Le président de la République, Kaïs Saïed a présidé, vendredi 29 août, un Conseil des ministres placé sous le signe de l'Etat social, de la lutte contre la spéculation et de la défense du peuple présenté comme « rempart » face aux complots. Il a aussi insisté sur la rentrée scolaire et universitaire, avant d'appeler à une triple révolution : législative, administrative et culturelle. Un communiqué de Carthage, publié à 3h45, précise que le chef de l'Etat a entamé cette réunion en affirmant que « la Tunisie poursuit son chemin en avant, malgré de nombreux phénomènes anormaux affectant le fonctionnement de certains services publics ». Il a souligné, dans ce contexte, que « la conscience du peuple tunisien et sa compréhension de toutes les vérités et de tous les détails déjoueront les tentatives de semer le doute, le désespoir et la démoralisation ». Il a assuré que les choix du peuple trouveront leur voie vers la concrétisation, « malgré les manœuvres des comploteurs », précisant que « ces pratiques et phénomènes anormaux sont bien connus, leurs sources identifiées et leurs desseins éventés ». Le président a insisté sur le fait que « le plus grand rempart reste la profonde conscience du peuple tunisien, en ce moment de discernement, avec une volonté ferme de faire face à tous les défis ».
Par ailleurs, Kaïs Saïed a rappelé que l'Etat social n'est pas un simple slogan, et qu'il ne concerne pas un seul secteur, mais bien l'ensemble des secteurs et la patrie tout entière. Il a précisé que toutes les législations doivent répondre aux attentes du peuple, et que « ceux qui en assurent l'exécution doivent y croire ». Il a enchaîné en affirmant que « la voie doit être raccourcie et la reddition de comptes doit se poursuivre conformément à la loi ». Et d''ajouter que « ceux dont le chômage s'est prolongé verront bientôt tous les obstacles levés afin qu'ils obtiennent leurs droits légitimes. Quant aux diplômés, animés par l'esprit des combattants sur le front, ils n'accepteront rien d'autre que la victoire : les horizons qu'ils attendent s'ouvriront bientôt devant eux ».
La réunion a également abordé la question des circuits de distribution et la nécessité d'élaborer une nouvelle conception à ce sujet, le président estimant que les approches anciennes n'ont pas donné de résultats concrets correspondant au pouvoir d'achat du citoyen. « Cela impose une nouvelle démarche qui mette définitivement fin à la spéculation, au monopole et aux pratiques des lobbys qui croyaient pouvoir se dissimuler. Leurs agissements sont désormais dévoilés et les derniers artifices qui couvraient leurs turpitudes et celles de ceux qui se sont infiltrés dans les rouages de nombreuses institutions sont tombés. Ces individus ne resteront pas impunis. Car le droit du citoyen à la dignité et à la justice est un droit sacré, qu'aucun ne corrompu ni leurs alliés ne sauraient bafouer impunément ».
Le président de la République a par la suite évoqué la prochaine rentrée scolaire et universitaire, en soulignant qu'il ne s'agit pas d'un événement ordinaire, mais d'un investissement dans l'avenir du pays et de ses générations futures. Il a mis en avant l'importance de cette échéance qui concerne des millions d'élèves, d'étudiants et de familles, insistant sur la nécessité de garantir toutes les conditions favorables à sa réussite. Cela requiert, selon lui, la mobilisation de tous les efforts pour assurer la disponibilité des manuels et fournitures scolaires dans les délais, contrôler la qualité du matériel scolaire, sécuriser et entretenir les établissements éducatifs et universitaires, ainsi qu'organiser de manière rigoureuse le transport scolaire et universitaire. En conclusion, le président de la République a affirmé que la révolution législative, à elle seule, ne suffit pas. « Elle doit être accompagnée d'une révolution administrative, couronnée à son tour par une révolution culturelle, qui empêchera tout retour en arrière vers un passé honni ». « Car les objectifs ne s'atteignent ni par les promesses ni par les vœux, mais par la force contraignante d'un droit juste ».
Ce communiqué, qui reprend presque tous les éléments de langage et les thèmes chers à Kaïs Saïed, sonne comme un condensé de sa vision politique, déjà largement répétée ces dernières années. Entre l'Etat social, la lutte contre les lobbys, la défense d'un peuple « conscient » et la promesse de réformes profondes, le texte se voudrait une déclaration de rentrée politique, où toutes les balises habituelles sont pratiquement réunies en un seul message.