Le chantier du Mall d'Ennasr est à l'arrêt depuis près de deux ans, à la suite de l'arrestation de son promoteur Maher Chaâbane. Depuis, rien n'a bougé. Les travaux abandonnés ont laissé place à un immense squelette de béton et d'acier, planté au cœur d'un quartier résidentiel. Des grues figées, des madriers coincés à la va-vite, des blocs de béton inachevés : autant de pièges suspendus dans le vide. Le Mall s'est transformé en menace permanente pour les habitants, qui vivent chaque jour sous la peur d'un drame. À l'entrée de la rue, une grue géante domine le quartier. Son bras métallique traverse littéralement l'avenue de l'ère nouvelle, survolant les habitations et la chaussée. Le contraste est saisissant : un ciel bleu paisible au-dessus d'un quartier prospère, mais une masse d'acier de plusieurs tonnes prête à basculer au moindre coup de vent. L'image évoque moins un projet de développement urbain qu'une épée de Damoclès suspendue au-dessus des riverains.
Des madriers suspendus dans le vide Les dangers ne se limitent pas aux engins. Les photos parlent d'elles-mêmes : sur les façades inachevées, des madriers de chantier dépassent des balcons ouverts, coincés de manière précaire dans la structure. Certains pendent à plusieurs mètres du sol, menaçant de s'écraser sur les passants ou sur les voitures en contrebas. Plus haut, d'autres planches sont restées accrochées aux échafaudages, prêtes à s'envoler lors des prochains vents violents. On ne compte plus les morceaux de bois et de métal capables de se transformer en projectiles meurtriers. Dans un témoignage adressé à la municipalité, une résidente du quartier tire la sonnette d'alarme : « Il y a un danger réel avec la présence du complexe commercial Ennasr Mall dont les travaux sont arrêtés depuis près de deux ans. Trois grues immenses dominent la zone, dont l'une installée au-dessus de la rue et des logements voisins. Des madriers pendent encore sur les balcons et pourraient s'envoler à tout moment, menaçant les passants et les véhicules. Le plus inquiétant, c'est que cette zone est située juste à côté d'une école primaire et d'un collège. Nous attendons une intervention urgente avant la rentrée scolaire. »
Une urgence avant la catastrophe À Ennasr, ce chantier n'est pas qu'un décor d'abandon : il est devenu une menace publique. Chaque rafale de vent, chaque changement de météo peut transformer cette carcasse en zone de désastre. Dans un pays où la prévention est trop souvent reléguée au second plan, l'indifférence des autorités face à ce risque majeur est incompréhensible. L'appel des habitants est clair : avant qu'une tragédie n'éclate, il faut intervenir. Démanteler les grues, sécuriser les matériaux suspendus, fermer la zone. On précise que le chantier se trouve sur une des artères les plus fréquentées de la cité Ennasr, entre deux cliniques et mitoyen d'une école et d'un collège.