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Tunisie Après les palais, le président veut « vendre » la République
Publié dans Business News le 02 - 01 - 2012

Le 12 janvier 1974, nombreux étaient les Tunisiens à se présenter leurs condoléances suite à l'annonce de la Déclaration de Djerba par Mohamed Masmoudi, ministre des Affaires étrangères de l'époque, signifiant l'instauration de l'union entre la Tunisie et la Libye de Kadhafi et la naissance, ainsi, d'un nouvel Etat dénommé « la République arabe islamique ».
Ceux qui présentaient ces condoléances n'avaient, finalement, pas tort, puisque le projet qui devait être soumis à un referendum dans les deux pays, a vite fait d'être enterré.
A peine 37 ans après, voilà que le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, débarqué, par un concours de circonstances très particulier, au Palais de Carthage, nous ressort la même trouvaille d'une « fusion » ou d'une « intégration » entre la Tunisie et la Libye (selon le sens et l'interprétation que l'on peut attribuer au mot arabe « indimaj »).
En effet, lors de sa première visite à l'étranger, M. Marzouki, apparemment subjugué par l'euphorie d'un entretien avec le nouveau numéro 1 libyen, dont la tenue impeccable en costume et cravate contrastait avec le fameux burnous « marzoukien », n'a pas hésité à lancer un appel solennel à la fusion entre les deux pays.
Moncef Marzouki a la prétention de voir dans sa visite en Libye une sorte de tournant et une entame d'une nouvelle ère dans les relations bilatérales.
En 1974, ce fut Kadhafi qui avait failli entraîner Bourguiba, via Mohamed Masmoudi, dans la mésaventure de l'union. En 2012, c'est encore l'homme au burnous qui ne s'appelle plus Kadhafi, mais Marzouki qui émet le vœu de dépasser l'étape de la coopération pour atteindre celle de l'intégration et de la fusion, le tout enveloppé dans des slogans réclamant, ni plus ni moins, « l'Union des peuples arabes indépendants".
En 1974, l'ex-ministre des Affaires étrangères, Mohamed Masmoudi, architecte avec Kadhafi, de ce projet d'union, était limogé, 48 heures après, soit un certain 14 janvier. Mais, à cette époque, il y avait des responsables lucides et patriotes, tels le Premier ministre, Hédi Nouira, et le leader syndicaliste, Habib Achour, pour faire le contrepoids et empêcher la réalisation d'une pareille bêtise.
A l'époque, Bourguiba avait le charisme pour se permettre des volte-face et faire renverser la vapeur en sa faveur sans perdre la face. Grâce à un savant dosage, il avait réussi à faire dénoncer ledit traité et le rendre caduc en l'espace d'à peine une quinzaine de jours.
Aujourd'hui, avec un Marzouki qui verse dans le populisme et dont toutes les actions semblent destinées à plaire à la galerie, quelles garanties avons-nous pour éviter d'éventuels dérapages, voire des faits accomplis irréversibles ?
Qu'on nous cite une seule activité de Moncef Marzouki qui ne soit pas chargée de symbolique ! De l'annonce de la vente aux enchères publiques des palais présidentiels à celle d'une intégration/fusion avec la Libye, en passant par les multiples visites aux tombes des morts ou aux familles d'anciens détenus ou de blessés, il multiplie les déclarations de bonnes intentions et les décisions démagogiques sans mûre réflexion et sans étude préalable de faisabilité, aussi bien pratique que juridique.
Bien entendu, il y aura des voix qui vont s'élever pour critiquer notre approche et faire de nombreuses louanges à l'action de Marzouki qui pourrait nous ouvrir grandes les portes du marche libyen à nos travailleurs et les mannes pétrolières à notre économie.
Mais en Libye, il n'y a pas encore de pouvoir clair (on le constate à nos dépens aux frontières à Ben Guerdane), personne ne sait encore quel type de régime va-t-on avoir à Tripoli sans oublier l'écart monstre qui sépare le niveau d'instruction et les mentalités des citoyens dans les deux pays.
Marzouki ne cache pas son penchant pour le nationalisme arabe et ses rêves pour l'aboutissement à une Nation arabe unique. Et c'est bien de rêver car tout grand projet commence par un rêve, mais il est aussi impératif que, par les temps de progrès scientifiques et technologiques, il faut être pragmatique et réaliste dans le sens où il faut se doter des moyens nécessaires et d'une vision claire et méthodique pouvant mener à la concrétisation dudit rêve.
Or, dans le cas d'espèce du monde arabe, pas un seul être humain sensé et raisonnable, ne peut miser un seul millime sur la faisabilité d'une pareille union. Même les Européens, avec leurs structures et leur pragmatisme, se débattent afin de faire survivre cette entité qu'est l'Union européenne et leur monnaie unique, l'euro. Et dire que ces pays ont mis près de 60 ans pour parvenir à ce statut, loin quand même de toute idée de fusion.
Il faut dire que depuis quelques temps, on essaie de nous faire miroiter les bienfaits de l'Eldorado libyen. Ainsi, après l'annonce de l'éventualité de l'embauche de 200 mille Tunisiens pour la reconstruction de la Libye, on nous dit que le marché libyen peut absorber jusqu'à un million de travailleurs tunisiens. Autrement dit, adieu chômage, adieu pauvreté, adieu grèves, sit-in et bienvenue paix sociale, progrès et prospérité ! Rêvons… Rêvons.
Marzouki semble oublier qu'il n'est plus le militant d'antan et qu'il se trouve, désormais, dans la peau d'un des premiers responsables de la destinée de la Tunisie et, qu'à ce titre, il est tenu d'être rationnel, concret et sans droit à l'erreur.
Le peuple n'accepte plus les déclarations endormantes et les discours de haute voltige, mais il veut, plutôt, des actes et des stratégies minutieusement planifiées dont les retombées sont bien palpables par le commun des citoyens.
Le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, censé détenir le principal des prérogatives de l'exécutif, observe un silence étrange quant aux comportements et autres déclarations de son président provisoire de la République.
Dans cet ordre d'idées, on aimerait bien connaitre la position du chef du gouvernement, M. Jebali, concernant les agissements et les multiples déclarations du président Marzouki ! Car d'aucuns estiment que le président provisoire de la République ne cesse de dépasser ses prérogatives. Il serait bon de savoir l'avis de M. Jebali sur la proposition de fusion avec la Libye, faite par Marzouki.
En ce même moment, on relève la coïncidence avec la visite de Rached Ghannouchi au Qatar où il n'hésite pas à discuter avec Cheikh Youssef Qardhaoui des choses de l'Etat tunisien. Le chef d'Ennahdha est-il habilité à traiter de ces sujets avec des parties étrangères ou dépasse t-il, lui aussi, ses prérogatives ?
A relever, également, que la proposition de fusion tuniso-libyenne, n'a été rapportée que par l'agence libyenne d'information alors que l'agence nationale de Tunis Afrique Presse, n'y a pas fait allusion jusqu'à présent.
Il est temps que les choses se clarifient, que chaque responsable se limite à ses attributions pour éviter les confusions et que l'actuel président provisoire de la République s'en tienne à son rôle protocolaire comme le lui stipule la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs. Noureddine HLAOUI


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