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Radio Kelma : licence mal acquise ne profite jamais
Publié dans Business News le 11 - 10 - 2016

Une nouvelle fois, la radio Kelma cesse de diffuser des émissions pour se contenter de simples playlists de chansons. Personnel licencié, crédits non remboursés et nouvelle crise en vue pour la radio fondée par Sihem Ben Sedrine et son époux Omar Mestiri. Que s'est-il encore passé dans cette station qui n'a fait, depuis sa création, que collectionner des casseroles en dépit de l'excellente qualité de ses émissions et de ses animateurs et journalistes ?

Lundi 10 octobre 2016, Néji Bghouri, président du syndicat national des journalistes tunisiens reçoit un groupe de journalistes de la Radio Kelma qui affirment que les responsables de Kelma leur ont donné pour instruction de diffuser désormais uniquement de la musique en vue d'une fermeture définitive de la station. Ce nouvel épisode de la vie de Kelma n'étonne personne, il était même prévisible pour ceux qui suivent le dossier.

La radio a été créée à la fin des années 2000 sur le web par Omar Mestiri et son épouse Sihem Ben Sedrine, deux militants farouches de l'ancien régime. Pour la faire vivre, le couple tendait la manche à des organismes européens en prétextant que la radio promouvait la démocratie et les droits de l'Homme. L'argument tenait debout et arrivait à convaincre, mais jusqu'à une certaine limite, puisqu'il s'est avéré qu'il était de façade. Le premier à dénoncer la supercherie fut le régime de Ben Ali lui-même. Le manque de crédit et le despotisme de l'ancien régime fut qu'il n'ait pas été audible. Il y eut ensuite quelques journalistes de la station pour dénoncer la supercherie et le non-paiement d'émoluments. Le couple Mestiri-Ben Sedrine les accuse d'avoir été retournés par le régime de Ben Ali pour l'attaquer et l'affaire est vite oubliée.

2011 vint la révolution. Omar Mestiri veut obtenir une licence FM pour sa radio qu'il qualifie d'associative. D'après ses déclarations à l'époque, il aurait obtenu la promesse du Premier ministre Béji Caïd Essebsi. L'intéressé n'a jamais confirmé et, de toute façon, ce n'était pas lui qui accordait les licences en cette période, mais l'Instance nationale pour la réforme de l'information et la communication (INRIC) ancêtre de l'actuelle Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA).
L'INRIC a alors demandé aux promoteurs de projets de radios d'envoyer leurs dossiers pour qu'elle planche dessus. Omar Mestiri dépose à la date 5 avril 2011 une demande sur feuille volante dans laquelle il réclame une fréquence radio et une licence de télévision. « M. Mestiri n'a pas jugé utile de présenter, comme tous les autres candidats, un dossier spécifiant le type de radio qu'il compte lancer (communautaire, commerciale, régionale, nationale…), ni un business plan qui garantit la pérennité de son projet, ni une grille des programmes, ni une présentation du management et de l'équipe éditoriale…
Quand on sait que l'INRIC a eu à examiner 74 demandes, la plupart appuyées par un dossier bien détaillé, M. Mestiri a, peut-être, estimé qu'il était au-dessus de la mêlée et qu'il pouvait se passer de tout examen, comme jadis les proches de Ben Ali obtenaient, en dehors de tout cadre légal, des fréquences FM, un bien public précieux et, qui plus est, très rare en Tunisie », a écrit alors Kamel Laâbidi, président de l'INRIC dans une lettre rendue publique envoyée à Reporters sans frontières, datée du 12 juillet 2011.
C'est que faute d'avoir obtenu une licence, et après avoir déposé un dossier sommaire le 26 mai, Omar Mestiri a entamé une grève de la faim le 21 juin 2011. Comme avant la révolution, il a tout de suite obtenu le soutien de quelques ONG nationales et internationales qui voyaient en cette grève une continuation de la lutte contre la dictature.
Le forcing de la grève de la faim et le soutien étranger avaient du bon, puisque le 29 juin 2011 M. Mestiri obtient finalement sa licence, en dépit de son dossier et de son business plan sommaires et en dépit de la longue liste des promoteurs ayant présenté des dossiers. Pendant ce temps-là, son épouse Sihem Ben Sedrine courait les plateaux télé et radio pour promouvoir son image de militante qui lui donnait, à ses yeux, toutes les légitimités.

Après la licence, il fallait maintenant au couple trouver un investisseur pour croire au projet et y risquer son argent. Il le trouvera auprès de Nasr Ali Chakroun, homme d'affaires connu pour avoir été proche de l'ancien régime et devenu, après la révolution, proche de Moncef Marzouki, élu président de la République en décembre 2011. L'homme d'affaires en question place son argent et la radio démarra le 31 octobre 2012.
Moins d'un an après, en septembre 2013, elle avale son capital d'un million de dinars, dépense trois millions de dinars et enregistre un endettement de 1,8 million de dinars. Omar Mestiri est obligé de mettre la radio en redressement judiciaire. Entre temps, ses fournisseurs sont en attente de paiement depuis des mois, tout comme plusieurs salariés.
La faute ? Les investissements publicitaires sont quasi-nuls, d'après M. Mestiri. A aucun moment, il n'a remis en question son business plan bâclé et la gestion hasardeuse de son épouse, nommée officiellement co-gérante à ses côtés.
L'épouse, plutôt préoccupée par sa carrière politique, a en effet délaissé la radio pour s'occuper de sa candidature à l'Instance Vérité et Dignité.
Candidature pourtant illégale puisqu'elle était co-gérante à Kalima, mais on n'est plus à une illégalité près. Dans les médias, Mme Ben Sedrine nie farouchement être co-gérante de la radio, en dépit du JORT qui atteste du contraire.
Après le redressement judiciaire, la radio ne diffuse plus d'émissions pendant deux ans. Légalement parlant, la HACA se devait de retirer la licence de la fréquence (rare), mais elle ne l'a pas fait préférant attendre que Omar Mestiri lui présente une solution.
Pour ce dernier, la solution est connue, il lui fallait trouver un autre pigeon pour acheter la radio. Rassuré que la HAICA ne va pas appliquer la loi pour lui retirer sa licence, il prendra son temps et attendra l'issue des élections de 2014.

Le choix fut fixé sur l'homme d'affaires, l'homme politique et le président de club Slim Riahi, sans qu'aucun document officiel ne le prouve.
Une transaction a lieu au courant de l'année 2015 à l'issue de laquelle Nasr Ali Chakroun a vendu ses parts. Quant à Sihem Ben Sedrine et Omar Mestiri, on ignore combien de parts ils ont vendu dans la radio. Un membre de la HAICA nous atteste cependant que M. Mestiri demeure actionnaire de référence de Kelma (après la vente, le nom commercial s'est transformé de Kalima à Kelma) et titulaire de la licence.
Sur papier, et officiellement, Slim Riahi n'apparait nulle part. C'est un certain Badis Essafi qui est officiellement gérant de la station et signataire officiel des chèques. En clair, la radio n'a pas arrêté avec ses méthodes détournées dans la gestion. M. Essafi n'est pas connu du grand public, mais on sait qu'il est déjà gérant de sociétés du domaine dont FM Production, SARL au capital de 100.000 dinars spécialisée dans la production et la distribution d'émissions radiophoniques et BEE prod, une SARL de 10 millions de dinars spécialisée dans la production audiovisuelle.
On ignore donc si M. Essafi est un prête-nom de M. Riahi, mais on sait qu'on le voit rarement, voire pas du tout, à la station. Cela dit, c'est un secret de Polichinelle que de dire que Slim Riahi est derrière la station. Cela est répété avec insistance dans le milieu (jusqu'au président du SNJT, pas plus tard qu'hier lundi 10 octobre) et parmi les salariés. Envers et contre tous, Mohamed Hannachi donne mardi 11 octobre une déclaration à la TAP dans laquelle il se présente comme le directeur général de la radio (alors que nous n'avons aucun document juridique et officiel qui l'atteste)et dément catégoriquement tout lien entre Kelma et M. Riahi.

Toujours est-il qu'après l'achat, la gestion effective de la radio est donnée à un autre homme politique, Mahmoud Baroudi. Il passe l'été 2015 à multiplier les entretiens d'embauche et il réussit à faire de bons castings durant lesquels il n'hésite pas à citer le nom de Riahi. Il recrute de nouveaux journalistes et fait appel à des animateurs vedettes et de talent. Au back-office, il fait également appel aux meilleurs noms de la scène journalistique et n'hésite pas à leur proposer des rémunérations élevées, bien supérieures à la moyenne. Un rédacteur en chef ou un directeur de programme était payé autour de 3000 dinars. Certains animateurs vedettes pouvaient toucher jusqu'à 6000 dinars, alors que les chroniqueurs pouvaient toucher quelque 2500 dinars.
M. Baroudi assure également à son équipe chevronnée de la non-ingérence éditoriale de Slim Riahi et, d'après les multiples témoignages que Business News a recueillis, cette promesse a vraiment été tenue. De toute façon, cette ligne éditoriale et ce ton indépendant pouvaient être constatés pour les auditeurs fidèles. Le « patron » de la chaîne aurait même été malmené une fois dans une émission, nous témoigne une animatrice-vedette qui a fait les beaux jours de la station.
Début 2016, c'est l'animateur-vedette Wael Toukabri qui prend les rênes, Mahmoud Baroudi étant appelé à d'autres fonctions. La qualité des émissions était déjà bonne, mais elle s'est améliorée encore davantage avec, pour résultat immédiat, une bonne audience en général.
Seulement voilà, un média demeure d'abord et avant tout une entreprise commerciale. La politique de faire appel aux meilleurs (Maya Ksouri, Mourad Zeghidi, Fatma Karray…) a un coût qu'il fallait couvrir par des recettes.
D'après les données en notre possession (non vérifiées, faute de chiffres fiables), les recettes publicitaires ont tourné autour de 150.000 dinars depuis la relance. Trop peu pour couvrir les charges déjà onéreuses, les rémunérations d'une bonne soixantaine de salariés et les honoraires et contrats des animateurs vedettes.
Mais il n'y a pas que cela, car la station ne devait pas seulement honorer ses charges nouvelles, mais elle devait également régler les dettes anciennes de l'époque de la gestion (de moins d'un an) de Omar Mestiri et Sihem Ben Sedrine. A sa sortie, M. Mestiri a affirmé que la société avait un endettement de 1,8 MDT. Mais a priori, il n'y avait pas que cela et des cadavres auraient été découverts dans les placards.
Ainsi, on parle d'arriérés d'impôts et de CNSS, ainsi que d'un crédit souscrit auprès d'une banque publique de quelque 1,2 million de dinars. Le crédit en question aurait été accordé sans garantie aucune, grâce à un coup de main de la troïka. Ces crédits et ces impayés, fortement alourdis par les intérêts de retard, ont plombé les comptes de Kelma.
La station avait beau faire appel aux meilleurs, et avoir d'excellentes émissions, elle pouvait survivre au manque conjoncturel d'investissements publicitaires (ce qui est le cas de la majorité des médias encore en exercice, tous types confondus), mais elle ne pouvait pas survivre en sus aux cadavres trouvés dans les placards, héritage de la gestion calamiteuse d'un couple « mythique » du paysage politique tunisien.
Kelma est sur le point de mourir une nouvelle fois et ses journalistes sont au chômage. Slim Riahi est concentré sur ses affaires et ne semble plus avoir envie d'injecter davantage dans ce puits sans fonds. Quant à Sihem Ben Sedrine, elle est à la tête de l'IVD où elle continue (encore !) d'être accusée de mauvaise gestion et d'être la cible des attaques de « son » personnel, devant le silence complet des autorités, des « militants » et des ONG. Les supercheries de la « militante » continuent encore…


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