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Gouvernement Mechichi : un accouchement difficile, des chances incertaines
Publié dans Business News le 24 - 08 - 2020

Il devait annoncer la composition de son gouvernement lundi 24 août. Hichem Mechichi, désigné par le président de la République Kaïs Saïed pour former le nouveau gouvernement, deuxième en l'espace d'à peine quelques mois, a fait planer le mystère jusqu'au bout. Hormis quelques fuites très vite démenties, rien ou presque n'a filtré concernant les noms retenus et l'annonce tarde encore à venir…

A j-1 de l'annonce du gouvernement, personne ne semble avoir la moindre idée des noms retenus par Hichem Mechichi pour composer son gouvernement. Depuis sa désignation, Hichem Mechichi a entouré tout le processus, mené à cette fin, de mystère. S'il a bien mené des consultations, nombreux sont les partis qui ont affirmé avoir été « écoutés » mais pas « consultés » et sa récente annonce où il disait opter pour un gouvernement de compétences indépendantes est venue confirmer cet état de fait. Evidemment, les partis actuellement au pouvoir ont vu d'un très mauvais œil que Hichem Mechichi fasse cavalier seul en maintenant le secret sur la liste retenue, surtout que l'usage veut qu'elle leur soit soumise pour être « négociée ».

Premier à être monté au créneau, le parti islamiste Ennahdha, qui n'a eu de cesse de critiquer la manière avec laquelle Hichem Mechichi a mené ses concertations estimant qu'il a sous-estimé le poids, et l'importance, dans de telles démarches, du premier parti du pays. D'ailleurs, le mouvement n'a toujours pas clairement annoncé sa position envers le nouveau gouvernement mais la tendance est limpide : Ennahdha émet des réserves, beaucoup de réserves et n'a pas l'intention de voter pour la « liste » telle qu'elle lui est parvenue. L'élu nahdhaoui, Samir Dilou a été on ne peut plus explicite affirmant ce matin que le gouvernement d'Habib Mechichi est un « gouvernement du fait accompli » ajoutant qu'au moins quatre noms devront être modifiés pour que son parti lui accorde sa confiance.
Ennahdha, avec ses 54 sièges au Parlement, rejette ainsi « totalement » un gouvernement de compétences indépendantes tel que souhaité par le chargé de la formation du gouvernement, a souligné le chef du mouvement Rached Ghannouchi, qui estime que la démocratie, c'est gouverner par les partis et par les conseils élus.

Al Karama, coalition aux 19 députés, a affirmé qu'elle n'accorderait pas sa confiance au gouvernement de Hichem Mechichi. Un élu de la coalition a affirmé que les députés Al Karama feront barrage à ce qu'il a qualifié de “gouvernement du président II”, ajoutant que la composition du gouvernement avait été dictée à Hichem Mechichi par le président de la République, Kaïs Saïed. Les élus d'Al Karama se sont même dit prêts à des élections anticipées s'il le faut.

Le mouvement Echâab, représenté au Parlement par 15 députés, a annoncé, pour sa part, qu'il accorderait sa confiance au gouvernement de Hichem Mechichi.
Oussama Aouidet, membre du bureau politique du mouvement Echâab, a indiqué que le bureau politique du parti se chargerait d'examiner le programme politique et économique de la nouvelle équipe gouvernementale.
Le parti a cependant précisé qu'il attendait la liste des noms proposés aux différents portefeuilles ministériels afin d'examiner le degré d'indépendance des candidats et s'ils étaient, éventuellement, impliqués dans des affaires de corruption.

Le Courant démocrate (Attayar) a affirmé hier qu'il n'accorderait pas sa confiance au gouvernement Mechichi. Une décision « qui n'a pas été facile », a souligné le dirigeant au sein du parti, Majdi Ben Ghazela. Attayar détient, rappelons-le 23 sièges à l'ARP.

Qalb Tounes (27 élus à l'ARP) n'a toujours pas annoncé de position claire envers la composition du gouvernement Mechichi. Les dirigeants du parti disent attendre l'annonce officielle pour se prononcer. Notons que le président du bloc Qalb Tounes au Parlement, Oussama Khelifi, a tenu à préciser dans l'une de ses déclarations que la notion de « gouvernement indépendant » est mal comprise de sorte qu'elle a été comprise en tant que gouvernement contre les partis. « Hichem Mechichi a, en fait, choisi de former un gouvernement de compétences indépendantes pour éloigner le pays des tiraillements politiques » a-t-il souligné, ajoutant que son parti n'avait aucun problème avec M. Mechichi et qu'il avait l'intention de le soutenir parce que le pays, dit-il, a besoin aujourd'hui d'un gouvernement et d'une union nationale réelle.
« Si le gouvernement dispose d'un programme clair visant à instaurer l'union nationale et participative, nous allons bien évidemment le soutenir », a assuré le député Qalb Tounes.

Le bloc du PDL représenté par 16 députés, a, de son côté, exprimé une certaine satisfaction concernant l'aspect « indépendant » du nouveau gouvernement. La présidente du parti, Abir Moussi, qui a finalement accepté de rencontrer le chef du gouvernement désigné, a souligné que son parti insiste sur le fait qu'aucun membre du nouveau gouvernement ne soit lié de près ou de loin à Ennahdha et que Hichem Mechichi tienne bon et nomme des compétences « réellement et totalement » indépendantes.

Le président de Tahya Tounes, Youssef Chahed, a affirmé, quant à lui, que son parti soutiendra le nouveau gouvernement qu'il soit politique ou composé de compétences indépendantes.
« Nous le soutiendrons à la seule condition qu'il mette en œuvre le programme de sauvegarde de l'emploi que nous lui avons soumis. M. Mechichi est une compétence nationale reconnue et notre présence, ou non, parmi la nouvelle équipe gouvernementale sera discutée au sein de nos structures mais ne modifiera pas notre position », a-t-il déclaré à l'issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement désigné par Kaïs Saïed.

Le député du bloc parlementaire de la réforme nationale (représenté par 16 élus), Hafedh Zouari, a assuré, lui aussi, à l'issue de la rencontre avec le chargé de la formation du nouveau gouvernement, Hichem Mechichi, que le bloc de la réforme nationale soutient le choix du chef du gouvernement chargé de former un gouvernement de compétences indépendantes. Il a expliqué que le Parlement n'a pas donné lieu à une majorité claire, que les divergences survenues entre les partis sont profondes et que la formation d'un gouvernement politique peut étendre les conflits parlementaires au pouvoir exécutif.

Pour ce qui est du Bloc national (11 députés), Hatem Mliki, président du bloc, a affirmé soutenir l'approche adoptée par Hichem Mechichi qui a opté pour une équipe formée de compétences indépendantes. Il a précisé que le Bloc national annoncera sa position unifiée quand les noms lui seront soumis.

Le Bloc Al Mostakbal, représenté par 9 députés au Parlement, a affirmé avoir appelé Hichem Mechichi à former un gouvernement politique consensuel pour assurer sa stabilité. Il a souligné qu'il attend l'annonce officielle du gouvernement pour définir sa position.


Hichem Mechichi semble vouloir maintenir jusqu'au bout le contrôle sur sa mission. Cela dit, ces reports d'annonce pourraient être expliqués par des révisions de dernière minute lui permettant d'assurer un minimum de succès à son gouvernement devant l'ARP. Ou alors il tarde à annoncer les noms des candidats retenus pour ne pas donner aux partis le temps de négocier et limiter les tractations…


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