, ne sont pas en odeur de sainteté en Tunisie et une large partie de l'opinion publique les rend responsables de la situation de crise actuelle. L'autre choix, plus probable, est de monter au créneau contre ce que certains qualifient déjà de déni de démocratie.
A quoi sert-il de tenir des élections si ce n'est pas pour gouverner ensuite, du moins pour les gagnants ? Quel intérêt de faire de la politique si l'on ne peut avoir de postes de décision au sein du gouvernement ? Ce sont en effet des interrogations légitimes pour les partis politiques. Quoi que puissent en penser une partie de la bien-pensance tunisienne et Kaïs Saïed, président de la République, la politique se pratique au sein des partis politiques, ou tout du moins dans un certain cadre structurel. Faire le choix d'un gouvernement de compétences indépendantes est un choix risqué qui incommode fortement les partis tunisiens. Il y a également cette pernicieuse opposition, entretenue et nourrie depuis des semaines, selon laquelle la compétence serait à l'opposé de la politisation, comme si une personne politisée ne pouvait prétendre à l'indépendance et à la compétence requises pour conduire les affaires publiques au mieux de l'intérêt du citoyen. Il va sans dire que cela est faux.

Si les partis politiques refusent le choix de Hichem Mechichi et décident de ne pas lui accorder leur confiance, nous irons droit vers la dissolution de l'ARP et l'organisation d'élections anticipées. Plusieurs intervenants sont convaincus que les partis ne veulent surtout pas en arriver là et c'est ce qui donnerait latitude à Kaïs Saïed pour imposer ses choix, y compris celui de Hichem Mechichi à la primature. Toutefois, rien n'est moins sûr. Plusieurs formations politiques pourraient accueillir d'un bon œil de nouvelles élections. Cela sans compter le fait que cette éventualité plongera la Tunisie encore plus profondément dans la crise.

Du côté de Carthage, le président de la République a entériné le choix fait par Hichem Mechichi puisqu'il lui permet de mettre les partis politiques dans une position délicate et de les exclure des sphères du pouvoir, au moins exécutif. Kaïs Saïed, depuis son accession au pouvoir, a toujours dénigré les partis politiques et a même réduit au maximum ses contacts avec eux. Aujourd'hui, l'occasion est tentante de les isoler encore plus. Mais la réflexion reste amputée d'une partie conséquente : la tenue de nouvelles élections fera accéder à l'ARP les mêmes formations qui y sont représentées, avec sûrement d'autres chiffres, mais ce sera le même Parlement morcelé et incohérent. D'autre part, à quoi cela servirait de tenir de nouvelles élections avec le même code électoral, objet de vives controverses depuis longtemps.

De prime abord, le choix d'un gouvernement composé de compétences indépendantes peut sembler courageux, voire judicieux. Sauf que ce choix se heurte à deux principales difficultés. La première est la levée de boucliers des partis politiques et le déni démocratique que représente ce choix. La deuxième difficulté est qu'une telle composition gouvernementale n'est en aucun cas une garantie de bons résultats au final. Ce qui est certain par contre, c'est que des membres de ce gouvernement de compétences se découvriront un destin politique comme Yassine Brahim, Said Aïdi, Nadhir Ben Ammou, Mehdi Jomâa et d'autres qui, au tout début, étaient des « compétences indépendantes ».


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