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Un gouvernement ivre d'impôts
Publié dans Business News le 21 - 12 - 2022

Le gouvernement tunisien ne sait plus où donner de la tête. Complétement obsédé par la nécessité de remplir ses caisses, l'Etat tunisien n'hésite pas à détruire des secteurs entiers et à sérieusement mettre en péril le portefeuille du citoyen. Il est vrai que devant l'éventualité d'obtenir un prêt du Fonds monétaire international qui s'éloigne, il y a de quoi paniquer. Surtout pour un ministère des Finances qui avait prévu, on ne sait sur quelle base, de l'obtenir au premier trimestre. Dans cette configuration, et à l'instar de tous les gouvernements depuis la révolution de 2011, on demandera aux consommateurs d'alcool de raquer.
Le gouvernement va demander aux grossistes des boissons alcoolisées de payer cinq fois le montant des impôts dû et en avance ! Pour rester bénéficiaires malgré cette mesure, les grossistes des boissons alcoolisées devraient augmenter leurs prix de près de 40%. Il est totalement inconcevable que l'augmentation soit aussi brutale mais les grossistes devront, quand même, augmenter substantiellement leurs prix. Par conséquent, ce sera au citoyen tunisien consommateur d'alcool de payer bien plus cher.

Il faut dire que cette démarche ressemble à ce qu'ont fait les gouvernements précédents, même si la démarche actuelle est bien plus brutale. L'Etat tunisien aura beau vivre, en partie des revenus de la vente d'alcool, il n'a aucun scrupule à augmenter continuellement les prix puisque les consommateurs ne sont pas « de bons musulmans ». Dans notre pays, on considère que tout le monde est musulman et par conséquent, personne ne boit d'alcool. Tout le monde serait pieux, ferait la prière et jeûnerait pendant le ramadan dans un exercice d'hypocrisie millénaire dont seule la Tunisie a le secret. Donc, les buveurs d'alcool devraient s'estimer heureux de pouvoir ne serait-ce qu'exister. L'Etat tunisien a toujours eu cette vision conservatrice et moralisatrice envers cette frange de la population qui est, en fait, une majorité. Il plonge allégrement la main dans leur portefeuille étant pratiquement sûr qu'aucune contestation ne suivra et qu'ils courberont l'échine sous le poids d'une certaine honte sociale. Que ces ivrognes payent ! Ils devraient déjà avoir honte ! Sauf que tout le monde, ou presque, en Tunisie consomme de l'alcool. S'agissant du vin par exemple, il faut se rappeler qu'il s'agit d'une tradition millénaire dans notre pays et que nous avons des traditions de consommation et de production depuis le célèbre Magon le Carthaginois. C'est justement parce qu'il existe une majorité en Tunisie de consommateurs d'alcool que nous battons tous les records régionaux en termes de litres consommés. Et c'est justement parce qu'il s'agit d'une majorité, que l'Etat tape dans leurs poches, sinon ce ne serait pas intéressant.
En plus, ce gouvernement s'y prend de la pire des manières. Quand on veut collecter de l'impôt pour payer, par exemple, des élections qui n'intéressent personne, il faut surtout éviter de tuer la vache à lait. Dans l'objectif de tenter de boucler ses dépenses pour 2023, le gouvernement est prêt à faire tarir la source des impôts pour 2024. Le seul ministre des différents gouvernements à avoir su comment traiter la question est feu Slim Chaker quand il avait baissé les droits de consommation sur les spiritueux. Cela avait permis d'élargir l'assiette et donc de quintupler les montants perçus en droits de consommation sur ce type de boissons. La recette est là, elle a été testée et a donné de très bons résultats. Donc, le gouvernement actuel fait totalement l'inverse !

Le pire c'est que le gouvernement fait preuve d'incompétence caractérisée. Premièrement, il semble ignorer totalement les montants qui sont en jeu. Comment peut-on demander à une entreprise, quel que soit son secteur d'activité, de payer en avance un impôt largement supérieur à son bénéfice net ? Ou bien on veut sciemment tuer ce secteur d'activité, ou bien on n'a aucune idée de combien gagne ce genre d'entreprise. Dans les deux cas, c'est un signe flagrant d'incompétence et de méconnaissance du secteur. Du côté du consommateur de boissons alcoolisées, deux conséquences principales sont à prévoir : certains réduiront drastiquement leur consommation d'alcool car le prix des boissons deviendra rédhibitoire ce qui engendrera un manque à gagner pour les entreprises et donc pour l'Etat qui collectera moins d'impôt. L'autre conséquence évidente pour ceux qui ne réduiront pas leur consommation est de s'adresser au marché parallèle. La mesure prise par feu Slim Chaker avait complétement asséché le marché parallèle de vente de spiritueux puisque le jeu n'en valait plus la chandelle. Si le gouvernement met en pratique sa mesure concernant les grossistes de boissons alcoolisées, le marché parallèle retrouvera beaucoup de clients et de vigueur. Mais encore faut-il que les clients aient les moyens, car ceux qui ne les ont pas iront boire l'alcool frelaté des distilleries illégales de tequila par exemple. Ils iront mettre leurs vies en danger en consommant des substances nocives et suspectes à bas prix.

Par ce genre de mesures, le gouvernement prouve, encore une fois, que le bien-être des Tunisiens n'est pas une priorité devant l'obligation de ramasser de l'argent pour renflouer les caisses de l'Etat. Ce gouvernement refuse de payer les boulangers pour la compensation, refuse de payer les éleveurs de bétail pour ne pas revivre de pénurie de lait, refuse d'investir sous prétexte de difficultés financières. Ce gouvernement a proposé au FMI de vendre quelques entreprises publiques et s'apprête à lever totalement la compensation. Ce gouvernement braconne sur différents secteurs comme les grossistes répartiteurs de médicaments ou encore les grossistes de vente d'alcool. Ce gouvernement est ivre d'impôts et n'a aucune autre vision que celle de prélever de l'argent peu importe le coût payé par le tissu économique ou par le citoyen. Pourtant, en consultant les livres d'Histoire de la Tunisie, il est facile de voir que toutes les révolutions, tous les mouvements sociaux ont commencé avec une fiscalité affligeante.


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