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Le secteur extérieur entre l'enclume et le marteau
Publié dans Business News le 29 - 05 - 2014

La vague terroriste qui sévit au pays actuellement, les batailles rangées menées par les forces de l'ordre et l'armée de la patrie pour la contrer ainsi que la tournure grave que prennent les événements au niveau régional, pèsent lourd sur la situation de l'économie nationale et pourraient impacter, particulièrement, le secteur extérieur.
Les coûts, de ce fait, sont financiers mais aussi des pertes d'opportunités et du potentiel macroéconomique en termes d'affaiblissement de certains secteurs et en conséquence de la croissance au sens général.
Rappelons, à ce titre, que la Tunisie dépend largement de ses relations avec le reste du monde. Durant les trois dernières années, et selon les données du ministère du Commerce et de l'Artisanat, la valeur moyenne des exportations s'est élevée à 21794 Millions de Dinars soit 31% du produit intérieur brut aux prix courants. La filière touristique qui est à son tour exportatrice, par excellence, a généré durant la même période des recettes moyennes de 2946 Millions de Dinars.
Malheureusement, ces flux n'ont pas pu couvrir le déficit commercial qui n'a cessé de s'aggraver pour atteindre un gap de 11808 à fin décembre de 2013.
A la fin du mois d'avril de l'année en cours, le pays n'a exporté que pour 2299 Millions de Dinars. Quant aux recettes touristiques, considérées en euro, elles sont en baisse par rapport à la fin du même mois de l'année précédente de 3,3% et n'ont atteint que 778 Millions de Dinars ce qui explique encore la situation alarmante de la balance commerciale dont le déficit est à un niveau vertigineux.
Evidemment, cette situation reflète un cumul de positions dramatiques de gouvernance et des prises de risques dont les effets néfastes et dangereux sur l'économie et la société ont été longuement présentés par les analystes financiers et les experts.
Pour mémoire, notre pays doit honorer, au titre de l'année 2014, selon les données du ministère de l'Economie et des Finances une enveloppe de crédits extérieurs, en principal et en intérêts, de l'ordre de 1800 Millions de Dinars.
Le secteur extérieur face à une double crise
Au sens conceptuel, le secteur extérieur illustre les volumes et les valeurs des échanges qui concernent les biens et les services, les revenus des facteurs du travail et du capital, les transferts, les mouvements de capitaux et notamment les flux financiers et de devises étrangères. Globalement, les mouvements sont enregistrés au niveau de balances qui fonctionnent en vases communicants.
En Tunisie, la politique adoptée, sur ce plan, a essayé de développer les principes de la libéralisation, de la diversification de la base exportatrice et de la diversification des partenaires.
A cet effet et depuis le début des années 90, la Tunisie a opté pour l'intégration dans l'économie mondiale par la libéralisation progressive du commerce extérieur et l'instauration de zones de libre-échange. Cette politique se poursuit mais les crises internationales et les risques de contagion, par la négociation de nouveaux accords commerciaux et notamment par la négociation de la libéralisation du secteur des services, des produits agricoles et agroalimentaires limitent les effets des objectifs escomptés.
Concernant la diversification de la base exportatrice, le pays n'a pas misé sur les secteurs à haute valeur ajoutée et à forte composante de savoir pour se concentrer, en première ligne, sur les industries manufacturières de sous-traitance.
En matière de diversification des partenaires commerciaux, les échanges demeurent concentrés avec l'Union Européenne en dépit de quelques efforts insignifiants de promotion des échanges avec les pays nordiques, d'Europe centrale et orientale, avec la zone arabe de libre échange et notamment avec l'Afrique.
A partir de ces constats, il s'avère que le pays est très sensible aux crises et aux chocs, principalement, en zone européenne et dépend largement de ses mouvements économiques, en termes procycliques, de croissance.
L'effet du terrorisme sur le secteur
Dans toutes les actions terroristes perpétrées à notre pays, la dimension économique était omniprésente et s'était distinguée par une volonté acharnée de déstabiliser le secteur extérieur à travers la destruction du tourisme, en premier lieu et en nuisant à l'image de la Tunisie vis à vis de ses partenaires, en second lieu.
Par ailleurs, toute activité économique associe risque et rendement, et elle inclut un mode de gestion des risques qui fait partie du management sécuritaire au sens large. En dramatisant largement le sentiment d'insécurité, le terrorisme et le contre-terrorisme élèvent le «niveau d'aspiration» à la sécurité. Ainsi, on observe, dans notre pays depuis plusieurs mois que les acteurs économiques presque de tout bord ont mis en valeur une certaine pensée sécuritaire, de nouvelles formes de prévention des risques, et évaluent, de manière plus critique, les politiques de couverture. Ceci a induit de nouvelles stratégies économiques des producteurs, consommateurs et régulateurs.
Aussi, des effets certains sont attendus sur des filières vulnérables en Tunisie liées aux secteurs précités, à savoir le transport aérien, l'hôtellerie, la restauration, la publicité et le secteur financier off shore bien qu'il soit sûr encore que les conséquences pourraient être ressenties sur les marchés de capitaux.
Néanmoins, il est difficile de spécifier, de manière fine, les effets des attaques par rapport à une éventuelle baisse conjoncturelle de l'activité et en conséquence sur le taux annuel de croissance du produit national en l'occurrence, en termes réels.
Les risques sécuritaires, au sens large, engagent les responsables à appliquer plus rigoureusement et plus rapidement des «principes de précaution», dont les effets économiques doivent être, précisément, appréciés. Les mesures de toute prévention doivent être encadrées compte tenu des capacités budgétaires militaires et de sécurité nationale, surtout en la présence d'un déficit public pesant. Il est impératif que tout projet de guerre contre le terrorisme, creuse les écarts économiques, financiers et monétaires. Cette question doit faire l'objet d'un effort de quantification multidimensionnel.

*Spécialiste en gestion des risques financiers


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