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Tunisie Les aveux d'Ali Laârayedh
Publié dans Business News le 01 - 06 - 2012

Après plusieurs mois de dérapages sécuritaires, marqués par la multiplication des agressions perpétrées à l'encontre de simples citoyens, des agents de l'ordre, contre les centres de souveraineté et de décisions, dont notamment les postes de police, les sièges des gouvernorats, des délégations, des mairies et d'entreprises publiques, sans oublier les nombreux braquages dont ont fait l'objets des personnes physiques et des moyens de transport aussi bien privés que publics.
Ce climat d'insécurité a touché, plus spécialement, les agents de l'ordre qui ont été agressés et battus, parfois, à mort, sachant que les auteurs de ces actes de violences font partie des délinquants de droit commun, mais aussi de certains individus, généralement barbus et qualifiés de salafistes.
C'est donc après plusieurs mois que le ministre de l'Intérieur, Ali Laârayedh, s'est rappelé qu'en Tunisie, c'est encore l'état d'urgence qui est en vigueur avec tout ce que cela implique comme mesures pour assurer la sécurité et, surtout, qu'il est nécessaire, pour tout le monde, d'en être conscient.
Le ministre de l'Intérieur se rappelle, également, qu'il y a la fameuse loi N°4 en date de 1969 organisant les manifestations et les attroupements précisant : « En cas de nécessité, nous n'hésiterons pas à appliquer toutes les dispositions contenues dans ce texte pour protéger les Tunisiens et renforcer la sécurité », a-t-il dit en substance avant d'ajouter que « les forces de l'ordre sont, désormais, habilitées à faire usage de balles réelles contre les attaques visant la sûreté de l'Etat ou ses citoyens, selon les dispositions de la même loi n°4 de 1969. Laquelle loi est, selon M. Laârayedh, « encore en vigueur, aujourd'hui, et constitue un point de référence aux forces de l'ordre face aux situations délicates ».
Or, en tirant des balles réelles, cela implique que le « gouvernement de la révolution », comme il le prétend, accepte d'avoir des morts sur les bras et sur la conscience. Et cela ouvre la porte à tous les éventuels dépassements, car arguant de l'état d'urgence, ce sera toujours la parole des forces de sécurité et de l'armée qui aura le dernier mot.
Et ceci revient à dire qu'on va retourner aux mêmes procédés utilisés par les agents de l'ordre durant la période de fin 2010 et début 2011. Lesquels procédés répondaient à l'esprit de la même loi N°4. D'ailleurs ceci a poussé certains observateurs à dire que si on suit cette logique, cela pourrait amener à déclarer l'innocence des policiers ayant tiré sur les Tunisiens lors des jours de la révolution.
D'autre part, en indiquant que, désormais, le ministère veillera à l'application de la loi et à faire respecter le prestige de l'Etat de droit et des institutions, cela voudrait-il dire qu'auparavant il ne l'appliquait pas ?
Ainsi, après plusieurs mois de laisser-aller et au cours desquels des bandits de tous calibres et, surtout, des salafistes ont fait la loi, le ministère se rappelle qu'il y a une loi référence qu'il faut mettre à exécution. Ce rappel intervient au lendemain des propos du chef du gouvernement, Hamadi Jebali, sur la situation sécuritaire et à la veille de la manifestation annoncée, depuis quelque temps sur les réseaux sociaux, pour le samedi 2 juin 2012.
Ceci nous renvoie, toute proportion gardée, à la période ayant précédé le 9 avril avec la décision d'interdire l'Avenue Bourguiba à toute manifestation, ce qui avait conduit aux terribles répressions enregistrées en cette triste journée. Dont la commission d'enquête prévue à cet effet vient à peine de désigner les membres qui la composent. Le pays se dirige-t-il vers le même scénario que celui de ce 9 avril ?
En déclarant les marches prévues comme étant illégales, même si le ministère de l'Intérieur en a été informé, il ne serait pas impossible qu'on revive les mêmes drames que ceux du 9 avril dernier, surtout si l'on sait que plusieurs citoyens, militants de la société civile et même des élus de l'ANC vont se déplacer en ce samedi 2 juin à l'avenue Habib Bourguiba pour… se promener.
On ne peut passer sous silence la contradiction marquant la déclaration du ministre de l'Intérieur qui, d'un côté, affirme que le pouvoir appliquera la loi avec fermeté et, de l'autre, fustige les communiqués des syndicats des forces de sécurité qu'il n'hésite pas à qualifier, publiquement, de discours politiques plutôt que de revendications syndicales précisant qu'ils contiennent des informations erronées.
« Une circulaire sera publiée prochainement pour organiser l'action syndicale conformément aux standards internationaux », dit M. Laârayedh en substance tout en accusant des représentants syndicaux de violation du statut de la profession, d'indiscipline, de divulgation du secret professionnel et de servir des agendas politiques.
Autant d'accusations graves prouvent que le courant ne passe pas entre le ministre de l'Intérieur et les responsables directs de la sécurité. Ce qui n'est pas fait pour sécuriser les citoyens! Quand le premier responsable de la sécurité adresse les pires critiques aux cadres et agents de sécurité parce qu'ils ne réclament rien d'autre que d'avoir les moyens adéquats et légaux pour s'acquitter convenablement de leur mission, cela ne peut que rajouter au climat d'incertitude.
Quand un membre du gouvernement, en l'occurrence, Lotfi Zitoun, appelle, publiquement, des barbus pour « corriger » des agents municipaux protestataires, l'on ne peut que mettre en doute les affirmations de son patron direct Hamadi Jebali et du ministre de l'Intérieur lorsqu'ils affirment que personne n'est au dessus de la loi, y compris et surtout les salafistes et les barbus. Si M. Zitoun les appelle à la rescousse pour faire « sa » loi, comment le pouvoir peut-il les faire soumettre au respect des lois du pays ?
Le 2 juin, c'est demain. Une journée qui pourrait s'avérer spéciale et révélatrice de la véritable volonté des autorités au pouvoir. Dans un sens comme dans l'autre…


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