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Il aurait fallu une loi pour interdire la présidence aux homosexuels
Publié dans Business News le 26 - 06 - 2019

Mounir Baâtour, président de l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie, a décidé de se présenter à la présidentielle. Imaginez le scandale, la honte si un homosexuel devenait un jour président de la République !
Si cette candidature avait été présentée il y a quelques mois, et si M. Baâtour disposait de plusieurs millions de dinars ou d'une chaîne de télévision par exemple, il n'est pas interdit d'imaginer qu'il monterait dans les sondages comme ce fût le cas pour d'autres. La polémique battra son plein et des divisions profondes surgiront entre ceux qui vont fustiger le fait qu'il soit président d'une association (bien que M. Baâtour soit aussi à la tête d'un parti politique) et qui se contenteront de dénoncer la procédure, et d'autres qui s'indigneront des orientations sexuelles du candidat et qui se lanceront dans l'imagination de scénarios rappelant Sodome et Gomorrhe.

La polémique atteindrait la coupole du Bardo et des voix s'élèveront pour protéger la démocratie et le cheminement de la Tunisie de cette perversion que serait un président homosexuel. Un Fayçal Tebbini hors de ses gonds qui criera à l'attaque contre la culture et l'héritage tunisien, les députés d'Ennahdha qui ne sauraient plus où se mettre, Imed Daïmi vert de rage, Salem Labyadh qui expliquerait le plan sioniste derrière ces manœuvres…ce serait très intéressant à écouter et à regarder. On prétextera ensuite la préservation des traditions et du mode de vie tunisien, ou bien la sauvegarde de l'image de la Tunisie auprès de ses partenaires arabes. On répétera la phrase à la mode ses derniers temps selon laquelle « la démocratie a aussi ses crocs et ses griffes ».
La démocratie devra se défendre contre la terrible attaque de l'association Shams. La morale de la vie politique est en danger et il y aura certainement des élus qui vont donner des leçons dans ce qui leur manque le plus. Oseraient-ils confectionner une loi disant franchement qu'il est interdit aux homosexuels d'être président de la République ? Ou bien un amendement instituant l'obligation d'un test anal avant toute prise de fonction, puisqu'on est dans le surréaliste de toute manière ? Ou encore plus subtil, faire une loi interdisant à toute personne président une association de lutte pour la dépénalisation de l'homosexualité dont le prénom est Mounir de se présenter à l'élection présidentielle ?
Il n'y a aucune raison de croire que ça se passerait autrement qu'avec les récents amendements de la loi électorale. Le problème avec Mounir Baâtour ne serait pas du tout ce qu'il est ou ce qu'il représente ni même avec ses orientations. Le problème serait uniquement lié au fait qu'il peut gagner et qu'il est placé trop haut dans les sondages. Une loi d'exclusion systématique d'une frange de la population serait votée et adoptée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Plus sérieusement, les amendements apportés à la loi électorale ont fait l'objet d'un recours présenté par une cinquantaine de députés. L'instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des lois dispose d'un délai de 10 jours, extensible de 7 jours, pour trancher sur la question. Si l'instance valide la loi, elle passera devant le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Il sera devant une décision qui impactera tout le reste de son mandat, une décision qui déterminera la manière dont l'Histoire de la Tunisie se rappellera de lui. Accepter l'exclusion dont lui-même a failli être victime ou continuer à porter l'habit du garant de la constitution et renvoyer la loi pour une deuxième lecture à l'Assemblée.
Il est facile d'être démocrate et ouvert avec ses amis et sa famille politique, mais le vrai test est de le rester même face à ses adversaires. La théorie selon laquelle il faut protéger la démocratie tunisienne des nouveaux venus dopés à coups d'audimat et de millions de dinars est fallacieux car s'ériger en donneur de leçon est la première étape vers la dictature. Tant de massacres ont été perpétrés au nom de la défense de la démocratie. Si la démocratie tunisienne ne peut pas résister à ces nouveaux venus, si elle n'a pas d'institutions suffisamment fortes pour faire respecter certaines règles, c'est qu'il n'y a jamais eu de démocratie en Tunisie.


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