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En dépit de l'interdiction, Ansar Chariâa reste actif
Publié dans Business News le 13 - 05 - 2014

Il y a de cela huit mois, plus exactement depuis août 2013, le gouvernement tunisien a officiellement désigné Ansar Chariâa comme étant une organisation terroriste. Celle-ci venait notamment d'être inscrite sur la liste noire des organisations internationales terroristes des Etats-Unis. Dès lors, les autorités tunisiennes ont mené des actions contre le groupe extrémiste afin de révéler l'implication de ses membres dans des opérations terroristes. En apparence, la réaction des partisans d'Ansar Chariâa s'était traduite par un calme relatif. Pourtant, de récentes évolutions tendent à indiquer que l'organisation reviendrait sous une nouvelle dénomination : celle de Chabeb Al Tawhid, selon une étude menée par le Washington institute for Near East policy. Ce changement pourrait avoir d'importantes conséquences sur les efforts de lutte contre les jihadistes en Tunisie. Qu'en est-il réellement ? Et quelles en seraient les répercussions sur la sécurité en Tunisie sur le long terme ?
Moins d'une semaine après son classement comme organisation terroriste, Ansar Charâa a pratiquement cessée ses campagnes de prosélytisme en Tunisie. Toutefois, il est probable que le groupe continue discrètement à mener ses campagnes au niveau des zones rurales, loin de la portée de l'Etat. Cela étant dit, ses activités sur le terrain ne sont plus apparentes et se résument principalement à des messages de solidarité avec les membres arrêtés, appelant à la patience et partageant des citations religieuses et celles de figures idéologiques par l'intermédiaire du compte Twitter de l'organisation.
En effet, Ansar Chariâa a gardé un profil bas contrairement à son modus operandi avant sa désignation comme organisation terroriste. Les seules annonces importantes étaient des messages de son chef Abou Iyadh : l'un pour soutenir l'organisation «L'Etat islamique en Irak et au Levant », l'autre exhortant ses partisans à tenir bon.
Jusqu'à récemment, ce silence relatif a rendu difficile de discerner ce qui se tramait au sein d'Ansar Chariâa. Néanmoins, les nouvelles informations révélées par l'enquête du Washington institute for Near East policy, évoquent que les activités du groupe extrémiste se poursuivent, sous la bannière de Chabeb Al Tawhid en Tunisie et ceux de la Libye, où Abou Iyadh est censé être basé. Ce changement pourrait signaler, toujours d'après l'étude, aux membres exilés en Libye que les structures de commandement d'Ansar Chariâa en Tunisie sont de plus en plus proches de l'organisation du même nom en Libye.
Un nouveau média en ligne a été créé, récemment sous la dénomination de Chabab Al Tawhid Media. Ce site sert de porte-voix aux salafistes en Tunisie et leur permet d'exprimer leur soutien à l'Etat islamique en Irak et au Levant. Au début, la majorité des contenus de Chabab Al Tawhid Media était composée de republications des articles d'Ansar Chariâa et de l'organisation L'Etat islamique en Irak et au Levant. Des informations sur les combattants tunisiens en Syrie ont été diffusées ainsi que l'article d'Abou Saad Al Amili, un idéologue et jihadiste, qui a été un conseiller d'Ansar Chariâa et ce depuis l'annonce de sa création, il y a de cela trois ans. Par ailleurs, Chabab Al Tawhid Media avait publié en exclusivité, une déclaration du porte-parole du groupe extrémiste tunisien, Seifeddine Erraïs. Ces quelques éléments démontrent qu'il existe bien un lien entre Ansar Chariâa et Chabab Al Tawhid, une manière parmi d'autres, pour l'organisation de réapparaitre sans pour autant annoncer une affiliation directe, d'après l'enquête.
D'un autre coté, Chabab Al Tawhid Media avait publié, le 19 avril 2014, une vidéo montrant l'otage tunisien kidnappé en Libye, Mohamed Ben Cheikh. Cela suggère selon l'auteur de l'enquête que le média, bien qu'initialement créé par des Tunisiens, aurait rejoint en partie le réseau libyen.
D'après le Washington institute, il est évident que Chabab Al Tawhid en Libye est impliqué dans les opérations d'enlèvement et les campagnes médiatiques visant l'appui et le rapprochement des relations entre Ansar Chariâa et le groupe l'Etat islamique en Irak et au Levant. Pour leur part, les membres de Chabab Al Tawhid en Tunisie semblent jouer un rôle de restructuration et d'entretien du réseau d'Ansar Chariâa en Tunisie. D'une manière similaire à l'organisation classée terroriste, Chabab Al Tawhid a créé des pages Facebook pour ses différentes branches dans le pays et sont présents dans les quartiers et les mosquées de même que les institutions d'enseignement.
Cela donne à penser que ses groupes présentent une grande coordination pour maintenir les réseaux d'Ansar Chariâa en Tunisie en dépit du statut illégal de l'organisation. Ces réseaux ont été décentralisés mais cela démontre probablement une volonté délibérée d'occulter les liens entre Chabab Al Tawhid et Ansar Chariâa. Le but principal étant, selon les investigations du Washington institute, d'aider les partisans à préserver leur capacité de s'organiser permettant ainsi d'atteindre les populations locales en contournant le contrôle de l'Etat tunisien.
Le chercheur spécialisé dans la question de la politique des salafistes au sein des pays en transition démocratique, Aaron Y. Zelin, affirme que ces mécanismes rappellent l'approche adoptée par les réseaux jihadistes mondiaux qui ont été interdits, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. M. Zelin cite par exemple le groupe britannique Al Mouhajiroun connu pour la création de plusieurs filiales sous différentes dénominations afin de continuer d'opérer. Le chercheur précise par ailleurs, que le chef d'Ansar Chariâa, Abou Iyadh, était certainement familier avec cette tactique, puisqu'il vivait à Londres dans les années 1990 et avait pu avoir des contacts avec l'organisation britannique.
En somme, l'étude du Washington institute for Near East policy, démontre que l'organisation terroriste tunisienne Ansar Chariâa, semble avoir trouvé une voie alternative pour étendre son champ d'action malgré son interdiction. Une interaction entre Chabab Al Tawhid en Tunisie et en Libye reste en outre à prouver, en dépit des signes qui vont dans la direction de confirmer cette piste. Toutefois, ce qui est certain est que le réseau d'Ansar Chariâa est toujours actif faisant fi de sa classification comme organisation terroriste. Il reste aux autorités tunisiennes de trouver une stratégie rigoureuse afin d'éradiquer le groupe extrémiste, dont les membres ont la patience et la conviction idéologique qui leur permettent de renaitre de leurs cendres.


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