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Moncef Marzouki, le faux chantre du prestige de l'Etat
Publié dans Business News le 17 - 05 - 2013

Moncef Marzouki enfourche un nouveau cheval de bataille en demandant qu'on arrête de s'attaquer aux institutions et à leur prestige par un trop plein de critiques. Toutefois, le président de la République semble éluder sa responsabilité dans cet état de fait. Par ses contradictions, ses agissements et ses réactions, Moncef Marzouki a grandement participé à la détérioration du prestige de l'Etat et de la fonction qu'il occupe.
Durant son mandat provisoire, le président Moncef Marzouki s'est vu flanqué du joyeux sobriquet de « Tartour » (marionnette) et il fût le seul dans ce cas car ni Ali Laârayedh, ni Hamadi Jebali ni même Mustapha Ben Jaâfar n'ont été traités ainsi.
Le dernier coup d'éclat du président a été sa défense du droit des filles portant le Niqab à passer les examens. Au-delà du fait que cette posture vient désavouer des conseils scientifiques élus et une décision du tribunal administratif, il est primordial de noter que c'est une posture anachronique et hors contexte car elle fût énoncée lors du Débat national de l'UGTT et en pleine période d'examens dans les facultés tunisiennes. Le président remet sur la table un sujet que l'on croyait clos et participe ainsi à charger l'atmosphère nationale. Le brouhaha médiatique suscité par Ansar Chariâa a entraîné un détournement de l'opinion publique de problématiques comme l'avancement des travaux de l'ANC ou encore le meurtre de Chokri Belaïd. Moncef Marzouki a apporté sa pierre à cet édifice.
Autre paradoxe du président, son affirmation que la liberté de culte était garantie et son passif de défenseur acharné des droits de l'Homme ont dû bien amuser Jabeur Mejri et Ghazi Béji qui ont été condamnés à 7 ans et demi de prison pour avoir exprimé leur athéisme. Du fond de sa prison pour Jabeur et du pays ou Ghazi a dû se réfugier, les discours du président doivent paraître bien ridicules.
Dans son livre intitulé « L'Invention d'une démocratie », Moncef Marzouki dit « on ne peut qu'être impressionné par la responsabilité du personnel politique tunisien ». Inclurait-il son staff et les membres de son parti, le CPR, dans cette affirmation ? Tarek Kahlaoui, directeur de l'Institut des études stratégiques (au rang de secrétaire d'Etat et membre important du CPR), s'est fendu de violentes déclarations pour attaquer ses opposants politiques.
Adnane Manser, récemment promu au poste de directeur du cabinet présidentiel, n'a eu de cesse de s'attaquer aux médias, entre autres, pour défendre bec et ongles son président, parfois en dépit de toute logique. Le président Moncef Marzouki avait assuré au cours d'une interview datant du début de son mandat, qu'il « s'exerçait à la démocratie en acceptant toutes les critiques, même celles destructrices ». Un bel exercice s'il avait été suivi de faits mais force est de constater que ce n'est pas le choix qui a été fait. Adnane Manser a affirmé que « les premières affaires dont se saisira la HAICA (Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle) seront portées par la présidence de la République ». Il va sans dire que la tolérance de la présidence aux critiques est toute relative surtout que Moncef Marzouki a proposé de créer une instance – une autre- pour surveiller le travail des médias et des hommes politiques sans parler du projet de loi liberticide de régulation des médias qui avait été présenté, avant d'être retiré, à l'Assemblée par les élus du CPR.
Pour justifier cette armada de mesures, le président de la République assure vouloir protéger le prestige des institutions de l'Etat, y compris la présidence évidemment. Objectif tout à fait louable dans l'absolu mais qui doit être relativisé. Les grandes démocraties, que Moncef Marzouki évoque très souvent, et leurs institutions ne pâtissent pas des critiques, autrement plus virulentes, de leurs médias nationaux. L'ancien chef du gouvernement anglais, Tony Blair a été représenté en chien tenu à la laisse par l'ancien président américain, George W. Bush. Pourtant, les institutions anglaises n'ont pas été ébranlées et aucun journaliste n'a été condamné.
En France, une référence en démocratie pour Moncef Marzouki, les guignols de l'info ont tellement critiqué Jacques Chirac qu'ils ont été soupçonnés de lui avoir fait gagner les élections en lui apportant un capital sympathie inespéré. On parle actuellement du « Hollande Bashing » car le président français est sous le feu des critiques pour plusieurs raisons. Dans ce cas aussi, les institutions françaises se portent bien et aucun journaliste n'a été poursuivi ou empêché de faire son travail.
Le prestige des institutions est principalement la responsabilité de ceux qui doivent les représenter. Ce devoir d'exemplarité se traduit par les actes et même par la tenue vestimentaire. Certains ont critiqué Moncef Marzouki parce qu'il ne porte pas de cravate. Gandhi non plus n'en portait pas mais son prestige, celui de son pays et de ses institutions n'en ont pas souffert, loin de là. Mandela non plus ne portait pas de cravate et il est inutile de parler de son aura et de son prestige. Pourtant, Gandhi et Mandela se trouvent être des sources d'inspiration et des exemples à suivre pour le président Marzouki. Le prestige de l'Etat dépend directement et principalement des comportements et des prises de position de ceux qui le représentent. Dans une démocratie en construction comme celle de la Tunisie, la valeur d'exemple se trouve accrue car ce sont les dirigeants actuels qui doivent instituer des pratiques exemplaires. Les contradictions entre le discours officiel et les agissements de nos responsables ne sont pas de nature à consolider le prestige de l'Etat, ils ont même un effet contraire.
Moncef Marzouki et son entourage assènent, sans broncher, que le président de la République, et à travers lui l'institution de la présidence, est victime d'une cabale médiatique visant à détruire leur prestige. Encore une fois, on en veut au miroir d'oser renvoyer une image qui ne plaît pas en partant du principe que celui-ci sert d'obscurs intérêts. Pourtant, c'est bien M. Marzouki qui avait foulé au pied une décision de justice devant la société civile tunisienne. C'est bien M. Marzouki qui avait mis en garde le peuple tunisien contre le fait de s'attaquer au Qatar. Les médias sont quand même pris pour cible. Dans son inquiétude pour le prestige de l'Etat, le président Moncef Marzouki et son équipe de porte flingues devraient commencer par balayer devant leurs portes. Gandhi, Mandela, Hollande n'ont jamais accusé les médias pour leurs critiques et c'est justement cela qui permet, entre autres, de protéger le prestige de l'Etat.


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