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Habib Essid, le chef est nu !
Publié dans Business News le 28 - 06 - 2015

Au lendemain d'un attentat terroriste des plus sanglants, les Tunisiens et les amis de la Tunisie s'attendaient à des mesures immédiates du gouvernement donnant un signal fort que l'Etat est là. Au lieu de quoi, Habib Essid s'est contenté de mesures assimilées plutôt à de la poudre aux yeux. Trop peu, trop tard.

Pour ses soirées ramadanesques, Habib Essid a ses habitudes que ses voisins connaissent. Juste après la rupture du jeûne, le paisible retraité part à la mosquée pour les longues prières des Trawih, un rite religieux non obligatoire. Nommé chef de gouvernement, aucun changement dans les habitudes de M. Essid n'a été observé. Ou plutôt si. M. Esssid est désormais accompagné par ses agents de sécurité pour ses prières. On est loin, bien loin, du Mehdi Jomâa qui bossait matin, midi et soir ou même de BCE qui profitait de ces veillées ramadanesques pour recevoir chez lui différentes personnalités. C'est la tradition, d'ailleurs, de tous les hommes politiques.

Il a fallu l'attentat du vendredi pour que le chef du gouvernement se rappelle qu'il est là au service de l'Etat et que le temps n'est pas pour les prières, mais pour le travail.
Les réunions en urgence de ce vendredi 26 juin, quelques heures seulement après l'attentat sanglant qui a engendré la mort de 38 touristes dans deux hôtels à Sousse, ont abouti à 13 mesures qui se voulaient spectaculaires (voir notre article à ce sujet). Le lendemain, samedi, M. Essid reçoit un nombre de personnalités politiques, dont certaines sont controversées, pour discuter du plan d'action à adopter. Le chef du gouvernement voulait le spectaculaire dans ses mesures et il a réussi. Le spectacle est désolant. Il reflète un chef qui ne sait plus quoi faire et n'a rien dans sa besace à donner. Il ne s'agit ni de critique, ni d'analyse, mais d'un constat.

La première de ces mesures n'en est pas une, déjà, puisqu'il parle d'une enquête classique pour déterminer les responsabilités et déterminer les mesures (encore !).
La deuxième mesure, celle de la fermeture de 80 mosquées, reflète que le gouvernement a dû attendre qu'il y ait un attentat pour décider cette fermeture. Une fermeture qui ne résoudra aucun problème (au contraire) puisque ce sont les imams radicaux qui dirigent ces mosquées qui doivent être arrêtés. Idem pour la 3ème et 4ème mesure consistant à la prise de mesures (encore !) contre les partis et associations œuvrant contrairement aux principes de la constitution et la révision du décret relatif à leur financement. Cela fait des mois que la société civile et les médias dénoncent nommément ces associations au financement opaque.
La première mesure, qui en est réellement une, est la cinquième appelant l'armée de réserve pour renforcer la présence sécuritaire dans les zones sensibles. Faut-il que l'armée soit prête (en encadrement et en équipements) pour assurer. Idem pour la 6ème consistant à déclarer des zones militaires fermées.
Les 7ème et 8ème mesures ont de quoi faire sursauter n'importe quel observateur. Elles consistent à renforcer les campagnes de vérification contre les suspects et la mise en place d'unités touristiques armées le long des côtes. Or ceci aurait dû être déjà fait depuis l'attentat du Bardo, sinon bien avant, puisque la guerre contre le terrorisme a été décrétée depuis 2012 ! Le pire, c'est que l'on savait tous que les zones touristiques étaient ciblées au cours de ce mois de ramadan et les terroristes l'ont annoncé et répété, jusqu'au jour même de l'attentat de Sousse, si l'on se tient à leurs menaces sur Facebook et Twitter.
La 9ème mesure parle d'un congrès qui, dans les faits, consiste à se réunir autour d'une table pour bavarder et se quereller entre personnes aux idéologies et aux approches différentes.
La 10ème mesure, hollywoodienne, consiste en l'octroi d'une prime à toute personne fournissant des renseignements. Avec la création de cette nouvelle fonction de « chasseur de primes », on va finir par éradiquer le chômage !
Les 11ème, 12ème et 13ème ne sont pas de vraies mesures non plus, puisque le chef du gouvernement parle de tenues de conseils ministériels et de sécurité et de réunions avec tous les partis politiques afin de leur faire part de l'importance de l'unité nationale.


Samedi 27 juin, Habib Essid commence par les réunions en question et reçoit Ali Laârayedh, son prédécesseur au poste, député et SG d'Ennahdha. Une personnalité politique des plus controversées quand on se rappelle que c'est sous son mandat que les islamistes radicaux ont connu leur printemps. Des tentes partout, des mosquées hors de contrôle, des discours extrémistes, des voyages organisés en Syrie, des financements colossaux de partis et associations islamistes extrémistes…. Son meilleur fait d'armes est d'avoir laissé le terroriste notoire Abou Iyadh s'échapper du pays, depuis la mosquée El Fath, fief des salafistes radicaux. Cette même mosquée que dirige l'extrémiste Noureddine Khadmi, ministre de Laârayedh, qui n'a jamais été interrogé dans une quelconque affaire liée de près ou de loin au terrorisme.
Habib Essid reçoit ensuite Tarek Kahlaoui, du CPR dont le SG Imed Daïmi était, il y a quelques semaines à peine, en réunion à Beyrouth avec le terroriste Hassen Ezzedine. Ce même CPR qui se trouve très proche de plusieurs associations dites révolutionnaires qui n'ont de cesse de critiquer le gouvernement et le modèle social de la Tunisie. En quoi M. Kahlaoui va aider M. Essid à part la surenchère patriotique et politique ? Ce dirigeant CPR ne déroge d'ailleurs pas à sa règle et il a toujours quelque chose à dire. Ainsi, pour le congrès de « bavardage sur le terrorisme », il propose qu'il soit organisé en juillet plutôt qu'en septembre.


Que reflète tout cela et en quoi consiste la mission d'un chef du gouvernement ? Comme son nom l'indique, la première mission d'un chef du gouvernement est d'être un chef. Or Habib Essid ne se conduit pas comme tel. On s'attendait à des décisions fermes et immédiates et lui prend des petites mesures à l'emporte-pièce. On voulait se rassurer avec sa vision et sa stratégie de guerre, mais lui consulte la vision des autres camps qui n'ont jamais caché leur animosité envers ce gouvernement, sa stratégie et ses électeurs. On s'attendait au limogeage des responsables de cette débâcle (à commencer par les cadres sécuritaires incompétents nommés par ses prédécesseurs), mais M. Essid les maintient à leur place, malgré toutes les suspicions de leur proximité (idéologique du moins) avec les mouvements islamistes.
En bref, les électeurs de Nidaa et de BCE voulaient un chef qui tape du poing sur la table, rassure et affronte la crise. Au lieu de quoi, on retrouve un homme pépère qui prend des demi-mesures, perd son temps avec ses ennemis déclarés et joue aux consultants au lieu de remplir sa mission de décideur. On voulait un chef guerrier qui anticipe les frappes et met ses bottes pour partir au front, mais on constate que l'on fait face à un gentil monsieur pieux qui retire ses pantoufles pour accomplir ses prières à temps dans la mosquée.

Nizar Bahloul


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