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65 ans d'indépendance pour revenir au point zéro
Publié dans Business News le 24 - 07 - 2022

En pareille journée de 1957 - 65 ans en arrière - la Tunisie vivait des moments historiques avec la transformation du pays de monarchie beylicale en république citoyenne. Le pouvoir n'était désormais plus entre les mains d'une seule famille, mais revenait - du moins en théorie - au peuple qui exprimait ses choix à travers les urnes.

Ainsi, moins d'une année après l'Indépendance, l'Assemblée constituante a détrôné le Bey et élu Habib Bourguiba premier président de la République, un régime censé instaurer les principes et les valeurs de la démocratie, des droits de l'Homme et de l'appartenance citoyenne.
Ce nouveau régime a vu, dès les premières années de son instauration, la consécration du concept de la souveraineté avec l'élaboration de la première constitution de 1959, la tunisification de l'Armée, des services de sécurité et « l'évacuation agricole ».
L'autre grand acquis est sans doute la « tunisification » de l'administration grâce à l'émergence de grands noms synonymes de « bâtisseurs de la Nation », sans oublier la généralisation et la gratuité de l'enseignement et de la santé…
Ces approches se sont poursuivies plus de 50 ans durant, consolidant certaines réussites économiques en dépit de certains ratés au niveau des libertés publiques et des droits de l'Homme.
Ensuite, l'institution de la République a reçu, de l'avis général, un coup de massue freinant son prestige et ses vraies fonctionnalités avec l'avènement du « pseudo-président ». En 2011, Moncef Marzouki, parachuté au Palais de Carthage avec quelques milliers de voix obtenues pour entrer à l'Assemblée nationale constituante.
Avec lui, on ne comptait plus les ratés et les bavures : Le baise-main fait au souverain marocain, l'ouverture des portes du palais présidentiel aux salafistes, ses allégeances à l'émir de l'Etat du Qatar et ses menaces de « traduire en justice toute personne osant dire du mal du même émir… ».
Avec feu Béji Caïd Essebsi, on a cru à un vrai retour d'une institution de la république forte, juste et assumant convenablement ses prérogatives, avant de déchanter face au népotisme et à une mauvaise gestion de l'Etat.
Puis vint Kaïs Saïed, dit Monsieur Propre.
Simple assistant universitaire enseignant l'histoire de la Constitution, il a réussi, après maints subterfuges, à tout chambarder grâce à des faits accomplis et une appropriation de tous les pouvoirs dans un climat curieux de résignation générale…
Le dernier forcing est celui d'imposer l'organisation d'un référendum consistant à faire voter un projet de texte d'une nouvelle constitution qui s'est révélé - après des « cachoteries » - comme étant l'œuvre personnelle du seul chef de l'Etat.
Ainsi, par le biais d'acrobaties, Kaïs Saïed semble sur le point de parvenir à ses fins, à savoir escamoter Bourguiba et son œuvre dont la plus importance est celle de la proclamation de la République.
Sinon comment expliquer le fait qu'il n'a pas trouvé mieux que la date du 25 Juillet pour organiser « son » référendum en dépit de toutes les péripéties négatives ayant entouré sa tenue. Pour Saïed, la date du référendum va constituer le point de départ de la nouvelle république qui, théoriquement et selon sa propre logique, effacera l'originale.
Il ne faut pas oublier qu'il prétend être le seul à connaître la « vraie histoire ». Pour preuve, et comme il a la prétention de l'insérer dans le préambule de « son » projet de constitution, l'histoire de la Tunisie commence un certain 17 décembre 2010. Une tromperie de plus !
Il est logique de se poser les questions qui s'imposent : Où était Kaïs Saïed avant 2010-2011 ? Pense-t-il que les Tunisiens sont assez naïfs pour croire à sa thèse de campagne effectuée avec quelques dizaines de supporters « pieds nus, un budget d'une cinquantaine de dinars des capucins et des cigarettes »
D'où sortent donc les Kamel Fekih, Sonia Charbti, Ridha Meklki, alias Chiheb alias Lenine, les Riadh J'rad, Oussama Ben Arfa, Ahmed Chaftar, Ezzeddine Chalbi, Kaïs Karoui, Faouzi Daâss et on en passe…

Ainsi, tous les indicateurs laissent entendre que Kaïs Saïed puise ses théories dans le livre de Montesquieu, comme il ne cesse de le crier lui-même, mais également et surtout dans les anciens livres de certains penseurs islamistes connus comme étant d'obédience chiîte comme l'a affirmé le Doyen Sadok Belaïd qui assure connaître « son élève », devenu président de la République...


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