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Pèlerinage de la Ghriba, symbole d'ouverture et de tolérance
Publié dans Business News le 22 - 05 - 2022

La synagogue de la Ghriba, se trouvant à Djerba, représente l'un des monuments les plus représentatifs de la coexistence et de l'ouverture de la Tunisie. Elle accueille, depuis des centaines d'années, des milliers de pèlerins des quatre coins du monde. Après deux années d'annulation des festivités pour des raisons sanitaires, une grande foule s'est réunie à l'île de Djerba afin de participer aux rites, mais aussi aux festivités.
Les pèlerins ont afflué vers la synagogue pour festoyer dans une ambiance chaleureuse et purement tunisienne. Ils ont chanté, applaudi et dansé au rythme de chansons iconiques du patrimoine arabe tunisien, égyptien et oriental d'Om Kalthoum, Salatin Tarab, et même de la Hadhra. Durant les festivités, pèlerins et visiteurs assistent à une grande vente aux enchères de bouquets de fleurs connus sous le nom "rimonims". L'objectif est la collecte de fonds servant à financer l'entretien et la gestion de la synagogue.
Cette opération permet de collecter plus de 30.000 dinars par année introduits directement dans les caisses du temple. Il s'agit d'un véritable spectacle durant lequel un crieur, qui était complétement vêtu en blanc, faisait grimper les enchères et suscitait l'intérêt des personnes présentes en les saluant ou en les appelant par leurs noms. Une grande partie des 6.000 visiteurs du pèlerinage de la Ghriba dans son édition de 2022 a assisté à cela. La musique servait réellement d'entracte aux enchères et permettait de maintenir l'ambiance festive et joyeuse qui s'était installée. En même temps, on décorait une pyramide qu'on appelait Minara de foulard en attendant le déroulement de la cérémonie de procession durant laquelle les pèlerins étaient organisés sous la forme d'un convoi jusqu'à la Hara Sghira à des centaines de mètres de la synagogue.
En plus de cela, les alentours de ce bâtiment étaient remplis de stands et de points de vente de différents produits. On pouvait acheter une carte SIM Ooredoo, offrir des jouets à des enfants, découvrir les traditions culinaires en goûtant aux pâtisseries exposées par les marchands ou faire la queue pour savourer des brochettes, des keftas et des bricks. Tout le monde était heureux d'être présent. Le pèlerinage de la Ghriba semble avoir trouvé la formule magique afin d'assurer aux artisans et aux commerçants d'importants profits et de répondre aux besoins en tout genre des visiteurs.
A moins de dix mètres de cet endroit, juste dans le temple se trouvant à côté, les pèlerins festoyaient, mais à leur façon. Ici pas de vacarme, de chants ou de danses. Il s'agit d'un lieu de culte où chaque individu semble déterminé à laver ses péchés et à se rapprocher encore plus du divin afin de profiter d'un petit miracle ou de réaliser un petit vœu. Les pèlerins étaient totalement concentrés sur leurs torahs et sur les rites à accomplir, à un tel degré qu'on oublierait la présence de journalistes et d'invités ou le déroulement d'une fête juste à côté. Pieds nus dans la salle, ils allument des cierges, aspirent la fumée des encens et prononçaient des prières jusqu'à entrer dans un état d'extase. En même temps, on pouvait observer les femmes s'adonnant au rite de l'œuf. Selon eux, écrire son nom sur un œuf dur et le placer par la suite dans une cavité dans le mur permettraient d'accéder à un vœu.
En plus de l'aspect religieux, le retour du pèlerinage de la Ghriba est synonyme d'une grande dynamique économique et touristique. En effet, le pèlerinage de la Ghriba ne représente pas une simple fête religieuse. Plusieurs commerçants artisans et fournisseurs de services comptent sur la tenue de ce dernier afin d'attirer une nouvelle clientèle et de retrouver une stabilité financière. L'arrivée de plus de 6.000 individus à Djerba était fortement ressentie. Les hôtels étaient pleins à craquer. Il était impossible de se trouver un logement en l'absence d'une réservation réalisée quelques semaines en avance. Ceci permettra sûrement aux établissements de l'île de s'extirper progressivement de la zone de danger causée par la propagation du coronavirus et des mesures sanitaires et restrictives mises en place.
Pour ce qui est des artisans et des commerçants, ce sont ces mêmes 6.000 visiteurs qui s'étaient rendus à Houmet Souk afin de visiter le marché de l'artisanat. Ils ont dévalisé la totalité des boutiques de ventes de prêt-à-porter et de chefs d'œuvre artisanaux et authentiques. On voyait des coussins et des chapeaux de paille partout en plus des robes et habits portants des motifs berbères et tunisiens.
Les visiteurs avaient la possibilité de partir à l'aventure en sillonnant les petits couloirs des mosquées ibadites jouant dans une grande partie des cas le rôle d'un lieu de prière, mais aussi de forteresses et de bâtiments de défense.
Enfin, la visite de Houmet Souk offre la possibilité de se rendre à l'église Saint-Joseph de Djerba. Il s'agit d'un bâtiment ayant été érigé en 1848 par des pêcheurs italiens et maltais.
La préservation de ces lieux permet de développer et de diffuser une image positive de la Tunisie, celle d'un pays des plus progressistes du monde arabe. Il s'agit d'un message clair prônant la coexistence et l'acceptation de l'autre.


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