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Gouvernement Fakhfakh : plusieurs scénarios, un seul vainqueur !
Publié dans Business News le 16 - 02 - 2020

Quelques jours nous séparent de la fin des délais constitutionnels pour la formation du gouvernement Fakhfakh. Et bien que le chargé de la formation de ce gouvernement soit désigné par le président de la République, élu à 73% des voix, son candidat ne fait pas l'unanimité et peine à réunir l'aval des partis politiques. Le coup de théâtre réalisé par le mouvement Ennahdha en témoigne.

Depuis sa désignation par le président de la République Kaïs Saïed pour la formation du gouvernement, Elyes Fakhfakh s'est voulu méthodique. Il s'est fixé une démarche s'étalant sur trois semaines. La première pour l'organisation de son soutien politique, la deuxième pour la mise au point d'un programme et d'une vision, tandis que la troisième semaine devrait se solder par la composition des membres de son équipe. A la fin de chaque étape, il s'est fixé un rendez-vous avec les médias pour faire le point de l'état d'avancement de son processus.
Malgré l'absence d'un accord autour du soutien politique pour son gouvernement, Elyes Fakhfakh a tenu sa première conférence. Toujours aussi ponctuel, a également organisé son deuxième point de presse, même si aucun parti n'a signé son programme gouvernemental.
Ainsi, et tenant compte de ses passages en force, le verdict du mouvement Ennahdha a été sans appel. Le conseil de la Choura du mouvement a décidé, hier, de ne pas accorder sa confiance au gouvernement Fakhfakh dans sa forme actuelle, s'attachant à un gouvernement d'union nationale qui n'excluerait pas le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes. Cette décision coïncidant avec le jour prévu pour l'annonce de la composition du gouvernement, de manière à pousser Elyes Fakhfakh à recaler sa conférence pour la première fois.

Les tractations de dernière minute se sont accélérées entre les différentes parties prenantes, à savoir Elyes Fakhfakh, Kaïs Saïed et Rached Ghannouchi en vue de parvenir à un accord pouvant satisfaire les exigences de chaque partie. Et au moment où tout le monde s'attendait à une annonce de la composition de la nouvelle équipe d'Elyes Fakhfakh, le mouvement Ennahdha a coupé court à toutes les spéculations et à toutes les attentes en affirmant son refus de participer au gouvernement et de lui accorder sa confiance. Une décision claire, nette et concise enterrant toute éventualité du passage de ce gouvernement.
Coup de théâtre ? Impasse politique ? Tous les éléments étaient réunis pour freiner l'entêtement et les différents passages en force d'Elyes Fakhfakh et du président de la République Kaïs Saïed qui le soutenait dans sa démarche. Ne sachant plus comment réagir face à cette situation, Elyes Fakhfakh a finalement annoncé la composition initiale de son équipe, tout en s'accordant un délai supplémentaire pour la poursuite des négociations, dans la mesure où les délais constitutionnels ne se sont pas encore écoulés et qu'il bénéficie encore de quelques jours lui permettant de peaufiner sa formation et éventuellement parvenir à un accord.
Dans le cas contraire, tous ceux qui se sont opposés à sa démarche seront confrontés à leurs responsabilités politiques face au peuple tunisien. Ce qui est finalement l'un des slogans prônés par le président de la République Kaïs Saïed depuis sa campagne électorale.

Ainsi, plusieurs scénarios sont possibles et envisageables. Durant les prochains jours, Elyes Fakhfakh pourrait répondre aux exigences du mouvement Ennahdha. Son équipe passera au Parlement. Mais dans ce cas, il sera fragilisé, devenant à la merci du mouvement islamiste. Ennahdha aura gagné son bras de fer engagé dès le début, non avec le chef du gouvernement désigné, mais avec son désignateur. Ainsi Kaïs Saïed aura perdu son combat et sera isolé à Carthage durant le reste de son mandat.
La deuxième possibilité qui s'offre à M. Fakhfakh serait de former un gouvernement de technocrates, s'il refuse de succomber au « chantage » d'Ennahdha. Si son gouvernement passe, chose peu probable dans la situation actuelle, il aura à mettre en application son programme et ce sera, à lui, et au président de la République, d'en assumer le bilan qu'il soit positif ou négatif. Il restera tout de même face au risque d'une motion de censure pouvant intervenir à tout moment où ses décisions et ses politiques ne correspondent pas aux orientations des partis représentés au Parlement.
Toutefois, l'enjeu majeur sera son échec d'obtenir la confiance au Parlement, ce qui est très probable, si on se tient à la conjoncture actuelle. D'abord, le mouvement Ennahdha aura récolté le fruit de son audace et de ses manœuvres politiques. Et dans ce cas, plusieurs scénarios sont également envisageables d'un point de vue constitutionnel et dans une optique de course contre la montre.
C'est dire qu'avant le délai fixé par la Constitution pour la dissolution du Parlement, à savoir quatre mois depuis la première nomination du chef de gouvernement, le mouvement Ennahdha et des partis qui lui sont alliés, pourront retirer la confiance à Youssef Chahed. Ils prendront ainsi le relais du processus de la formation du gouvernement. Or, entretemps, Youssef Chahed peut présenter sa démission et l'initiative retournera au président de la République. Rebelote dans ce cas.

Si aucun de ces deux scénarios n'a lieu, le président de la République peut dissoudre le Parlement. Le pays sera face à des élections législatives anticipées. La configuration parlementaire peut bien changer, notamment, avec l'amendement du Code électoral, prévu par le mouvement Ennahdha en faisant passer le seuil électoral de 3 à 5%. Une donnée clé pour les éventuelles prochaines élections, puisque dans ce cas plusieurs partis représentés au Parlement disparaitront du paysage. Ennahdha, par contre, tout comme le PDL et Qalb Tounes verront leur poids parlementaire augmenter considérablement, et ce, même si le président de la République décide de participer aux législatives avec ses propres listes. D'abord sa côte de popularité n'est plus la même qu'au moment de son élection, tenant compte de son bilan actuel, et puis il ne détient pas la même machine électorale que les autres partis puisque le processus des législatives est bien différent que celui de la présidentielle. C'est dire que le score qu'il a réalisé était dû à un contexte particulier où une grande partie des Tunisiens devait choisir entre « un universitaire intègre » et « un mafieux sortant de prison ».

En tout état de cause, la situation actuelle se présente assez compliquée. Elle ne sera profitable qu'à celui qui fait preuve d'audace, de tactique et de prévoyance. Dans tous les cas de figures, c'est le mouvement islamiste qui en sort vainqueur, riche de son expérience et de la solidité de ses rangs malgré toutes les divergences internes au sein de ses structures.


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