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L'après Saïed se prépare maintenant
Publié dans Business News le 31 - 01 - 2022

Le président de la République et son équipe de fayots commencent à s'énerver. Il faut dire que la semaine a été particulièrement éprouvante pour eux. Et pour cause. Rien ne marche comme ils veulent.
Le taux de participation à la consultation populaire avoisine à peine 1% de la population, les caisses de l'Etat sont vides, on accuse du retard pour le règlement des salaires des fonctionnaires, la cheffe de cabinet du président a démissionné, l'idée du TGV du président est fortement moquée dans les médias et les réseaux sociaux, le gouvernement tarde à trouver des solutions concrètes pour une sortie de crise, les magistrats résistent, les médias dénigrent… Oui, la semaine a été éprouvante pour le despote et ses sbires.
Comme d'habitude, Kaïs Saïed a été incapable de cacher ses sentiments. Le conseil des ministres qu'il a présidé jeudi 27 janvier n'a pas différé des précédents et a été l'occasion pour vilipender tous ceux qui lui résistent : médias, magistrats, opposants… Le ton est donné et ses relais sur terrain et sur les réseaux sociaux étaient au rendez-vous pour achever ce qu'il a commencé. Le gouverneur de Ben Arous s'en est pris à un journaliste indocile et aux médias qui, d'après lui, divisent le peuple. Les pages Facebook diffusent, à la pelle, des vidéos hostiles à l'opposition et les médias…
En théorie, un président est là pour rassurer, pour rassembler, pour unir. Le nôtre fait tout l'inverse et ne perd pas une occasion pour semer la discorde.
Kaïs Saïed n'est ni le premier, ni le dernier, à jouer cette carte de la division et du populisme pour se frayer un chemin. Avant lui, Moncef Marzouki, les CPR et les islamistes ont joué avec ce feu et ils ont fini par se brûler. Ça ne rate jamais. Comme eux, Kaïs Saïed finira par être démasqué par la majorité. Pourquoi ? Parce que : « Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps ; vous pouvez même tromper quelques personnes tout le temps ; mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. » (Apocryphe d'Abraham Lincoln).

Le 25 juillet 2021, la popularité de Kaïs Saïed était au zénith. Il était celui qui nous a sauvés du cirque islamiste à l'assemblée, celui qui allait corriger la trajectoire démocratique. Aux étrangers qui l'interrogeaient sur ce qu'il était en train de faire, il a répondu c'est une question d'un mois et tout rentrera en ordre.
Il n'a pas tenu parole et c'était suffisant pour qu'il perde crédit aux yeux des plus sensés. Six mois plus tard, il est lâché par la plus fidèle des fidèles, sa cheffe de cabinet. L'a-t-il limogée, a-t-elle démissionné ? Peu importe, l'un d'eux est en train de mentir et c'est affligeant de constater que l'on est en train de mentir ouvertement au plus haut sommet de l'Etat. S'il l'a limogée, c'est qu'il a fait un mauvais choix de départ et c'est suffisant pour le discréditer. Si elle a démissionné, c'est qu'il n'a plus de crédit à ses yeux. Dans un cas comme dans l'autre, le président perd du crédit au fil des mois.
Le reste de la population, ceux qui continuent encore à soutenir Kaïs Saïed, finiront par ouvrir les yeux et constater que ce président, aussi intègre soit-il (CQFD), est incapable de remettre le pays sur le droit chemin. Et ceci est pour bientôt. Très bientôt.
D'ores et déjà, on constate que sa popularité dans les sondages ne se matérialise pas dans le réel. Il pèse 70%, selon Emrhod-Business News-Attessia, alors qu'il n'y a que 1% qui a accepté de participer à sa consultation.

La tendance baissière de Kaïs Saïed est nette et elle s'accentuera. Voici pourquoi.
A ce jour, on constate du retard pour le règlement des salaires. Dans quelques semaines, il n'y aura plus de quoi payer ces salaires.
A ce jour, on constate une inflation à 5,7%. Dans quelques semaines, il y aura une inflation à deux chiffres.
A ce jour, on constate une pénurie d'huile végétale. Dans quelques semaines, il n'y aura que des pénuries.
Le 14 janvier dernier, il y a eu une dizaine de milliers de personnes sorties pour manifester leur colère contre le coup d'Etat. Dans quelques semaines, elles se compteront par centaines de milliers.
La Loi de finances 2022 n'a pas prévu de plan B au cas où le FMI refuserait (et il refusera) au mois de mars de nous accorder un crédit budgétaire. Dans deux mois, le gouvernement sera objectivement dans l'impasse.
C'est immuable, quand le peuple a faim, il gronde et il s'en prend à celui qui lui a fait de fausses promesses, à celui qui s'est moqué de lui. Ce jour-là, il ne pourra plus leur parler de TGV, de consultation populaire ou de la corruption des magistrats pour faire diversion. Ils exigeront une seule et unique chose : de l'argent. Et de l'argent, il n'y en aura plus.
En six mois de pouvoir total et absolu, Kaïs Saïed n'a tenu aucune de ses promesses. Faute d'argent et de solutions concrètes, il va devoir partir. Sera-t-il délogé ou partira-t-il tout seul ? Peu importe, le fait est qu'il ne perdurera plus avec ses histoires de châteaux en Espagne.
Tout aussi immuable, quand on n'a plus d'argent, quand on a perdu sa crédibilité, quand on ne peut plus honorer ses engagements, quand on ne rembourse plus ses dettes, on se doit de quitter la table, pour préserver sa dignité. A défaut, on se fait éjecter, l'humiliation en prime.

Toute la classe politique (à l'exception des intéressés d'Echaâb) est convaincue par ce constat et est certaine que Kaïs Saïed va partir bientôt.
Qu'a-t-elle préparé pour la relève ? Est-elle prête pour des élections anticipées ? A-t-elle un programme complet et convaincant pour remettre le pays sur les rails ? A-t-elle de quoi remplir les exigences du FMI ?
A écouter les uns et les autres, il n'y a que Fadhel Abdelkefi qui remplit toutes ces exigences et qui comprend comment doit être géré un Etat. Sauf qu'il a beau être un financier chevronné, il n'a pas la faculté de remplir les masses. Il « pèse » à peine 2% dans les sondages.
Abir Moussi, nettement plus populaire que lui, n'apporte aucune solution concrète aux problèmes réels. Quel est son programme pour remplir les caisses tout de suite ? Comment va-t-elle convaincre le FMI ? Quel est son avis sur la privatisation des entreprises publiques et la compensation ? Qui sont les compétences qui vont la représenter devant les instances internationales ? Qui va être son chef du gouvernement et son ministre des Finances ? Abir Moussi évite soigneusement ces questions lors de ses sorties médiatiques et publiques. On ne connait pas ses généraux, on ne les voit pas, on ne les entend pas. Une personnalité politique ayant une destinée nationale, ce n'est pas une seule et unique personne, c'est un groupe de personnalités et un vivier de compétences. On peut l'aimer (ou pas), mais concrètement Abir Moussi nous vend du vent, pour le moment.
Et puis il y a les islamistes et leur nouveau pare-choc qu'est le collectif « Citoyens contre le coup d'Etat ». Ils n'ont plus les masses, mais ils sont capables de les réunir de nouveau. Ils peuvent ne pas avoir de programme concret (et ils n'en ont pas), mais force est de rappeler qu'ils n'ont jamais été élus sur la base d'un vrai programme. Les islamistes ont une extraordinaire capacité à mentir et à leurrer le public qu'il n'est pas interdit de penser de les voir surgir de nouveau sur le devant de la scène, si jamais la scène est vide.
Or, pour le moment, la scène est vide. Et c'est là tout notre drame.

On sait tous que Kaïs Saïed va bientôt partir, mais personne ne sort du lot pour se positionner et être prêt à prendre les commandes quand ce jour va arriver.
Ce que nous n'avons pas, et ce qu'il nous faut, c'est une personnalité qui se distingue et qui soit capable de convaincre les masses d'être le sauveur. Or cette personnalité ne va pas atterrir du jour au lendemain comme un messie. Cette personnalité se construit à force de meetings, de sorties médiatiques, de programmes, d'idées concrètes et de rêves. Quand le gouvernement bloque sur un point, cette personnalité sort dans les médias pour dire ce qu'elle aurait fait à sa place. Quand le gouvernement prend un mauvais chemin, cette personnalité le crie sur tous les toits et prend la population à témoin. Quand le président divise, cette personnalité rassemble. Quand le président déçoit, cette personnalité fait rêver.
Où est cette personnalité ? On ne la voit pas ! Il y a une très grande place à prendre dans l'opposition et personne n'a pu l'occuper jusqu'à présent. Kaïs Saïed est médiocre, il n'y a pas à dire, mais face à lui, c'est encore plus médiocre, puisque aucun n'a pu s'imposer face à lui.
Quelle est la solution ? Elle est à la fois simple et complexe. Il faut que l'ensemble des acteurs politiques s'assoient autour d'une table pour dégager une feuille de route de l'après-Saïed.
C'est maintenant et non demain qu'ils doivent se mettre d'accord sur l'après-Saïed et ils doivent le faire tous ensemble, afin de convaincre les nationaux et les partenaires étrangers. L'unité ne doit pas être de façade, elle doit être réelle et pragmatique. Kaïs Saïed est en train de casser l'Etat et, pour le reconstruire, il faut être ensemble. Aucune personnalité politique, quelle que soit sa couleur, ne pourra reconstruire toute seule. Pour atteindre cet objectif, il faut mettre son ego dans sa poche et réfléchir collectif pour l'intérêt général de l'Etat, de la Tunisie et des Tunisiens.


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