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Recul du tourisme tunisien et « hold-up » égypto-turco-marocain
Publié dans Business News le 04 - 10 - 2010

En s'appuyant sur les dernières statistiques, enfin libérées des bureaux de l'administration de tutelle, il est fort probable que la destination Tunisie ait du mal, à achever l'année 2010, sous les meilleurs auspices. Il faudrait croiser les doigts et « prier », pour que l'année soit sauvée par le « gong », à savoir la réalisation d'une belle et bonne arrière saison. En tout état de cause, c'est la dernière ligne droite pour sauver ce qu'on « peut » et renouer avec des chiffres positifs.
Apparemment les répercussions de la crise économique mondiale, que la destination Tunisie, a réussi à contenir, au cours de l'année 2008, et même en 2009, années où la conjoncture internationale était particulièrement, difficile, ont fini par rattraper les scores du tourisme tunisien.
Les statistiques, récemment rendues publiques, par l'administration de tutelle, couvrant la période allant du 1er janvier au 20 septembre 2010, sont pour le moins qu'on puisse dire « très peu reluisants ». Elles laissent présager une fin d'année, en queue de poisson, ou plutôt mi-figue mi raison. En effet, par rapport au premier semestre, et après la haute saison, en gros, les indicateurs sont restés dans la même situation. A l'exception des nuitées, qui ont enregistré une hausse de 2,9%, et cinq marchés – et il ne s'agit pas de ceux stratégiques, sauf celui de la France et de la Grande Bretagne-, tous les indicateurs du tourisme tunisien et des marchés émetteurs, européens, essentiellement vers la destination Tunisie, accusent une baisse.
Les chiffres avancés par le ministre du Tourisme, pour les neuf mois de l'année 2010, témoignent d'un recul de l'ensemble des indicateurs. La destination aurait ainsi, accusé, entre le 1er janvier et le 20 septembre 2010, une baisse de -0,9%, au niveau des entrées. Elle aurait été visitée par 5 245 181 touristes toutes nationalités confondues, contre 5 295 461 touristes, au cours de la même période de l'année écoulée. Et, si l'on procède à une comparaison, avec la même période de l'année 2008 au cours de laquelle, les répercussions de la crise économique mondiale, battaient leur plein, la baisse serait encore plus importante. Elle est de 3,5%.
Et, la baisse n'a pas concerné uniquement les entrées. Elle est également nettement visible, pour ce qu'il y a de plus précieux dans le secteur, son nerf de guerre : les recettes en devises. Que ce soit en dinars tunisiens ou en euros, les rentrées en devises sont moins importantes que l'année précédente. Entre le 1er janvier et le 20 septembre, les touristes ont généré 2536 MD, contre 2540 MD, au cours de la même période de l'année 2009, réalisant ainsi, une baisse de -0,2%, en dinars tunisien. En euros, le recul est encore plus important. Il a été de -1,2%. En effet, les recettes en euros réalisées par la Tunisie, entre janvier et septembre, se sont élevées à 1346 millions d'euros, contre 1362 millions d'euros, pendant la même période de l'année 2009. Il en est de même, évidemment, pour les recettes en devises par nuitées. Celles-ci ont enregistré, un recul de -3%, en dinars et de -3,9%, en euros, réalisant, respectivement, 98,2 dinars, et 52,1 euros, au cours des neuf premiers mois de l'année en cours, par rapport à celle écoulée. Même constat en matière de recettes touristiques par touriste, en euros, qui se sont vues régresser de -0,2%, réalisant 256,6 euros, par client. Par contre, en dinars tunisiens, on a réalisé une hausse légère de l'ordre de 0,8%, avec 483,6 dinars, par touriste, entre le 1er janvier et le 20 septembre 2010.
Côté « jardin » du secteur touristique tunisien, soit les marchés émetteurs, on ne peut que regretter des fleurs « fanées ». En effet, presque tous les marchés, alias stratégiques de la destination et qui, pendant des décennies ont fait sa gloire, sont en baisse. Et, pour certains, une baisse inquiétante. Aussi, deux marchés stratégiques seulement, sont en hausse. D'abord, le marché français, avec une croissance légère de 1,7%, préservant ainsi, son classement en tête des marchés européens. Ensuite, le marché anglais qui a réalisé une croissance notable de l'ordre de +29,1%. Par contre, que ce soit le marché italien, espagnol ou encore allemand, la tendance est à la baisse, respectivement de –8,2% ; -6,2% et -6%. Par contre, d'autres marchés à l'instar de celui scandinave, avec une progression de 30,5% ; le marché russe, avec 46,3% ; le marché portugais, avec 12,6% et le marché turc ont enregistré une croissance de 9,8%.
Aussi, le marché européen, premier réservoir de touristes de la destination Tunisie, a-t-il accusé, au cours des 9 premiers mois de l'année 2010, une légère croissance de 0,7%, avec l'entrée globale de 3 015 213 touristes. Par contre, si l'on compare avec l'année 2008, on relèvera une baisse de l'ordre de -8,3%.
Du côté du marché maghrébin qui, pendant la crise économique mondiale a été d'un grand secours pour le tourisme tunisien, il lui a fait faut bond, pour les neuf premiers mois de l'année 2010. En effet, globalement, le marché maghrébin, a accusé une baisse de -3,1%, avec l'entrée de 2 118 159 touristes. Deux marchés sont en hausse, soit le marché algérien (6,7%) et celui mauritanien (5,2%). Par contre, le marché maghrébin vedette de la destination, soit la Libye, il a enregistré un recul de -8,1%, la plus importante depuis quelques années. Quant à la baisse réalisée sur le marché marocain, elle a été de l'ordre de -2,7%.
S'agissant des marchés lointains, la situation est variable selon les pays. Alors que les Canadiens ont accusé une hausse de 0,2%, les Américains, eux, ont régressé de 0,2%, laissant le total du marché nord américain, en statut quo, avec 0% de croissance. Par contre, les marchés moyens orientaux ont baissé de 11,3% et celui brésiliens de 8,4%.
Il est vrai que les entrées, les recettes en devises et le taux d'occupation (--1,1%) sont tous en baisse. Néanmoins, on relève une meilleure fréquentation des hôtels. Les nuitées affichent, en effet, une croissance de 2,9%, avec plus de plus de 28 millions de nuitées, au cours des neuf premiers mois de l'année 2010, plus de 6 millions dans la zone touristique Djerba-Zarzis.
Au regard de ces statistiques, le tourisme tunisien aurait-t-il été rattrapé par les répercussions de la crise économique mondiale ? Et, ces répercussions seraient-elles l'unique cause de ces résultats très peu reluisants ? Certains experts et analystes du secteur touristique national affirment qu'il est vrai que la crise et la situation économique de l'Europe, qui connaît une baisse du pouvoir d'achat, et une évolution du taux de chômage, ont une incidence certaine sur la situation du tourisme tunisien. Mais, il n'en demeure pas moins qu'il ne s'agisse pas de la seule et unique raison de ces baisses répétées.
A ce titre, dans une récente interview accordée au magazine Réalités, M. Ahmed Smaoui, expert en tourisme a clairement signifié qu'il serait irresponsable d'imputer la baisse à la seule crise économique. Car, a-t-il indiqué « pendant la même période nous avons constaté que le Maroc, l'Egypte et la Turquie ont enregistré une croissance à deux chiffres. Or, ces pays, puisent dans le même marché que la Tunisie, l'Europe ».
Selon lui, « tout porte à croire que la Tunisie subit, un hold-up commercial, un détournement de la clientèle ».
En tout état de cause, « les enquêtes démontrent que la baisse de la demande provient d'une inadéquation de l'offre, jugée fort balnéaire et de standing moyen. Et, quand on analyse la politique de la diversification, engagée depuis quelques temps, on constate que les efforts ne sont pas suffisants et qu'aujourd'hui, on a accumulé des retards qu'il conviendrait de combler au plus vite ».
Tous les espoirs sont maintenant accrochés à l'arrière saison qui, apparemment et au regard des réservations s'annoncent pas mal. Et qui sait ? Peut-être bien que le tourisme tunisien réussirait à sauver l'année ? Attendons pour voir et surtout croisons les doigts.


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