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La deuxième révolution tunisienne est en marche
Publié dans Business News le 28 - 07 - 2013

Des dizaines de milliers de personnes dans les rues, du Nord au Sud de la Tunisie. Plus de 60 députés ont annoncé leur retrait de l'Assemblée nationale constituante (ANC) et la police réprime des manifestants, jusque-là pacifiques. Quant aux dirigeants au pouvoir, ils appliquent la devise du « j'y suis, j'y reste ». Les ingrédients d'une deuxième révolution sont bien là.
L'échec est là et il est bien clair, malgré les dénégations des différents leaders de la troïka et malgré l'aveu même de certains de leurs dirigeants à l'instar de Hamadi Jebali (ancien chef du gouvernement et actuel SG d'Ennahdha) et de Abdelfattah Mourou (vice-président d'Ennahdha).
Il a été constaté et avoué par l'ancien chef du gouvernement après l'assassinat de Chokri Belaïd, avant qu'il ne jette l'éponge et après avoir échoué à imposer à sa famille politique l'idée d'un gouvernement de technocrates chargé de liquider les affaires courantes, jusqu'aux élections.
A sa place furent nommés Ali Laârayedh et Noureddine Bhiri qui n'ont pas pu calmer les esprits plus de trois mois. Il est vrai que la conjoncture économique nationale et internationale ne les aide pas beaucoup.
Mais si la tension est accentuée, ce n'est pas en raison de la relative incompétence du gouvernement seulement, mais c'est en raison aussi de cette ANC qui donne l'air de vouloir s'éterniser en se créant, régulièrement, des problèmes qui ne font que retarder les élections.
Et, souvent, derrière ces problèmes créés de toutes pièces, on retrouve les députés du CPR et d'Ennahdha, les partis au pouvoir.
Parmi les derniers problèmes, la falsification de plusieurs textes par l'islamiste Habib Khedher, rapporteur général de la constitution. Ou encore ces dispositions transitoires qui empêchent de faire appel à toute instance judiciaire durant trois ans pour contester les textes de la constitution, contraires aux droits universels. Ou enfin cette loi, appelée loi d'immunisation de la révolution, visant à écarter des prochaines élections, certains adversaires politiques bien déterminés et appréciés des citoyens.
Ayant déjà perdu sa légitimité légale, depuis le 22 octobre 2012, puisqu'elle n'a été élue initialement que pour un mandat d'un an, l'ANC perd sa légitimité morale.
Le 25 juillet, jour de la fête de la République, elle a perdu sa légitimité politique avec l'assassinat du député Mohamed Brahmi. C'est le troisième assassinat politique après ceux de Lotfi Nagdh et Chokri Belaïd. Assassinats jamais enregistrés lors des époques de Ben Ali et de Bourguiba, qualifiés de dictateurs par les actuels dirigeants.
Trop, c'est trop. Les Tunisiens sont sortis immédiatement dans les rues pour manifester leur colère et leur désapprobation. Au Kef, à Gafsa, à Sidi Bouzid, à Sfax, partout on demandait le départ de ce gouvernement incompétent et de cette ANC qui a perdu ses légitimités légale, politique et morale.
Samedi, devant l'Assemblée nationale constituante, après l'enterrement de Mohamed Brahmi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées pour réclamer la dissolution de cet organe.
Plus de 60 députés ont déjà annoncé leur retrait de l'ANC pour se joindre aux manifestants et jurer qu'ils ne quitteront les lieux qu'après avoir trouvé une solution définitive à la crise politique que vit la Tunisie. Le sit-in est là et les tentes sont dressées. De quoi mettre en rage le pouvoir et, notamment, le parti au pouvoir.
La foule mobilisée sera cependant réprimée, par deux fois pour la journée du samedi 27 juillet, par une frange des forces de l'ordre que l'on n'hésite plus à nommer, dans les milieux politiques, comme étant une police parallèle du parti islamiste Ennahdha.
Un parti que l'on soupçonne d'avoir créé des milices pour le défendre face aux foules en colère.
Une contre-manifestation est organisée et on voit des têtes connues, notamment au Bardo devant l'ANC. Des voyous par-ci, mais aussi des manifestants ayant participé à d'anciens sit-in de soutien au gouvernement, comme celui de la Télévision tunisienne. Officiellement, ils sont là pour défendre la « légitimité », le gouvernement et… l'islam.
Au milieu de la manifestation de soutien au gouvernement, on entend les slogans et les appels des meneurs : « Attention, ces députés qui se sont retirés et ces manifestants qui veulent faire chuter le gouvernement sont des ennemis de l'islam. Ils veulent faire disparaître votre religion du pays. La preuve, regardez comment ils n'observent pas le jeûne et mangent et boivent ouvertement. Faites attention, si vous ne défendez pas votre religion et votre pays, ils nous coffreront de nouveau dans les prisons »
.
Phrases suffisamment convaincantes pour enflammer les foules et pousser à l'affrontement. Tard dans la nuit, le député Sahbi Atig, qui dirige le groupe d'Ennahdha à l'ANC, arrive au Bardo et enflamme de nouveau les foules. Sa présence même sur les lieux est une provocation, ce Sahbi Atig. Dans une démocratie normale et dans un pays qui se respecte, il serait en état d'arrestation, vu ses appels au meurtre prononcés il y a à peine 15 jours lors d'un meeting de soutien au président égyptien déchu Mohamed Morsi.
Avec cette foule suffisamment enflammée par les dirigeants islamistes, on n'est plus à l'abri des affrontements sanglants. On n'en est pas encore là.
Cette réaction violente d'Ennahdha était prévisible. Le parti islamiste est biberonné à la violence et ses principaux dirigeants étaient déjà condamnés pour ce type d'actes. La détermination des 60 députés et des milliers de manifestants démocrates qui contestent le régime islamiste, ne sera cependant pas atteinte : ce gouvernement chutera et les islamistes partiront du pouvoir après le coup d'Etat institutionnel qu'ils sont en train d'imposer au peuple.
On rappelle que dans n'importe quel pays démocrate, quand des milliers de manifestants descendent dans les rues exprimer leur colère, le gouvernement présente immédiatement sa démission et organise des élections anticipées. On répète matin et soir que le pouvoir actuel n'a plus de légitimité après avoir dépassé le délai de son mandat d'un an, après avoir échoué dans sa mission et après l'assassinat de trois leaders politiques. Le mouvement de contestation est déjà actif depuis quelques semaines. Il a pris sa vitesse supérieure le 25 juillet et les démocrates espèrent qu'il ait pris sa vitesse de croisière hier samedi après la répression policière et la présence de milices pro-régime.
Tous les ingrédients d'un soulèvement pacifique sont réunis, en somme. La deuxième révolution tunisienne est bien en marche et ne ressemble, pour le moment, en rien à la deuxième révolution égyptienne.


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