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Tunisie Qui gouverne le pays ?
Publié dans Business News le 04 - 01 - 2012

Mais dans la Tunisie post-révolution, rien ne semble aussi simple. Entre les « intérêts » étrangers et un sommet de l'Etat tricéphale, entendez Ghannouchi-Marzouki-Jebali, qui tire réellement les ficelles dans un pays en manque de structure ?
Le président de la République provisoire dont les prérogatives ont été limitées à un strict minimum protocolaire, et même s'il n'avait pas remis en cause cet état de fait, ne l'entend visiblement pas de cette oreille. Sans parler de sa décision de vendre les palais présidentiels aux enchères publiques afin d'injecter de l'argent dans les caisses de l'Etat et promouvoir l'emploi, Moncef Marzouki avait, notamment, participé à un congrès de l'opposition syrienne à Tunis. Interrogé à ce sujet par l'hebdomadaire El Moussawer en date du 2 janvier 2012, Rafik Abdessalem, actuel ministre des Affaires étrangères a condamné, entre les lignes, ce qu'il considère comme une ingérence dans les affaires syriennes. Il affirme, en effet, que même s'il souhaite l'indépendance du peuple syrien, il n'est pas souhaitable de se positionner sur ce conflit, comme la Tunisie n'aurait pas souhaité que l'on s'ingère dans ses affaires internes.
L' « ingérence » de Moncef Marzouki dans les affaires étrangères, tâche qui incombe donc a priori au gendre de Rached Ghannouchi, s'est illustrée de manière accrue lors de sa récente visite chez le voisin Libyen. Moncef Marzouki a fait part de la volonté de la Tunisie d'établir l'intégration complète et totale, voire la fusion (la différence entre les deux termes n'est pas établie) entre la Tunisie et la Libye. Cette fois, le vrai tireur de ficelles, national du moins, en la personne de Rached Ghannouchi, beau-père du chef officiel de la diplomatie, a corroboré ces déclarations, en confirmant une forte volonté d'unir les deux pays frères qui, selon le chef de l'Etat officieux, fait partie intégrante de la politique étrangère du mari de sa fille, soit de la Tunisie. Rached Ghannouchi affirme que les deux peuples sont semblables et que rien ne viendrait entraver cette union naturelle. À terme, l'alliance s'élargira aux autres pays frères jusqu'à créer une Nation arabe unie.
Ainsi, selon le quotidien algérien « L'expression », la coutume selon laquelle la première visite du chef de l'Etat tunisien doit se faire en Algérie et non en Libye, n'a pas été respectée par Moncef Marzouki mais l'avait parfaitement été par Rached Ghannouchi dont la première visite officielle s'est déroulée à Alger. Les visites du président d'Ennahdha sont donc considérées par nos confrères algériens comme analogues aux visites d'un président de la République ! Cet amalgame, officieusement, n'en est pas vraiment un, et nos voisins ont visiblement du mal à démêler les fils à la tête de l'Etat tunisien. Ainsi, le président du parti au pouvoir multiplie les visites « officielles », en Algérie, en Libye, en Turquie ou encore aux Etats-Unis et à Qatar, pour donner sa vision et donc celle de la Tunisie, en matière de politique étrangère. Allant jusqu'à rassurer les Américains et Israël sur la position de la Tunisie concernant le conflit au Moyen-Orient.
Pendant que le président officiel et le président officieux prêchent la bonne parole partout dans le monde, Rafik Abdessalem reste en Tunisie pour s'entretenir avec ses homologues français, belge, italien qui y viennent pour des visites protocolaires …En ces mêmes moments, notre Premier ministre, qui, sur le papier, aurait tous les pouvoirs, est étonnamment absent de la scène politique. Ses considérations seraient plutôt immobilières, la Kasbah ne convenant pas à ses goûts fastueux, trop proche du peuple peut-être, il vise grand, il vise RCD… le siège, pas le parti !
Il est alors difficile de mettre un visage sur le vrai chef national du pays. Les choses se compliquent lorsque l'on parle d'ingérence étrangère. Celle des pays du Golfe, par la nomination de Rafik Abdessalem, proche du Qatar et l'affaire Khayam Turki, écarté du gouvernement à cause d'une intervention émanant des plus hautes sphères décisionnelles émiraties, laisse planer un sérieux doute sur l'indépendance des dirigeants tunisiens. Moncef Ben Salem, actuel ministre de l'enseignement supérieur ne cache d'ailleurs pas son admiration pour l'émir du Qatar.
L'interférence américaine dans nos affaires internes a également été évoquée. Les récentes visites de Rached Ghannouchi aux Etats-Unis ont laissé planer le doute sur les intentions d'Ennahdha et la nécessité pour eux d'obtenir l'aval et le soutien de l'ami américain, notamment en rencontrant, lors de sa dernière visite, des responsables israéliens. Le dernier événement en date concerne, enfin, la récente visite de Joseph Lieberman en Tunisie. Cet ancien démocrate devenu aujourd'hui un soutien aux Républicains et ami de John McCain, avait été l'un des plus fervents défenseurs de l'intervention militaire en Irak. Lieberman, connu pour ses positions conservatrices, voire liberticides et en faveur de la censure, le bloggeur Mehdi Lamloum le rappelle très justement dans un article publié sur son blog (http://www.pinklemonblog.com/2012/01/censure-hamadi-jebali-t-il-ecoute-joe.html) est passé en décembre en Tunisie avant de se rendre en Israël. Il a, lors de cette courte visite, rencontré le président provisoire, ainsi que plusieurs responsables du pays et réaffirmé le soutien des Etats-Unis à l'actuel pouvoir tunisien. Il est à craindre que son soutien concerne également les méthodes de censure des moyens de communication et des médias qu'il a lui-même préconisées dans son pays et qui semblent être le nouveau cheval de bataille d'Ennahdha.
Entre le triangle d'ingérence étrangère Qatar-Etats-Unis-Israël, le trio national à la tête de l'Etat, Ghannouchi-Marzouki-Jebali et l'alliance tripartite Ennahdha-CPR-Ettakatol, ces relations triangulaires nationales et internationale jettent un brouillard épais sur un pays en mal de gouvernance. Monia Ben Hamadi


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