Hamadi Jebali admis en urgence au service de réanimation de l'hôpital Habib Thameur    Hamma Hammami accuse des milices du président d'attaques contre les manifestants    Entrée en exploitation de la première centrale solaire flottante de la zone Mena à Tunis    Phosphates :Transport par des pipelines hydrauliques    Météo | Hausse remarquable des températures à partir de dimanche    Les magistrats campent sur leur position    Phosphates et environnent ,le revers de la médaille    Tunisie Telecom finalise le projet de couverture des zones blanches    Djerba sans sachets plastiques à usage unique depuis le 1er août 2022 : Est-ce la fin du cauchemar?    Balti et ses amis se produisent à l'avenue Habib Bourguiba à l'initiative de Orange Tunisie    Leila Toubel : j'ai présenté un ensemble de propositions au sein de la commission consultative    Ligue 1 Pro : Officiel. Le CSS jouera la coupe de la CAF    Mondial Hand Juniors Filles 2022 : la Tunisie bat la Guinée et se qualifie au 2e tour    Semaine boursière : Le Tunindex en hausse en dépit d'un volume transactionnel modeste    Sfax: Une réunion tendue du conseil municipal [Vidéo]    Petite histoire d'une grande réussite: Il réussit à décrocher son bac à l'âge de 47 ans [Vidéo]    Sousse: Après 15 ans de fermeture, le parc municipal de Msaken rouvre ses portes [Photos]    Covid-19 : un décès à Bizerte    Kram : arrestation de huit femmes soupçonnées d'appartenance à un groupe terroriste    Attaque à Oslo : notre journaliste raconte    Menaces sérieuses contre le président Kaïs Saïed : Qui veut semer le chaos dans le pays ?    Bizerte : Saisie de 1,15 t de farine subventionnée    Diplômés en technologie, ingénierie et mathématiques : La Tunisie, 2e pays au monde par le nombre    Pourquoi | Le bac, et après ?    Youssef Zied Elhechmi, Professeur agrégé en Médecine Intensive Réanimation et co-fondateur de la start-up HOPE HORIZON, à La Presse : «La solution d'ordonnance médicale SmartCare sera gratuite pour les patients, les médecins et les pharmaciens...»    Tribune | Hommage à l'Armée nationale à l'occasion de son 66e anniversaire (II)    «Possibles», revue trimestrielle de littérature : «Le train m'emporte vers toi, mais déjà tu n'es plus là...» !    Exposition «Khémaïs Khayati, la passion de la photo» à la Cinémathèque Tunisienne : Du cœur avec beaucoup d'argentique    Classement CAF: Le Top 10 des meilleurs championnats africains    L'UGTT commémore le 55ème anniversaire du décès de Ahmed Tlili [Vidéo]    Huawei Tunisie obtient le ICT Industry and talent development Award    Point de vue | Limite incontrôlable !    CSS : Objectif à moitié atteint    L'EST prend option sur le titre : Le flegme «sang et or»    France : La grève générale frappe là où ça fait mal    Monde-Daily brief du 24 juin 2022: L'UE valide la candidature de l'Ukraine, les forces de Kiev ont reçu l'ordre de se retirer de Severodonetsk    Gaz russe : l'Allemagne aura froid cet hiver plus d'autres catastrophes alerte le gouvernement    Festival Hammamet 2022: L'affiche rend hommage à Maurice Béjart    Tunisie-Ligue 1 (Play-Off): programme Tv de la dernière journée    Ons Jabeur rassure son public    Festival International de Hammamet de retour du 13 juillet au 19 août 2022 : Une édition prometteuse en vue !    Décès de l'artiste peintre Meherzia Ghadhab    Près de 150 migrants secourus au large de la Tunisie    Fondation Arts & Culture by UIB mécène la 35ème édition du Festival international de Musique Symphonique d'El Jem    Le Maroc va envoyer des travailleurs en Israël    FMI : ''La Tunisie doit remédier de toute urgence aux déséquilibres de ses finances publiques''    African Lion 2022 - La Défense nationale dément la participation d'Israël    Vive indignation à la suite de l'interdiction du film « Lightyear »    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Fakhfakh, Ben Gharbia, Taïeb, Bhiri, qui va dédommager l'inoubliable ?
Publié dans Business News le 13 - 05 - 2022

Ce sont des scènes inoubliables de cette noire période 2019-2022 de l'Histoire politique tunisienne.
Tous les observateurs politiques se remémorent cette photo de députés d'Ennahdha, d'Al Karama et de Qalb Tounes étaient réunis à l'assemblée autour d'une motion de censure qu'ils s'apprêtaient à déposer contre le chef du gouvernement de l'époque, Elyes Fakhfakh.
Pour ces députés, le limogeage humiliant de M. Fakhfakh était une question vitale puisque ça leur ouvrait la voie à la nomination de son successeur. Pour justifier leurs actes, ils se basent sur la polémique médiatique de l'époque, celle d'un hypothétique conflit d'intérêt. L'entreprise environnementale d'Elyes Fakhfakh aurait bénéficié d'un marché de l'Etat alors que celui-ci était chef du gouvernement. L'instance nationale de lutte contre la corruption a déposé plainte contre lui, tout comme le député Yassine Ayari. Beaucoup d'encre a coulé et tout le monde s'est retrouvé, du jour au lendemain, adepte de la moralisation de la vie publique.
Bien que bref, le passage d'Elyes Fakhfakh à la Kasbah était bien positif dans son ensemble. Il s'est retrouvé avec des caisses vides, face à la toute première crise Covid, il a porté secours aux entreprises et aux couches sociales défavorisées grâce à des décisions véritablement courageuses…
Mais rien de tout cela n'a plaidé pour lui, les politiques et observateurs tunisiens sont tous devenus des vierges effarouchées, pâles copies tunisiennes des journalistes français de Mediapart et du Canard enchaîné.
Sous la pression médiatique et des réseaux sociaux, et sur instructions du président de la République qui voulait tirer le tapis sous le pied des islamistes et reprendre la main sur la nomination, Elyes Fakhfakh a fini par jeter l'éponge et présenté sa démission le 15 juillet 2020.
Sauf que voilà, moins de deux ans après, l'affaire a fait pschitt. Le 12 mai 2022, la cour d'appel de Tunis a décidé d'abandonner toutes les charges retenues contre lui. L'ancien chef du gouvernement est innocenté et c'est une décision définitive de la justice.
En dépit de cet acquittement, certains ont trouvé à redire. Le cas de Yassine Ayari, prétendument en plein deuil, qui cherche à l'enfoncer malgré tout, en rappelant que les parties plaignantes sont dans l'incapacité de plaider, puisque l'Instance de lutte contre la corruption est gelée et que lui-même est réfugié à l'étranger. Les principes de la présomption d'innocence, de la primauté de la justice, des vices de forme qui peuvent annuler toute la procédure, lui sont inconnus, comme à des centaines de milliers de Tunisiens. Il a pourtant été lui-même victime d'injustices et pas qu'une fois !
De la haine, de la haine, toujours de la haine. Sur les réseaux sociaux, et pas uniquement tunisiens, on est constamment dans la peau d'inquisiteurs à la recherche de sang. On est toujours coupable, même si tu prouves ton innocence.

Elyes Fakhfakh était dans un formidable élan avec son équipe gouvernementale. Il avait des solutions concrètes pour faire sortir le pays du marasme. Son ministre des Finances, Nizar Yaïche, avait un business plan détaillé pour résorber le déficit public. Il a entamé un dialogue constructif avec les organisations syndicales et patronales. Cette affaire ne lui a pas causé un préjudice, à lui seulement, mais à toute la Tunisie. Qui va le dédommager et qui va dédommager le pays après cette histoire et ces tribunaux médiatiques dressés contre lui ?
Il n'est pas le seul à subir ce genre de procès à charge et ces verdicts tranchés de l'opinion qui sait tout.
Le fléau a commencé en 2011 avec les figures de l'ancien régime. On ne compte pas les personnalités politiques qui ont été lynchées sur les réseaux sociaux et dans les médias, juste parce qu'elles ont servi l'Etat sous une dictature. Les champions en la matière sont incontestablement les CPR de Moncef Marzouki, suivis directement par les islamistes.
Dix ans après, nous n'avons rien retenu des leçons de ce passé récent. Les mêmes réseaux sociaux, les mêmes médias lynchent les personnalités politiques en les accusant d'être corrompues, malhonnêtes, etc.
Kaïs Saïed prend la relève de Moncef Marzouki et des islamistes pour mener des cabales contre des personnalités désignées médiatiquement, ou par les réseaux sociaux, comme étant corrompues.
Sont passées à la trappe des dizaines de personnes avec des interdictions de voyage et des assignations à résidence abusives.
Mais ce n'est rien en comparaison à ce qu'ont subi les anciens ministres Noureddine Bhiri, Samir Taïeb et Mehdi Ben Gharbia.
Le premier a été kidnappé par des policiers pour être placé à l'isolement dans un dépôt du ministère de l'Agriculture situé dans un no man's land, sans aucun respect de ses moindres droits.
Après plus de deux mois de détention, et une grève de la faim sauvage, il a été libéré sans aucune charge retenue contre lui. Il n'a même pas été interrogé par un policier ou un juge ! Pourtant, force est de rappeler que le ministre de l'Intérieur en personne a déclaré publiquement que M. Bhiri était impliqué dans une affaire de falsification de passeports et de terrorisme ! L'affaire a fait pschitt…
L'autre cas spectaculaire est celui de l'ancien ministre de l'Agriculture Samir Taïeb. Avec un homme d'affaire de renom, il a été jeté en prison, pendant des mois, le temps de l'instruction. Durant cette période, qu'est-ce qu'on n'a pas dit sur les réseaux sociaux pour les accabler. L'affaire a fait pschitt de nouveau. M. Taïeb après cette terrible épreuve a annoncé quitter définitivement la politique. Et, bien sûr, personne pour s'excuser des accusations qu'il a proférées contre lui.

Idem pour l'ancien gouverneur de la Manouba, libéré après des mois d'instruction sans résultat probant, sachant que sa fille est décédée pendant qu'il était en prison.
Le cas le plus terrible est, indéniablement, celui de l'ancien ministre des Droits de l'Homme, Mehdi Ben Gharbia. Il a fait l'objet de plusieurs cabales médiatiques, des dizaines de publications sur Facebook et de tentatives de racket (pour 50 mille dinars) pour faire cesser les campagnes hostiles.
La justice prend l'affaire en main et considère pour de l'argent comptant ce qui se raconte sur lui dans les médias et les réseaux sociaux. Il est jeté en prison au mois d'octobre 2021 et il y est encore, ainsi que le directeur de sa société.
Pourtant, par deux fois, le juge d'instruction chargé de son dossier décide de sa libération, car le prévenu a réussi à prouver l'origine de ses biens et la légalité de l'ensemble des transactions de son entreprise. L'affaire sera examinée (on ne sait pas quand) par une chambre pénale et ses avocats sont certains qu'il va être relaxé au vu des preuves d'innocence qu'ils ont présentés.
Autre cas d'ancienne personnalité politique jetée en prison et lynchée médiatiquement, celui de l'ancien député Lotfi Ali. Ici aussi, d'après ses avocats, le dossier est vide et il n'y a rien de probant qui l'accable.

Que ces gens-là soient coupables ou pas, le fait est que leur présomption d'innocence durant l'instruction a été bafouée.
Ils sont humiliés, leur honneur est bafoué, leur réputation sur les moteurs de recherche est ternie et ce pendant des mois. Après leur acquittement, ils ont juste droit à un entrefilet ou à un petit article annonçant leur acquittement.
Qui va les dédommager du préjudice subi ? Certains préjudices ne s'effacent jamais de la mémoire et ne portent pas atteinte uniquement à leur personne, mais aussi à leur famille et leur entourage, voire à tout le pays !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.