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Les compétences ne sont pas celles qu'on voit à la télé ou sur Facebook
Publié dans Business News le 03 - 03 - 2021

Depuis une dizaine d'années, la classe politique tunisienne a créé le mythe de la « compétence indépendante ». Dès que l'on se trouve en crise, dès que l'on a peur de voir tel ou tel parti prendre les commandes du pays, on brigue le profil de la « compétence indépendante » comme une espèce de baguette magique qui nous sortirait de l'ornière. Mais force est de constater que ça ne marche pas.

Deux personnes illustrent à merveille ce concept : le chef du gouvernement Hichem Mechichi et l'ancienne dirigeante de Tunisair Olfa Hamdi. Le célèbre adage « plus c'est gros plus ça passe » est applicable au cas de Olfa Hamdi. A la faveur de quelques passages dans les médias et de campagnes agressives de sponsoring sur les réseaux, elle a réussi à se créer un personnage, une image de super-compétence venant des Etats-Unis et originaire du bassin minier. Un argument qu'elle n'a cessé de mettre en avant, même si sa véracité fait débat. C'est en faisant beaucoup de bruit autour d'elle et en brassant du vent qu'elle a décroché un poste à la tête de Tunisair, après avoir failli être nommée aux Affaires étrangères (ouf !).
Personne ne sait encore avec certitude comment Olfa Hamdi a pu être nommée au poste sensible de directrice générale de la compagnie aérienne. La seule indication dont nous disposons est la déclaration de Imed Hammami selon laquelle il s'agit d'une nomination nahdhaouie. Mais cela ne suffit pas à expliquer l'arnaque. Il parait évident que les vraies compétences ne font pas leur auto-promo sur des plateaux télé et n'ont pas de temps à perdre sur Facebook pour déclencher mille et une polémiques. La publication du 3 janvier 2020 suite à sa non-désignation aux Affaires étrangères aurait dû suffire pour la bannir de tout poste à responsabilité au sein de l'Etat. Au moins, elle restera la détentrice du triste record du plus court passage à la tête de Tunisair. Elle trouvera ainsi le temps de se replonger dans ses statuts Facebook et surtout dans « la gestion de grands projets ».

Hichem Mechichi est, quant à lui, un profil différent, le profil carpette. Issu d'une longue carrière d'administratif pur et dur, passé par les cabinets de plusieurs ministères, il s'agit du fonctionnaire obéissant qui ne fait pas de vague. C'est sans doute pour cela que le président Kaïs Saïed l'a choisi, en dépit de tout bon sens, pour être chef du gouvernement. Le président de la République pensait plus à un Premier ministre qu'à un chef du gouvernement et il a fait une erreur monumentale. Elle-même due au fait qu'il n'a pas, non plus, la compétence qu'il cherche chez les gens.
Notre actuel chef du gouvernement n'est pas taillé pour la mission qu'il a acceptée. Quoi qu'en disent ses thuriféraires, qui nous avaient déjà vanté les grandes qualités de Hafedh Caïd Essebsi ou des membres de Qalb Tounes, il n'a pas les épaules. Ils auront beau lui répéter qu'il est l'homme de la situation, ils auront beau sponsoriser – eux aussi- des milliers de posts Facebook, le résultat restera toujours le même. Un échec économique retentissant qui oblige le FMI a enchainer les mises en garde surtout avec « l'innovation » qui consiste à demander à la Banque centrale d'imprimer de l'argent, un échec politique qui fait de lui l'otage de partis politiques dont il est le fusible, un échec presque total dans la gestion de la crise Covid-19 avec des mesures que personne n'applique…
Le bilan des cinq mois que Hichem Mechichi a passé à la Kasbah est simplement dramatique. Il est clair qu'il n'a pas été nommé dans un contexte idéal non plus, mais il faut bien avouer qu'il n'a rien fait pour retourner la situation. Il a réussi à se mettre à dos les journalistes, les médecins, l'UGTT, la présidence de la République et j'en passe, en seulement cinq mois d'exercice. Il fallait le faire.
Contrairement à Olfa Hamdi, c'est plutôt sa discrétion qui a valu à Hichem Mechichi de se trouver un jour chef du gouvernement. Son avènement aura permis de casser le mythe de l'administratif compétent, qui connait les rouages de l'Etat et qui est capable de trouver des solutions aux problèmes du pays. Résister pendant des décennies au sein de la fonction publique n'est pas une compétence en soi. Aujourd'hui, ce gouvernement de « compétences indépendantes » est en train d'écrire l'un des pires bilans de la Tunisie moderne.

Tout cela ne veut pas dire que notre pays n'a pas de compétences, loin de là. Sauf que dans notre mésaventure le président de la République n'aime pas les compétences, surtout en refusant des personnes comme Fadhel Abdelkefi ou Hakim Ben Hammouda pour des considérations puériles d'enfant gâté. Les vraies compétences sont discrètes et observent avec un dépit grandissant la situation du pays. Ce sont des gens patriotes qui ne s'imaginent pas une seconde aux prises avec un Faycel Tebbini ou un Abdellatif Aloui à l'Assemblée, et c'est ce qui explique leur démission de la chose publique. Pour l'instant, on continuera tous à faire la chronique d'un pays tenu par des amateurs.


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