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Youssef Chahed sur les traces de Mehdi Jomâa et Saïd Aïdi
Publié dans Business News le 10 - 12 - 2018

Les débats parlementaires concernant la Loi de finances 2019 vont bon train. Il y a beaucoup à dire dans plusieurs textes de ce projet de loi, mais il saute aux yeux que ce ne sont pas ces mesurettes qui vont nous sortir du marasme. Certains parmi nos députés, voire plusieurs, sont des socialistes-communistes dans l'âme et ne se sont toujours pas rendu compte que le mur de Berlin est tombé, que l'Union soviétique n'est plus et qu'en Chine, il ne reste du communisme que le nom. Ils n'arrivent toujours pas à admettre la règle mille fois vérifiée « trop d'impôt tue l'impôt ». Ils n'arrivent toujours pas à admettre qu'une entreprise lourdement imposée, trop contrôlée et injustement redressée, est une entreprise qu'on empêche de se développer, qu'on empêche d'innover, qu'on empêche de recruter, qu'on empêche de croître, qu'on empêche de gagner. Et si elle ne gagne pas, elle est vouée à l'échec et à la faillite et elle ne pourra plus, par la force des choses, payer d'impôts. En attendant, nos chers députés sont en train de pousser les chefs d'entreprise à des solutions radicales à l'issue desquelles l'Etat sera le premier perdant : trafiquer leurs chiffres de telle sorte à faire sortir des bilans négatifs, donc pas d'impôt à payer. Créer des sociétés-écran qui échappent aux impôts usuriers de 35%, comme on le voit pour les grandes surfaces. Jouer à fond l'optimisation fiscale, donc peu d'impôt à payer. Aller carrément vers la rébellion fiscale et si l'Etat veut ses impôts, il n'a qu'à venir les chercher. Faute de suffisamment de contrôleurs, il y aura très peu d'impôt à percevoir. Quelle que soit l'issue, l'Etat (via ses députés) ne peut continuer éternellement dans cette voie de flagrante injustice fiscale avec d'un côté des contrebandiers qui échappent à tout contrôle puisqu'ils n'existent pas sur ses écrans fiscaux et de l'autre des entreprises qui veulent rester dans la légalité, mais qu'on étouffe à force d'impôts et de taxes et qu'on harcèle avec la loupe du fisc. Le plus urgent à faire est de réimprimer en 217 exemplaires le manuel « l'impôt expliqué aux nuls » et le distribuer à nos députés.

Le syndicat du secondaire fait encore des siennes. Comme beaucoup, Lassâad Yaâcoubi vit encore dans une autre époque, dans un autre monde. Il n'est pas au courant qu'on est en 2018. Ce syndicaliste est en train de commettre un crime en bonne et due forme contre nos élèves et une partie de nos enseignants qui refusent d'observer la grève.
L'UGTT devrait l'arrêter et peser de tout son poids pour l'arrêter, car il y va de sa propre survie. Le Tunisien est prêt à tout sacrifier, y compris son pain, mais il ne sacrifiera jamais l'avenir de ses enfants. Jamais ! L'UGTT a dévié gravement de la ligne syndicale. Elle est en train de jouer le pourrissement général et ceci n'est dans l'intérêt de personne. Le fait de bloquer l'appareil économique, d'empêcher les privatisations, de mettre des bâtons dans les roues de l'export, de jouer avec l'avenir de la Tunisie, ne saurait être une stratégie viable de nos jours. Ceci était peut-être viable à une certaine époque où l'on voulait tout casser, pour reconstruire tout à neuf sur des bases solides, mais cette politique est préjudiciable de nos jours. L'UGTT doit convaincre ses structures et ses bases : on ne saurait plus refuser toute solution proposée par le gouvernement et les bailleurs de fonds (FMI, BM, UE…) par « idéologisme » archaïque et anachronique, d'autant plus que ces solutions ont fait leurs preuves ailleurs.
L'UGTT est appelée à se ressaisir, ce mandat de Noureddine Taboubi est le pire qu'a vécu la centrale syndicale tout au long de ces dernières décennies. Non seulement, son aura nationale est dans les abîmes, mais voilà que sa stature internationale en prend un coup ! Il y a quelques mois, j'ai appelé les sages de la centrale (les Nizar Ben Salah, Karim Trabelsi and co) à sensibiliser leur direction sur la pente savonneuse dans laquelle ils sont. Il se trouve que même les sages sont désabusés et manipulés par de l'intox et/ou de mauvaises analyses de la situation. La gifle de la CISL et la grande gronde des parents menacent l'existence même de l'UGTT. Si l'URSS et sa grandeur est tombée, parce qu'elle n'a pas pris le tournant de l'histoire quand il le fallait, ce n'est pas l'UGTT qui va pouvoir sauver sa peau !

Les proches, les sympathisants et les députés attribués au chef du gouvernement Youssef Chahed sont hyper actifs ces derniers temps. Ils vont, parait-il, créer un parti capable de disputer les prochaines élections législatives et présidentielle. On ne sait pas grand-chose sur les intentions de Youssef Chahed, mais rien n'est exclu pour le moment. Le fait est que l'idée d'un parti a bien pris son chemin et semble être la solution choisie par les conseillers.
Jeune, dynamique, actif, intelligent, beau parleur, charmeur quand il est face aux masses, Youssef Chahed semble bien parti pour réussir. Il en a les atouts en tout cas et les derniers sondages le prouvent. L'actuel chef du gouvernement est de loin devant le reste, y compris son parrain Béji Caïd Essebsi. Sauf que la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Elle ne saurait d'ailleurs pas être celle de demain.
Il y a quatre ans de cela, Mehdi Jomâa était également à la tête des sondages. Quand il occupait le poste de chef du gouvernement, on disait également de lui qu'il est jeune, dynamique, actif, intelligent, beau parleur et charmeur. Tout est tombé à l'eau quand il a quitté la Kasbah. Son capital sympathie est parti, il a déçu plusieurs de ses amis et de ses sympathisants et son parti El Badil n'a pas du tout percé dans les sondages. Il n'y figure presque pas ! Aux dernières élections, le parti de Mehdi Jomâa a subi un échec cuisant. Tout comme l'autre séducteur et charmeur qui occupait de belles places dans les sondages Mohsen Marzouk. Lui aussi il a créé un parti, El Machrouû, et a cherché à transformer son capital sympathie en dividendes, mais il n'a fait que multiplier les échecs et les déceptions. Idem pour un autre gentil homme sympathique (très sympathique), Saïd Aïdi dont le nombre des déçus d'aujourd'hui avoisine celui des sympathisants d'hier. Le top du top est le cas de Ridha Belhadj qui n'a pas réussi à convaincre sa propre personne par son propre parti qu'il a créé lui-même. A la toute première occasion, il a compris que son parti n'est capable de rien et il l'a quitté !
On peut continuer dans un autre registre en évoquant Moncef Marzouki et son Irada ou Riadh Chiibi et son Al Binaa Al Watani.

contrairement à ce que pensent plusieurs conseillers « lumières » de Youssef Chahed, un parti n'est pas un jeu d'enfants. Un parti, cela veut dire des masses. Un parti, cela veut dire avoir des relais partout dans le pays, y compris les villages reculés. Pas de simples relais, mais des relais composés de personnes sur qui on peut vraiment compter, des personnes qu'on connait nommément et personnellement. C'est tout un travail qu'aurait dû entreprendre Youssef Chahed depuis deux ans, voire davantage, pour obtenir ces relais. Le fait qu'il ait à ses côtés des personnes comme Selim Azzabi, Kamel Haj Sassi ou Kamel Morjane est une bonne chose. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et ces personnalités, aussi influentes et charismatiques soient-elles, ne font pas un parti.
On a beaucoup fait le parallèle entre Youssef Chahed et Emmanuel Macron. Entre les deux quadra, il existe certainement plusieurs points communs. Mais il est bon de rappeler aux aficionados de Youssef Chahed (les fameux Go Jo) qu'Emmanuel Macron n'a pas créé de parti pour conquérir l'Elysée.
Il est légitime pour M. Chahed d'avoir des ambitions politiques, voire présidentielles. Mais la solution du parti n'est pas la bonne. Il est peut-être maintenant grisé par l'aura de son pouvoir de la Kasbah et de l'important et réel capital sympathie dont il bénéficie, mais le jour où il quittera la Kasbah pour devenir candidat, il devrait savoir qu'il ne va plus bénéficier de ces atouts. Pas tous en tout cas.
La solution ? Ne pas réinventer l'eau chaude. Soit faire du Macron en misant sur des relais solides (qu'il n'a pas) capables de ramener des masses, soit faire main basse sur son parti Nidaa. Ressusciter la machine Nidaa de sa torpeur et profiter de ses relais déjà existants est beaucoup plus facile que de créer un parti et tout construire à nouveau. Il n'a pas le temps matériel pour cela et il en sera incapable. S'il part du principe qu'il est plus intelligent que Marzouk, Aïdi et Belhadj, et qu'il va réussir là où ils ont échoué, il se trompe, quand bien même il serait plus intelligent.
Aller au congrès de Nidaa, s'y imposer, prendre à témoin les congressistes, les appeler à le soutenir contre Hafedh Caïd Essebsi et à user du bon sens pour miser sur un cheval gagnant est la solution la plus raisonnable et la moins coûteuse en ce moment.
Pour faire autre chose que cela, il lui faudra du temps qu'il n'a pas, des structures qu'il ne possède pas, des relais dont il ne dispose pas et un nombre important de conseillers expérimentés et chevronnés qu'il ne compte pas pour le moment dans son entourage.


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