Un conseil ministériel restreint, présidé par la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani à la Kasbah, s'est tenu, mardi 25 mars 2025, pour examiner le projet de l'amendement de la loi n°35 de 2016, portant fixation statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Une conseil qui fait suite à la réunion tenue entre le président de la République, Kaïs Saïed, et le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhair Nouri, vendredi 21 mars 2025, et lors de laquelle le chef de l'Etat a nommant souligné l'importance de réviser la loi régissant l'autorité monétaire afin qu'elle puisse jouer un rôle plus efficace dans la lutte contre les défis financiers et contribuer davantage au soutien de l'économie nationale.
Commentant ces récents événements, l'économiste et analyste financier Moez Hadidane a indiqué, mercredi 26 mars 2025, que la loi n°35 de 2016 fixe le travail de la BCT, son organisation, sa gouvernance, la politique monétaire, la transparence, ses obligations. C'est une loi qui consacre l'indépendance de la politique monétaire de l'autorité monétaire. Et de noter, au micro de Wassim Ben Larbi dans l'émission Expresso sur Express Fm, qu'il y a plusieurs amalgames, certains affirmant que cette loi avait interdit l'emprunt direct de l'Etat auprès de l'institution. Or, cet interdit existe depuis 2006, après l'amendement de la loi de 2001. L'amendement visé aujourd'hui, touche certains articles de la loi de 2016, notamment ceux qui consacrent son indépendance dans la politique monétaire, le financement du budget de l'Etat ainsi que sa relation avec les banques et avec la fixation du taux d'intérêt directeur.
M. Hadidane pense qu'il est probable que la BCT baisse son taux directeur, à l'issue de la réunion de son conseil d'administration prévue le jour même, à cause notamment du trend baissier de l'inflation générale et sous-jacente. Si on compare le taux d'inflation actuel de 5,7% au taux d'intérêt directeur de 8%, cela permet de conclure que le taux d'intérêt réel est de 2,3%, qui est un taux important qui donne à la BCT une marge de manœuvre en baissant son taux directeur. Cela dit, l'autorité monétaire demeure prudente quant à la baisse du taux directeur, en prévision d'une possible hausse de l'inflation. L'expert a rappelé que le recours de l'Etat à l'emprunt direct auprès de l'institution lui a permis de bénéficier de financement (quatorze milliards de dinars entre 2024 et 2025) à zéro intérêts. Baissé le taux directeur, permettra, selon lui, de traiter tous les agents économiques sur le même pied d'égalité. En parallèle, il a noté que baisser le taux directeur permettrait d'encourager l'investissement pour booster la croissance économique et baisser le chômage. Ces facteurs outre les récentes rencontres, font que les objectifs du gouvernement et de la BCT sont communs et peuvent déboucher sur une baisse du taux d'intérêt directeur. Et d'indiquer que la baisse décidée permettra de déterminer le degré de prudence de la BCT ainsi que ses prévisions avenirs.
Rappelons que le taux d'intérêt directeur n'a pas été changé depuis 2022.