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Et toi, elle est où ton identité ?
Publié dans Business News le 08 - 01 - 2014

Le vote de la Constitution tunisienne est un simulacre de démocratie grimé à la hâte. Divers articles pompeux, et somme toute, positifs, ont été votés lors de ces séances plénières dont la télévision nationale nous abreuve tous les jours.
Parmi les articles votés dans la Constitution, il y a l'article 38 qui stipule que « l'Etat veille à ancrer l'identité arabo-musulmane et la langue arabe, la promouvoir, et généraliser son utilisation aux jeunes générations ». Un célèbre adage dit : La culture est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. Cet adage est valable pour cet attachement, de nos élus, à l'identité arabo-musulmane.
Nos élus se sont sentis obligés de sanctuariser l'apprentissage et l'ancrage de l'identité arabo-musulmane chez les jeunes générations. Pourquoi cette disposition ? Les élus ont-ils peur que cette identité disparaisse chez leurs enfants et leurs petits enfants ? Pourtant, le caractère arabo-musulman de notre pays perdure depuis des centaines d'années sans qu'il n'y ait eu besoin d'un article constitutionnel.
Cet article consacre la tendance de renfermement identitaire et de peur de l'ouverture observée dans les travers de l'Assemblée. Cet article fait ressembler cette assemblée à un « Kottab » ou à une école coranique tant les amendements expriment une peur profonde et les argumentaires se basent sur des versets du Coran.
D'un autre côté, cet article sape les fondements même de la République en s'attaquant à l'un de ses piliers : l'école et l'éducation. L'enseignement dans les écoles doit être républicain et tunisien, non pas arabo-musulman. Allons-nous imposer cet apprentissage au jeune juif tunisien qui va à l'école de son quartier ? Et ceux qui ne sont pas arabes, devront ils être « arabisés » de force à l'école ? Imaginons que des enfants de parents tunisiens émigrés en France soient obligés d'assimiler un apprentissage judéo-chrétien. Comment réagirions-nous ?
141 députés ont approuvé cet amendement. 141 élus du peuple ont montré leur complète méconnaissance des principes républicains, mais ça on le savait déjà. Ce qu'on sait aujourd'hui c'est que ces élus sont, au pire, intolérants et allergiques à la différence, au mieux, incapables de déchiffrer un article constitutionnel. Le juriste Iyadh Ben Achour a montré le danger que peut représenter cet article mais il était surtout dépité en décrivant l'adoption de ce texte comme un coup de poignard asséné à un processus qui était, jusque là, à peu prés correct.
A l'heure où l'enseignement dans les grandes démocraties est protégé, où l'école est sacralisée, la Constitution de la deuxième république tunisienne impose de diriger l'enseignement afin d'ancrer l'identité arabo-musulmane. On ne risque pas de l'oublier cette identité arabo-musulmane, on ne va pas se réveiller tous les matins en étant contents de la constitutionnalité de cette identité arabo-musulmane. De toute façon, les élus de l'ANC ont tellement parlé d'identité, d'arabité et d'Islam que nous nous serions cru sous la menace imminente d'une croisade destinée à éradiquer notre identité et notre religion. Tant de bêtise, tant d'ignorance et tant de refus de la modernité et du progrès sont non seulement affligeants pour la Tunisie mais aussi tout à fait en décalage avec l'histoire du peuple tunisien.
Ancrer l'identité arabo-musulmane chez les jeunes générations. Il fallait y penser ! Heureusement que nos élus étaient là pour inclure cette mesure révolutionnaire, pour le coup ! Toutefois, cet amendement se trouve être en parfaite cohésion avec l'article premier de la Constitution. Ce fameux article que personne dans l'assemblée n'a eu le courage de remettre en question et qu'aucun élu n'a jugé bon de mettre sur la table de manière franche et honnête.
Trop occupés qu'ils étaient à s'auto-augmenter et à se crêper le chignon, ils ont eu le culot de nous décrire le maintien de l'article premier de la Constitution de 1959 comme une victoire. La victoire du dialogue et du consensus qui a produit le statuquo, quoi de mieux pour être d'accord que de ne rien changer ! C'est une Constitution sans aucune imagination et sans aucun progrès qui est actuellement votée par les élus. Le tout se faisant dans une atmosphère allègre d'entente et de consensus d'après nos politiciens. Le dialogue, la concertation, l'échange de points de vue entre les différents intervenants…que d'expressions proférées par les politiciens pour rassurer.
Timorés, renfermés et incompétents pour la plupart, il était illusoire d'espérer mieux de la part d'élus qui ont si peur de s'ouvrir aux autres. Ils n'ont même pas été capables d'être à l'écoute de leurs concitoyens, comment leur demander d'avoir une réflexion sur les civilisations et le progrès humain ?
Comble de la mauvaise foi et de l'ignorance, tous ceux qui vont s'élever contre cet article honteux seront catalogués en tant qu'ennemis de l'Islam et de l'identité arabo-musulmane. Les vieux crédos de la guerre contre la religion seront de sortie et on recommencera à surfer sur ce qu'il y a de plus bas dans un être humain, ses peurs.
L'article 114 de la Constitution de la Tunisie de 1861 stipule que : « Les créatures de Dieu devant être égales devant la loi, sans distinction, soit à cause de leur origine, de leur religion ou de leur rang, les sujets étrangers établis dans nos états, et qui sont appelés à jouir des mêmes droits et avantages que nos états, et qui sont appelés à jouir des mêmes droits et avantages que nos propres sujets, devront être soumis, comme ceux-ci, à la juridiction des divers tribunaux que nous avons institués à cet effet ». Avons-nous progressé ou régressé depuis ?
P.S : Pour l'histoire, les élus qui ont proposé cet amendement sont : Pour Ettakatol : Abdellatif Abid, Mondher Berrahal, Tarek Labidi, Faycel Jadlaoui. Pour le CPR : Hicham Ben Jamaa, Ikbel Msadaa, Samir Ben Amor, Amor Chetoui, Lazhar Chemli. Pour Wafa : Mabrouk Hrizi, Azed Badi, Rafik Tlili, Mohamed Karray Jerbi. Mohamed Alouch, Wissem Yassine, pour les indépendants, Anouar Marzouki ex-Aridha et Mouna Ben Nasr ex-Moubadara.


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