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Enseignement supérieur privé en Tunisie : Rupture du dialogue
Publié dans Business News le 25 - 10 - 2010

La Chambre Syndicale des structures de l'enseignement privé, en Tunisie, tire la sonnette d'alarme, et lance un cri de « détresse », au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ils se retrouvent « piégés » entre des investissements lourds et une administration qui, à leur sens, fait la « sourde » oreille
Si l'état des lieux de l'enseignement supérieur privé ,aujourd'hui, sous nos cieux, est « sarcastique » avec des doléances de formes et de fonds, son avenir est incertain, voire compromis. A entendre le président de la Chambre et les promoteurs, participants à la table rond, organisée sur initiative du Magazine « Réalités », sur l'état des lieux et perspectives d'avenir du secteur », la Direction générale de l'enseignement supérieur, au sein du ministère, était au banc des accusés. Et les « absents ont toujours tort ».
En effet, en l'absence de l'administration, qui n'a pas répondu à l'invitation, le débat s'est concentré sur les problématiques et les éventuelles solutions proposées par les dirigeants des structures de l'enseignement privé, pour sortir du marasme.
La Tunisie a-t-elle besoin de l'enseignement supérieur privé ? Les structures publiques sont-elles capables de dispenser une formation de qualité minimum pour les quelques 430 mille étudiants? Selon Taieb Zahar, PDG du groupe « Maghreb Média », et Directeur du magazine « Réalités », la réponse est claire : « Avec le nombre croissant des étudiants, il serait difficile de garantir la qualité de la formation, de répondre aux besoins du marché du travail. D'où d'ailleurs, l'ouverture du secteur de l'enseignement supérieur à l'investissement privé, sur une initiative du Président de la République ».
Or, ajoute Taieb Zahar, aujourd'hui, dix ans après l'ouverture du secteur aux privés, on n'est très loin du compte et des objectifs fixés, que ce soit dans le 9ème ou encore le 10ème plan de développement économique. Sur les 40.000 étudiants relevant des structures privées de l'enseignement supérieur, ils ne sont même pas 10.000 à intégrer les établissements. Dans ce contexte, on pourrait s'interroger : l'Etat est-il le seul responsable de cet échec dans l'enseignement supérieur privé, alors qu'il a réussi, dans un secteur qui lui est assimilé, la santé, à ériger la Tunisie en un pôle d'exportation de service de santé.
Pour Abedellatif Khammassi, président de la Chambre Syndicale des structures de l'enseignement privé, l'initiative de la table ronde est excellente pour porter le débat sur la place publique. Elle est, à son sens, légitime. D'abord, parce que les problématiques du secteur ne cessent de s'accroître. Ensuite, face au « silence », et à « l'ignorance » de l'administration, c'est tout l'avenir du secteur qui est compromis. Les promoteurs se retrouvent dans un dilemme face à la rupture de tout dialogue avec l'administration de tutelle et ce, en dépit d'une volonté politique au plus du sommet, d'encourager et de promouvoir l'enseignement supérieur privé.
Le président de la Chambre reconnaît toutefois, que l'enseignement supérieur privé a bénéficié d'une attention particulière de l'administration, à son lancement. Les relations étaient constructives, le traitement était bon ce qui a permis d'ailleurs, la floraison des promoteurs, et la multiplication des investissements.
Avec l'entrée en vigueur du système LMD, des problèmes d'ordre organisationnels et administratifs ont émergé, dus essentiellement à une position personnelle des fonctionnaires de la tutelle, vis-à-vis de l'enseignement supérieur privé. Commencent alors, l'incompréhension, l'absence de dialogue, et surtout les conditions exorbitantes dont l'obligation de recruter des enseignants permanents, qui devraient obéir à des critères réels et rationnels.
Mais encore, l'administration ne donne jamais suite à nos courriers et à nos correspondances. Pis encore, le retard « abusif » constaté pour délivrer les autorisations des filières (en octobre 2010, pour une demande déposée en février, alors que l'année universitaire démarre en septembre, selon les conditions de l'administration). Et comme si ce n'était pas suffisant, la loi de 2008 est venue imposer de nouvelles obligations, dont celle de se constituer obligatoirement en Société Anonyme (SA) et d'augmenter le capital à 2 MD. Une loi promulguée sans consulter la profession, qui a eu un effet rétroactif, alors qu'elle ne le mentionnait pas, et que l'administration n'a jamais voulu discuter avec les promoteurs. Ils se devaient de s'y conformer, au risque de perdre leur agrément !
Sans entrer dans les détails des problématiques avec l'administration, Ridha Ferchiou, Directeur général de l'Institut Tunis Dauphine, regrette l'absence de l'administration du débat. Pour lui, l'enseignement, l'éducation et la santé sont des services publics qui peuvent être fournis tout autant par des structures publiques privées.
Néanmoins, les structures de l'enseignement supérieur sont des projets spécifiques, avec des particularités qui leur sont propres, et en première lignes desquelles, on retrouve l'éthique, la relation formé, formateur, administration….ce n'est en rien une relations classique « client-fournisseur ». Or, en Tunisie ajoute l'orateur, on a l'impression qu'on veut opposer les deux structures, comme s'il s'agissait d'ennemis, alors que sous d'autres cieux, ils sont complémentaires, au point qu'on ne ressent aucune différence.
D'ailleurs, insiste Ridha Ferchiou, même au niveau des circulaires adressées par l'administration aux directeurs des établissements privés de l'enseignement supérieur, c'est la « méfiance » qui règne. Et dire que ces structures ont émergé pour répondre à un besoin. Car, l'enseignement public ne peut pas tout assurer. Souplesse et flexibilité dans la gestion sont des atouts du secteur privé qui, désormais, se trouve aliéné par la loi de 2008. Au sens du DG de l'Institut Tunis Dauphine, le degré d'intervention de l'administration dans la gestion des structures de l'enseignement privé, devrait dépendre de ce qu'elle est en mesure de donner. En d'autres termes, si la structure privée, demande à l'administration de reconnaître ses diplômes, cette dernière est en mesure d'exiger. Mais, si ce n'est pas le cas, car la plupart d'entre nous forme pour le marché de l'emploi, l'administration serait appelée à mettre en place les grandes lignes de conduite et à exercer son contrôle, par rapport à ces grandes lignes ».
De l'avis de Khaldoun Ben Taârit, PDG de l'Université Libre de Carthage (ULC), il est tout à fait légitime que l'Etat joue son rôle de régulateur, et veille, à juste titre, au respect des règles du jeu. Ceci étant, il faudrait mieux que cela aille dans le bon sens, et ne se transforme pas en obstacles et entraves au développement du secteur de l'enseignement supérieur privé. Pis encore, l'orateur trouve qu'il est injuste de changer les règles en cours de route.
« On ne demande pas un traitement de faveur, loin s'en faut. On demande seulement qu'on nous traite comme les autres promoteurs, qu'on ne nous cantonne pas dans des spécialités précises. Car, le propre de l'innovation, au cœur du programme présidentiel, c'est de pouvoir réagir aux besoins du marché de l'emploi et des entreprises, à temps. D'autant plus qu'on évolue dans un contexte international et national, en perpétuel mouvement. Le problème c'est que l'administration de tutelle ne considère pas que nous sommes responsables, dignes de respect. Le ministère agit en tant qu'employeur avec des subalternes alors que c'est un Partenariat Public Privé (PPP), qui devrait s'ériger.
Je ne remets pas en cause le contrôle de l'administration, souligne le PDG de l'ULC. J'admets qu'on n'est pas parfait et nul n'est infaillible. On demande à ce qu'on nous accorde le bénéfice du doute, et on nous traite comme des innocents, jusqu'à preuve du contraire.
Dans le même ordre d'idée, Chedly Ben Mustapha, directeur de l'IHEC a indiqué qu'il y a une tendance à la standardisation. Or, dans un Conseil des ministres présidé par le Chef de l'Etat, le Président de la République a recommandé, d'une part, l'implication du secteur privé et, de l'autre, l'encouragement de l'innovation. Selon l'orateur, les recommandations présidentielles constituent une base pour formuler des propositions et rouvrir le dialogue avec l'administration.
L'enseignement supérieur privé devrait se démarquer du public et ne pas avoir forcément la même nomenclature. Les promoteurs trouvent aberrant et anormal que l'administration de tutelle leur impose les filières à enseigner ainsi que les diplômes délivrés…
A entendre les uns et les autres, il semblerait qu'un grand malentendu régit les relations entre les promoteurs et l'administration de tutelle. Et, si cela persiste, souligne Taïeb Zahar, cela risquerait de compromettre l'avenir du secteur. D'ailleurs, les promoteurs se plaignent des refus répétitifs et des restrictions de l'administration, pour l'autorisation de filières à enseigner qui, de surcroît, ne sont ni argumentées, ni communiquées à temps, afin de leur donner la possibilité de rectifier le tir et de corriger, si jamais il y a lieu à correction….
Le grand problème selon tous les intervenants, c'est une question de fond : la rupture du dialogue avec l'administration. La table ronde de « Réalités » a été une occasion pour entendre des promoteurs désorientés, et désemparés face au silence et à l'ignorance de l'administration notamment de la Direction générale de l'enseignement supérieur. Une direction qu'ils ont d'ailleurs, proposé de restructurer ou à défaut d'en créer une spécifique à l'enseignement supérieur privé. Insaf Fatnassi


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