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Chedly Ayari toutes griffes dehors !
Publié dans Business News le 17 - 05 - 2017

Au moment où il est annoncé partant, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari lance une contre-attaque lors de son audition par l'Assemblée des représentants du peuple (ARP). Toutes griffes dehors, il essaiera de s'accrocher à son poste et de défendre son institution.

Les bruits se faisaient insistants quant à l'éventuelle annonce par le président de la République, lors de son discours du 10 mai 2017, du limogeage du gouverneur de la BCT. Béji Caïd Essebsi y aurait renoncé au dernier moment parce que Chedly Ayari se trouvait, le jour du discours, en mission à l'étranger.
Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie a auditionné par les députés de l'ARP hier, mardi 16 mai 2017. Se trouvant dos au mur, il a déballé certaines données qu'il n'aurait sans doute pas fournies en circonstances normales.
Pour se défendre, Chedly Ayari a lancé des attaques tous azimuts. Il a d'abord réagi à son éventuel limogeage rétorquant que « la question n'est pas aussi simple ». Il explique, en effet, qu'il a un mandat à remplir jusqu'à 2018 et que toute mise à terme de ses fonctions doit être régie par tout un arsenal de dispositions d'ordre constitutionnel.

Chedly Ayari est revenu sur le sujet épineux du glissement du dinar précisant que les autorités monétaires ont préféré choisir la voie du flottement contrôlé dans le but de faire émerger une certaine flexibilité opérationnelle qui rendra le taux de change cohérent avec le niveau des déficits extérieurs. Plus agressif encore, Chedly Ayari a tenu à mentionner que son souci premier n'est pas celui d'empêcher la baisse de la valeur du dinar, mais de préserver le niveau des devises étrangères, nécessaires pour la bonne marche des échanges commerciaux et pour la dynamique économique en général.
Se défendant, par ailleurs, de faire cavalier seul, le gouverneur de la BCT a tenu à préciser que l'indépendance de la Banque Centrale ne signifie pas qu'elle doit constituer un Etat dans l'Etat. « Au contraire, explique-t-il, la Banque est en train de coordonner avec le gouvernement et est en contact quotidien avec les autorités ». « D'où l'erreur que commettent certains, selon ses propres dires, de faire porter toute la responsabilité de la crise économique et financière à la BCT ». A ce propos et à titre d'exemples, Chedly Ayari a fait remarquer que la lettre d'intention adressée au FMI a été élaborée par le gouvernement au sein d'un conseil ministériel restreint.
Le gouverneur de la BCT a aussi rappelé que la Tunisie est un membre fondateur du FMI et que c'est son plein droit d'être assistée par cette institution. Et d'affirmer aussi que « les réformes engagées par la Tunisie sont nécessaires, mais elles ont trop tardé à être mises en place et le pays est en train de payer cher ce retard ».

Le gouverneur de la Banque centrale a aussi été plutôt alarmiste en évoquant l'inflation. « La hausse du taux d'inflation est extrêmement inquiétante surtout que les dernières statistiques révèlent une augmentation pouvant atteindre jusqu'à 6%, une conséquence attendue après l'augmentation des salaires et la flambée des prix et des rendus », a indiqué, en substance, Chedly Ayari.
Pourtant, ajoute t-il, « le taux d'inflation était stable auparavant, mais à ce rythme, il risque une envolée ». Evoquant le déficit commercial dû au déséquilibre persistant entre importations et exportations, il a fait savoir qu'il a atteint des records. M. Ayari a fait également remarquer qu'il est nécessaire de rationaliser les importations, surtout celles dont le pays peut aisément se passer. Et de préciser que le choix des produits à importer n'est pas l'affaire de la banque centrale mais celui des autorités compétentes.

Dans le discours de Chedly Ayari, deux points ont particulièrement retenu l'attention des experts et de l'opinion publique. Tout d'abord, il a assuré, là encore, que le taux de change n'est pas déterminé par la BCT mais par les banques du pays, arguant que la complexité des paramètres qui impactent la situation économique en Tunisie ne dépendent pas tous de la BCT.
Il a aussi fait savoir que la facture des hydrocarbures a atteint des chiffres très élevés. Or, sur ce point précis, les observateurs s'interrogent sur le pourquoi de cette hausse qualifiée de « faramineuse », alors que les prix du baril de pétrole sont en baisse continue depuis plusieurs mois. Ce qui implique l'importation en très grandes quantités de l'or noir.

Pour ce qui est des recettes touristiques, Chedly Ayari n'a pas trouvé mieux de s'interroger sur leur sort. « Où est passé l'argent généré par l'augmentation du nombre des touristes depuis le début de l'année 2017 en cours ? », s'est-il exclamé sur un ton ironique.
Les experts estiment que le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie est le mieux placé pour répondre à ces questions. En effet, la majorité des devises amenées par les touristes, notamment algériens et libyens qui forment le plus gros contingent des visiteurs étrangers, sont échangées clandestinement, sur le marché parallèle.
Pour faire échec à ce phénomène dont profitent, essentiellement, les contrebandiers, gros détenteurs de l'argent cash, la BCT avait été invitée à faire implanter des représentations dans les principaux points de passage frontaliers terrestres avec la Libye et l'Algérie. Mais l'institution monétaire a fait la sourde oreille laissant libre cours aux contrebandiers et aux barons de la clandestinité d'agir à leur guise.

Les exemples ne manquent pas pour affirmer que la BCT assume une part directe dans la détérioration de la situation monétaire contrairement à ce qu'a voulu faire croire Chedly Ayari. Au lieu de l'admettre, son gouverneur chercherait, uniquement, à se défendre et à se décharger de toute responsabilité en la faisant supporter par d'autres.
Le gouverneur de la Banque centrale a voulu démontrer, par ses propos devant l'ARP, que l'institution financière qu'il dirige n'a rien à se reprocher, mû en cela, selon les observateurs, par son attachement à son poste qu'il pourrait perdre, incessamment, puisque le bruit sur son éventuel limogeage reste de mise. Plus encore, des noms d'éventuels successeurs sont, même divulgués.


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