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Sécuriser les jeunes médecins… pour mieux les faire fuir
Publié dans Business News le 17 - 06 - 2025

On pourrait croire qu'un chiffre aussi alarmant — 90% des jeunes médecins tunisiens envisagent ou souhaitent émigrer (selon l'Organisation des Jeunes médecins) — déclencherait une onde de choc dans les hautes sphères de la santé publique. Que nenni. Ce chiffre, au contraire, semble susciter une série de décisions et d'attitudes qui ne font qu'accentuer le malaise, voire creuser davantage le gouffre de la fuite.

Un choix des centres placé sous haute surveillance
Le dernier épisode en date illustre bien cette dynamique perverse. Le choix des centres de stages, étape cruciale dans la carrière des jeunes médecins, est devenu le cœur des tensions. Plutôt que de le traiter avec le respect et la transparence nécessaires, le ministère décide de déplacer cette sélection hors des facultés de médecine et des hôpitaux, en y envoyant des policiers en civil pour « sécuriser » l'opération. Sécuriser, certes… mais contre qui ? Contre quoi ? Ce déploiement sécuritaire a profondément choqué les futurs médecins, qui y voient une menace plus qu'un accompagnement, et ont réagi par un boycott ferme de cinq jours.
La symbolique est lourde de sens : les autorités semblent davantage craindre ces jeunes professionnels que vouloir les accompagner et les soutenir. Ce forcing bureaucratique révèle une posture où l'on préfère aliéner ceux qui devraient être le cœur du système plutôt que de travailler avec eux. Ces jeunes médecins sont traités comme un troupeau à canaliser, une main-d'œuvre corvéable à merci, une ressource bon marché à faire taire, accepter et subir. Cette logique n'est malheureusement pas nouvelle, mais constitue le noyau dur des tensions entre les jeunes médecins et le pouvoir, et ce depuis des années.

Hôpitaux en détresse et conditions indignes
Pendant que ce théâtre se joue, la réalité hospitalière est accablante. Des gardes non rémunérées, des heures non reconnues, des stages validés au bon vouloir d'enseignants souvent peu soucieux du bien-être de leurs stagiaires. Cette organisation frôle l'esclavagisme, selon plusieurs témoignages. Face à ce constat, la réponse officielle reste timide, voire inexistante, se contentant d'effets d'annonce creux au lieu d'engager des réformes profondes et durables.
Le ministère a certes annoncé des mesures incitatives — comme la prime mensuelle de 2.000 dinars pour les jeunes médecins en service national — mais ces palliatifs, arrivés après des années d'abandon et de déni, ne suffisent pas à éteindre la colère ni à retenir les talents. Personne ne se laisse duper.
Paradoxalement, la voix officielle répète à l'envi vouloir que les médecins restent et que ceux partis reviennent. Dans la réalité, les jeunes médecins mènent le même combat contre chaque nouvelle nomination ministérielle, nourrissant à chaque fois l'espoir vain que cette fois sera différente.

Un système au bord de l'effondrement
L'ironie du sort veut que ces jeunes médecins, malgré tout, soient les piliers invisibles d'un système de santé public maltraité, le dernier rempart d'un édifice fragile qui menace de s'effondrer. Leur refus de jouer le rôle de figurants dans ce système qu'ils rejettent est une réponse parfaitement logique et un signe fort.
Le malaise dépasse largement la question du choix des centres de stage sous contrôle policier ou des rémunérations insuffisantes. Il révèle une absence criante de vision et de respect, qui s'accroît année après année.
Plutôt que d'ouvrir un dialogue sincère, les autorités imposent un choix des postes sous escorte policière. Cette posture ne fait que creuser le fossé avec une génération qui a déjà décidé de chercher ailleurs un avenir plus digne. La grève intermittente depuis plusieurs semaines — la troisième en quelques mois — illustre cette détermination, ce refus de se laisser marginaliser davantage. Ce mouvement ne traduit pas un simple mécontentement, mais un appel à la raison et à la responsabilité.

Un avenir en péril
Pousser ces jeunes médecins à davantage de désespoir et d'abandon, c'est condamner la santé publique tunisienne à une lente agonie. C'est signer l'échec d'un Etat qui renonce à sa mission fondamentale : garantir la santé de tous. Tant que ce mal-être profond ne sera pas entendu et traité dans sa globalité — avec des réformes courageuses, un respect sincère des acteurs et des conditions de travail dignes —, la fuite des médecins - mais pas seulement - continuera de creuser le fossé entre la population et un système de santé à bout de souffle.
Il est grand temps que les autorités cessent le forcing - inutile - et qu'elles s'engagent véritablement dans une refondation du secteur, avec les jeunes médecins comme partenaires et non comme ennemis. Sinon, il faudra accepter l'idée que la Tunisie, pays autrefois réputé pour la qualité de sa médecine, se condamne elle-même à devenir un désert médical, vidé de ses forces vives...


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