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Kaïs Saïed, la tête dans le sable
Publié dans Business News le 26 - 09 - 2022

Les faits saillants du week-end. Manifestations à Douar Hicher contre l'inflation. Un jeune vendeur ambulant se suicide par pendaison à Mornag après la confiscation de sa balance. Un quadragénaire se suicide en s'immolant par le feu à Tunis par désespoir.
Les faits saillants de la semaine. Le feuilleton judiciaire des auditions des islamistes dans l'affaire des voyages des terroristes vers la Syrie et l'Irak s'est soldé par une libération de l'ensemble des islamistes convoqués et mis en garde à vue. Le juge d'instruction n'a rien trouvé de probant pour justifier une quelconque mise en examen, ni même une interdiction de voyage. L'instruction continue, mais en attendant, tout le monde rentre chez lui.

En dépit de la gravité de ces faits saillants, ce qui a fait le buzz ces trois derniers jours, c'est l'histoire de la commande de viande de la présidence de la République. L'opposition s'en est donnée à cœur joie pour souffler sur les braises et crier au scandale. Les rédacteurs en chef de Business News ont choisi de zapper totalement le sujet, estimant que ce n'en est pas un. 1,2 million de dinars (375 mille €) de viande ce n'est rien quand on sait que le budget de la présidence inclut les milliers d'agents de la garde présidentielle et que la commande s'est faite à la veille du sommet afro-japonais Ticad. Rien de plus normal.
Ce n'est cependant pas l'avis de centaines de milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux néophytes qui estiment le chiffre indécent. Ce n'est pas non plus l'avis d'une certaine opposition (notamment islamiste) loin d'être néophyte et qui a fait preuve d'une mauvaise foi extraordinaire pour tacler le président de la République et son soi-disant train de vie fastueux.
Et c'est normal. Le président de la République ne rate aucune occasion pour faire du populisme. Pourquoi donc l'opposition devrait s'en priver ? Quand on essaie de gruger la population avec des spéculateurs imaginaires, des ennemis irréels et des complots chimériques, il devient légitime que l'opposition manipule cette même population avec des sujets capillotractés. Les islamistes ne font que rendre la monnaie de sa pièce à Kaïs Saïed. Bravo chers barbus, quand votre adversaire vous tend un bâton, ce serait stupide de ne pas le battre avec.

Les deux faits saillants de la semaine qui méritent toute l'attention n'ont quasiment fait aucune apparition sur les réseaux sociaux et les médias tunisiens. En dépit de leur importance.
Dans un monde parfait, médias, politiciens, politologues et économistes ne devaient hier parler que de la victoire de Giorgia Meloni, figure de l'extrême droite italienne.
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En dépit de la réalité géographique, l'Italie est plus proche de la Tunisie que la Libye et l'Algérie.
En dépit de la réalité historique, l'Italie est plus proche de la Tunisie que la France.
Pourquoi est-elle plus proche ?
Le nombre de Tunisiens résidant en Italie est supérieur à ceux résidant en Algérie et en Libye réunies.
L'écrasante majorité des clandestins tunisiens se trouve ou migre par l'Italie.
Nos exportations vers l'Italie sont nettement supérieures à celles vers l'Algérie et la Libye réunies (8,57 milliards de dinars, contre respectivement 661 millions et 1,8 milliard de dinars).
Nos importations de l'Italie sont nettement supérieures que celles de l'Algérie (gaz compris) et la Libye réunies (8,47 milliards de dinars contre respectivement 2,21 milliards et 216 millions).
C'est d'une évidence, ce qui se passe en Italie concerne la Tunisie. La victoire de l'extrême droite italienne aura un inévitable effet sur la Tunisie.
Qu'a-t-on préparé pour traiter avec Mme Meloni et son équipe ? Rien ! Le sujet n'a même pas été évoqué. Le ministre des Affaires étrangères Othman Jerandi oscille entre la politique de l'autruche et celle du béni-oui-oui, alors que Kaïs Saïed (si ça se trouve) n'est même pas au courant des élections italiennes.
Pire. On avait un excellent ambassadeur à Rome, cent mille fois mieux qualifié que son ministre. On a choisi de le rappeler, sans nommer son successeur et sans même attendre l'issue des élections pour qu'il nous briefe sur la nouvelle composition gouvernementale italienne.

Le deuxième fait saillant de la semaine et qui n'a fait l'objet d'aucun débat public ou d'analyses dans les médias, c'est incontestablement celui de l'arrêt de la Cour africaine des Droits de l'Homme et des peuples.
Un arrêt qui épingle le décret 117 de Kaïs Saïed et qui l'invite à un retour à la démocratie et au respect des institutions.
Par le passé, le président de la République s'est moqué des agences internationales de notation qu'il a qualifiées d'Ommek Saneffa, nom d'un célèbre ouvrage de cuisine tunisienne et ce dans un jeu de mots qui se prétend drôle. C'était après que l'une d'elles a dégradé la notation souveraine de la Tunisie.
Kaïs Saïed s'est également moqué de la Commission de Venise sur qui il a tiré à boulets rouges et dont il a expulsé les membres. C'était après la publication d'un rapport cinglant sur la situation constitutionnelle et donc politique en Tunisie.
Dans un cas comme dans l'autre, Kaïs Saïed a brillé par son ignorance du poids de ces organismes internationaux. Dans un cas comme dans l'autre, Othman Jerandi a brillé par son silence et sa sujétion. Pire, devant son président, il n'a prononcé qu'une seule phrase à propos de la Commission de Venise et elle était fausse !
L'arrêt de la Cour africaine des Droits de l'Homme et des peuples aurait dû monopoliser tout le débat public depuis sa publication jeudi dernier.
Kaïs Saïed a fait comme si de rien n'était et Othman Jerandi a fait ce qu'il sait accomplir le mieux, jouer à l'autruche, la tête dans le sable.

Ce que Kaïs Saïed ignore et ce que Othman Jerandi feint d'ignorer est que l'arrêt de la Cour africaine, succédant à la dégradation de notes souveraines et d'avis défavorable de la Commission de Venise, va avoir des incidences sur les rapports internationaux de la Tunisie et l'accès aux crédits.
Quoiqu'il pense de sa petite personne, et quoique pensent de lui ses aficionados, Kaïs Saïed est considéré comme un dictateur par ces organismes internationaux. Il a beau les tourner en dérision avec ses petites phrases lourdingues sur Ommek Sannefa et les gondoliers de Venise, ils le considèrent comme un voyou politique.
Qu'il le veuille ou pas, ces organismes ont un poids véritable, une extraordinaire capacité d'influence et une redoutable capacité de nuisance.
Le fait de mettre sa tête dans le sable et de faire comme si de rien n'était, ne changera rien à la situation. La Tunisie est considérée désormais comme un Etat voyou par une cour africaine et ceci devrait faire réfléchir (et réagir) le président de la République et son valet des Affaires étrangères.

Pour résoudre les problèmes politico-économiques, Kaïs Saïed crie sur tous les toits qu'il faut adopter de nouvelles visions politiques et stratégiques, différentes de celles pratiquées jusque-là. « El mouqarabat el jedida », dit-il.
Quatorze mois après son putsch et son pouvoir totalitaire, on ne voit toujours pas les fruits de cette nouvelle gouvernance.
La Tunisie est plus endettée que jamais et n'a même pas réussi à décrocher un crédit au FMI, alors que celui-ci est écrit noir sur blanc dans le budget 2022 et devait être versé à la fin du premier trimestre. C'est ça la nouvelle gouvernance ? Souscrire des crédits et aller au FMI ?
La soi-disant nouvelle gouvernance et idées neuves de Kaïs Saïed ont généré de l'inflation, de l'endettement, des pénuries, du rationnement et du désespoir poussant au suicide.
Il s'est moqué des Américains de Fitch et Moody's, il a renvoyé les Européens de Venise, il a fâché les Marocains, il a méprisé les Africains et il n'a aucun contact avec son deuxième partenaire international, l'Italie.
Elle est jolie la nouvelle gouvernance de Kaïs Saïed ! « Grâce » à elle, la Tunisie est considérée comme un Etat voyou !


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