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Publié dans Business News le 17 - 03 - 2008

Quel regard, les jeunes tunisiens portent-ils sur les médias d'une façon générale et les médias nationaux en particulier, est une question que les journalistes se posent assez souvent. Le sujet attire également l'attention de hauts responsables de l'administration et la réponse n'est pas aussi évidente. Chacun peut se la poser d'un angle bien précis, tantôt par rapport à son propre produit s'agissant d'un bon journaliste ou patron de presse. Et tantôt vis-à-vis de tout le secteur de l'information en ce qui concerne les décideurs. Partant de ce fait et dans une perspective d'autocritique qui entoure le travail de tout bon journaliste, il est important de sonder l'avis de cette catégorie de consommateurs qui représente la majeure partie de la population. D'autant plus que les médias étrangers ne lésinent aucunement sur les moyens de tentation et d'accroche. Zoom sur les résultats de cet aspect abordé lors de la consultation nationale sur la jeunesse réalisée en 2005.
Les sujets traités par la consultation nationale sur la jeunesse réalisée ont été fort nombreux. Ses résultats bénéficient d'une très grande attention et sont observés à la loupe. Les médias ne font pas défaut et figurent en tant qu'un des thèmes soumis aux jugements de cette catégorie. Les résultats présentés récemment par l'Observatoire de la Jeunesse en disent long sur la consommation de l'information de tout genre qu'elle soit. Le désintéressement revient tel un leitmotiv durant les différentes composantes de ce travail. A vrai dire, il en ressort clairement que la presse en ligne est en train de gagner remarquablement du terrain. Il s'agit désormais d'une véritable menace pour nos supports papier qui n'arrivent pas, d'après les chiffres, à accrocher les jeunes tunisiens.
En effet, la presse écrite tunisienne est loin d'être le dada de ces jeunes qui ne lisent pas non plus les supports étrangers. Pour la presse importée, le problème est plutôt pécuniaire. La consultation révèle à ce titre que les prix de ces publications demeurent inaccessibles aux yeux de notre jeunesse. L'argument est également brandi par d'autres tranches de la population. En revanche, on s'interroge ce qui empêcherait un jeune qui trouve les moyens de se payer un café dans un salon de thé où les tarifs ne sont pas cléments, de trouver les moyens d'aller régulièrement au stade ou à des soirées dansantes où la moindre consommation n'est pas donnée, d'acheter un journal ou un magazine tunisiens ? Peut-on conclure que l'on n'hésite jamais à dépenser pour ses loisirs et qu'on fait toujours des petits calculs d'épicier pour sa culture et son information ?
On s'interrogera également sur les raisons du non-intérêt de certains étudiants de l'Institut de presse ! Nous avons eu à faire face à des maîtrisards spécialisés en presse électronique incapables de citer un journal électronique tunisien (ou français d'ailleurs) ou encore une « maîtrisarde » de ce même institut qui s'interroge, lors d'un entretien d'embauche, si le journal Assabah est quotidien ou hebdomadaire ! S'agissant du plus grand quotidien en langue arabe dans le pays, il y a de quoi tirer une sonnette d'alarme !
D'après les chiffres qui remontent à 2004, 68,5% des jeunes déclarent jeter un coup d'œil sur la presse locale, mais d'une manière irrégulière. 22,4% y renoncent carrément. L'ensemble de ces jeunes avoue que ces supports ne reflètent pas leurs préoccupations.
M. Salaheddine Dridi, directeur général de l'Information en Tunisie, chercheur et professeur universitaire relativise ces résultats et affirme qu'on ne devrait pas s'étonner de cet état de lieux. A son sens, la faible consommation de la presse écrite relève de l'évidence. Toujours est-il qu'il faut chercher à en comprendre les causes. Et de s'interroger si on devrait désormais considérer l'information destinée aux jeunes en tant que spécialité à part entière ? Si c'est le cas, comment écrire alors pour les jeunes et avec les jeunes ? Et comment les jeunes pourraient-ils écrire pour eux-mêmes ? Mais la question fondamentale posée par M. Dridi, est si les jeunes seraient en train de migrer vers les supports électroniques ? D'ailleurs, et à la lumière de la communication de M. Mohamed Missaoui, PDG de l'agence de presse tunisienne TAP, l'expansion de l'Internet constitue une véritable menace pour le papier. Chose qui devrait inciter les supports en question à se lancer peut-être sur la toile pour capter les jeunes. Or il va sans dire que les sites web de la plupart des supports papier, si jamais ils en ont un, présentent très souvent des défaillances à différents niveaux et se contentent tous de mettre en ligne leur contenu papier. Il ne s'agit donc pas de journal électronique, contrairement aux médias européens et arabes qui mettent en ligne un contenu spécifique au support en ligne qui bénéficie d'un traitement à part tels Le Nouvel Obs, l'Express, Al Jazeera, etc.
Pour justifier leur non lecture de médias locaux, les jeunes pointent du doigt le contenu.
A ce titre, le PDG de la TAP reprend cette question dans son intervention. Citant l'avis des jeunes sondés, ils s'arrêtent d'abord sur la rareté des titres tunisiens spécialisés. Ensuite, il souligne un autre point très important qui ressort de ces statistiques et qui a trait au sensationnel consacré par plusieurs supports dans une optique purement commerciale ; laquelle demeure prépondérante dans le produit de la presse écrite qui néglige par ailleurs le volet des services. Et c'est entre-autres raisons qui amènent ces jeunes à surfer sur le net à la recherche de tel ou autre service utile pour chacun en fonction de ses attentes.
Cela étant, le Directeur de l'Information recadre ce travail qui présente, à son avis, des résultats « relatifs ». En raison de la date de sa réalisation, tout d'abord. Cette enquête a été menée à la veille du SMSI (fin 2005), d'où la faible utilisation d'Internet par bon nombre de jeunes interviewés. 57% d'entre eux ont déclaré n'en avoir aucune idée, contre 35% qui s'y connaissent un peu. A préciser que la majorité des adeptes du net de l'époque, surfent dans les publinets. Le second point souligné par M. Salaheddine Dridi quant à la relativité de ces résultats, est que le travail a été réalisé avant les évolutions qu'a connues le paysage médiatique tunisien et la naissance de nouveaux titres et supports. Ce détail est à prendre en considération pour relativiser l'étude.
La plupart des jeunes sondés (66,6%), ont déclaré n'écouter qu'occasionnellement les stations de radio tunisiennes, contre 22,9% qui suivent régulièrement des émissions radiophoniques. Pour ces derniers, Mosaïque les retient essentiellement avec sa musique et ses talk-shows. Quant à Radio Jeunes, elle brille à leurs yeux par ses variétés et ses jeux et concours. Pour le reste des auditeurs potentiels, 10,6% n'allument jamais un poste de radio. « La radio est désormais appelée à se réinventer », commentera M. Dridi.
S'agissant de la télévision, elle accapare l'intérêt d'une bonne partie des jeunes et notamment les enfants, de quoi inquiéter les spécialistes de l'éducation qui tirent la sonnette d'alarme. D'après les statistiques, 70,2% des jeunes sondés regardent Tunis7 contre 57,3% qui se ruent vers les chaînes satellitaires arabes. Sur la télé nationale, ils suivent le sport, les feuilletons, les infos et les émissions de débat. Ils zappent pratiquement pour les mêmes raisons avec une tendance particulière vers la musique et les feuilletons qu'ils cherchent sur les chaînes arabes. 48,9% s'arrêtent sur Tunisie 21 pour regarder la musique également. Quant aux chaînes européennes, elles attirent 32,3% des jeunes téléphiles qui déclarent s'intéresser aux films et aux programmes scientifiques. Les chaînes maghrébines ne retiennent que 18,2% de ce public.
En dépit de cette bonne majorité qui ne renonce pas à la télé nationale, le contenu est jugé moyen par 46,6% des fidèles de Tunis7 et 39,9% des téléspectateurs de Tunisie21. Ils exigent dans ce cas davantage de qualité et de proximité.
En effet, la télévision tunisienne est appelée à changer de couleurs et apporter un sang nouveau à sa programmation ainsi qu'à sa façon de faire et de choisir.
Il est évident qu'au regard de tous ces résultats, les autorités de tutelle ont alloué davantage d'efforts et de moyens pour intéresser nos jeunes à la vie publique et leurs médias. Plusieurs réunions se sont tenues récemment à cet effet au ministère de la Communication et on s'attend à des résultats palpables dans la période qui vient. D'ores et déjà, tout un programme est élaboré au sein de l'ERTT et plusieurs médias publics et privés pour axer sur des sujets intéressant nos jeunes. Reste que tout le travail doit s'inscrire par la suite dans la durée et non pas pour une période bien déterminée. Meriem Hammami


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