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Ils ont tous été libérés, la force des islamistes ou la manipulation du pouvoir ?
Publié dans Business News le 22 - 09 - 2022

Ali Laârayedh, Ridha Jaouadi, Mohamed Frikha, Mohamed Affes. Après une garde à vue de quelques heures pour les uns et de quelques jours pour les autres, ils ont tous été libérés.
Autres personnalités politiques citées dans ce dossier d'envoi de jeunes tunisiens dans les zones de conflits, notamment la Syrie, on trouve le président de l'assemblée dissoute Rached Ghannouchi, l'ancien ministre des Affaires religieuses, Noureddine Khadmi, l'ancien président de la République Moncef Marzouki et un grand nombre de hauts cadres du ministère de l'Intérieur.

Cette affaire a été suivie de très près par l'opinion publique hostile aux islamistes. On a oublié les pénuries et l'inflation pour espérer que l'on mette, enfin, en prison ceux qui ont tant terni l'image de la Tunisie à l'international. A un certain moment, la nationalité tunisienne était la plus représentée dans les rangs de Daech. Ces terroristes partis en Irak et en Syrie, il faut bien qu'il y ait une partie qui les a pris en charge pour les envoyer là-bas. C'est ce qui était, et est encore, admis communément.
En interpellant les leaders politiques d'Ennahdha, les imams, le patron de Syphax Airlines et les cadres sécuritaires, le parquet donne la réponse que le « public » attend. C'est comme s'il a attrapé toute la chaîne de la nébuleuse : les imams qui ont incité les crédules à partir faire le Djihad, le parti politique qui finance, les représentants de l'Etat qui facilitent le voyage et la compagnie aérienne qui s'occupe de leur transport.

Sauf que voilà, l'affaire semble faire pschitt. A l'exception des cadres sécuritaires, tous les islamistes ont été libérés. Depuis hier, ils jouent la victimisation à fond, une spécialité dans laquelle ils ont toujours excellé.
De deux choses l'une. Soit le parquet a mal préparé ses dossiers et le juge d'instruction n'a rien trouvé pour justifier leur détention. Soit le parquet a bien préparé ses dossiers et le juge d'instruction s'est montré complice des islamistes en les libérant. Dans un cas comme dans l'autre, il y a un problème dans la chaîne judiciaire. Dans un cas comme dans l'autre, l'Etat a failli quelque part.
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Pour défendre leur président, les aficionados de Kaïs Saïed attirent l'attention sur l'indépendance du juge d'instruction qui a libéré ces islamistes. Une preuve, d'après eux, que la justice n'est pas à la solde du pouvoir, comme le répètent les médias et les organisations internationales.
Ils omettent juste de préciser que si le juge est indépendant, le parquet ne l'est pas. Dépendant hiérarchiquement, et concrètement, de la ministre de la Justice, le parquet a bien failli dans cette histoire.

Si l'on se tient aux témoignages des avocats des prévenus, notamment Samir Dilou, Ahmed Néjib Chebbi, Seïf Eddine Makhlouf et Mohamed Ali Gherib, les dossiers sont totalement vides. Toute la procédure a été lancée suite à une plainte déposée par la députée Fatma Mseddi qui s'est basée sur des témoignages à la crédibilité douteuse, quand elle était dans une commission parlementaire.
Le parquet a ouvert la procédure sans investigation profonde et sans avoir réuni suffisamment de preuves pour bétonner ses accusations, avant de procéder à l'interpellation des suspects.
Il a interdit de voyage Noureddine Khadmi et mis en garde à vue Ali Laârayedh, Ridha Jaouadi, Mohamed Frikha, Mohamed Affes en violation totale de la présomption d'innocence.
Ce qu'a fait le parquet plait énormément au public anti-islamiste assoiffé de vengeance et impatient de trouver les coupables, mais il est en violation totale des principes du Droit et d'une justice équitable.
Politiquement, le parquet a offert un cadeau en or aux islamistes leur permettant ainsi de se blanchir devant l'opinion publique nationale et internationale.
Ils subissent, depuis des années, les accusations les plus infâmantes quant à leur rôle sur l'envoi des jeunes tunisiens à Daech, voilà donc un juge qui leur donne une sorte de quitus. Bien sûr l'instruction est encore en cours, bien sûr que le procès est encore en cours, mais le fait est que le juge d'instruction n'a rien trouvé dans les dossiers remis par le parquet pour le moment.
L'autre hypothèse que le juge d'instruction est complice des islamistes ne tient pas debout. Aucun juge, aussi idéologisé soit-il, ne saurait prendre le risque de libérer un suspect de terrorisme alors qu'il a devant lui un dossier solide prouvant son implication. D'ailleurs, si c'était le cas, rien n'empêchait le parquet d'interjeter appel et de les maintenir en détention encore quelques jours, jusqu'à ce que la chambre des mises en accusations se penche sur le dossier.

Ce qui s'est passé ces dernières 24 heures n'a rien d'une première. Le régime de Kaïs Saïed a déjà procédé de la sorte pour mettre en résidence surveillée, voire en prison, des personnalités politiques innocentes.
Le cas le plus emblématique est incontestablement celui de Mehdi Ben Gharbia. L'ancien ministre des Droits de l'Homme croupit, depuis octobre 2021, en prison, alors que le juge d'instruction a décidé de sa libération.
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Le cas le plus spectaculaire est celui de Noureddine Bhiri, kidnappé devant chez lui, pour être mis dans un entrepôt dans un no man's land du côté de Bizerte. Après une grève de la faim qui a duré deux mois, à cause de laquelle l'ancien ministre de la Justice a frôlé la mort, il a été libéré sans aucune charge contre lui. Pourtant, force est de rappeler que le ministre de l'Intérieur en personne l'a accusé d'être impliqué dans une grave affaire ayant un caractère terroriste.
Autres affaires dans lesquelles le ministre de l'Intérieur ou le président de la République se sont prononcés et qui ont fait pschitt, celles de Chawki Tabib, Mofdi Mseddi, Lotfi Ben Sassi, Lotfi Ali, Ahmed Smaoui. Toutes ces personnalités politiques ont dû passer par la case prison ou assignation à résidence sans qu'il n'y ait aucun dossier solide contre eux.
Ça devient évident, le pouvoir politique est en train de chercher à satisfaire une certaine opinion publique assoiffée de revanche primitive contre des personnalités politiques qui se sont créé des ennemis dans le cadre de l'accomplissement de leur travail au sein de l'Etat.
Mehdi Ben Gharbia a carrément subi des tentatives d'extorsion, preuves enregistrées à l'appui. Etrangement, c'est lui qui est en prison, alors que ses accusateurs-extorqueurs n'ont jamais été inquiétés.

La grogne sociale est profonde, avec toutes ces pénuries et cette inflation. Le régime de Kaïs Saïed a besoin de donner des calmants à la population et cherche donc des diversions. Régulièrement, depuis un an, il offre un spectacle avec de présumées personnalités politiques corrompues ou terroristes. Et, à chaque fois, son spectacle finit en queue de poisson.
Le régime de Kaïs Saïed est aux abois, il a été incapable de redresser la barre économique, incapable d'apporter des réponses concrètes aux priorités des Tunisiens, incapable d'efficacité, il n'est même pas capable de monter des scénarios de diversion et des affaires judiciaires. C'est pourtant le b.a.-ba de toute dictature. Nul en démocratie, il est aussi nul en dictature.

Raouf Ben Hédi


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