Le Club athlétique bizertin (CAB) a remporté, samedi 15 juin 2013, la coupe de Tunisie de football, édition 2012-2013, en battant l'Avenir sportif de La Marsa (ASM) par le score de 2 buts à 1. Cette consécration s'est faite dans l'indifférence quasi générale des foules sportives et des médias dont certains n'ont pas pipé mot d'un événement naguère nimbé d'un grand prestige. Cette coupe, qualifiée par certains comme « exceptionnelle d'une saison exceptionnelle » a été jusqu'au stade des quarts de finale entourée d'une étrange équivoque, les équipes engagées ne sachant si l'épreuve disputée était la coupe de Tunisie ou celle de la ligue. C'est que les règlements ne sont point identiques. La confusion n'avait été levée qu'au cours de la rencontre entre le CAB et le CS Hammam-Lif. La bouderie pour l'épreuve de cette année s'expliquerait également par l'absence des quatre équipes que l'on se plaît encore et toujours à qualifier de « grands » sans aucun ménagement pour la sensibilité des autres clubs et de joueurs qui se sentent floués et réduits au rang de sombres comparses. Les quatre « grands » ont été assignés à ne jouer que ce play-off qui a généré l'affaire la plus fourbe de cette saison et qui a mis Bizerte à feu et à sang. Bref, les responsables et les publics cabistes et marsois, eux, ont pris les choses au sérieux qui sont parvenus à cette finale désignée, curieusement et en un précédent inédit, au Zouiten au motif peu convaincant que Radès et El Menzah étaient en réparation, fait qui a contribué à alimenter davantage la rancœur des supporteurs des deux camps qui l'ont fait savoir au ministre des sports venu superviser « la fête du football » en lapidant sa tribune avec divers projectiles. La rencontre jouée par deux équipes tenant à ce trophée « exceptionnel » a été plaisante à regarder. Le réalisme des Bizertins a prévalu face à la fougue des banlieusards. Les « jaune et noir », grâce à un doublé du jeune attaquant Adam Rjaïbi, le seul but de l'ASM ayant été réussi par Omrani. Le CAB ajoute ce trophée à un palmarès relativement modeste composé de trois coupes de Tunisie, compte tenu de cette dernière, d'un titre de champion et d'une coupe africaine. C'est peu eu égard à l'âge du club, créé en 1928 mais c'est réconfortant, si l'on sait toutes les difficultés que ces équipes qualifiées de « seconde zone » éprouvent pour s'imposer. La consécration du CAB est le fruit de deux années pleines de travail intense, d'efforts consentis, une volonté de surpasser les adversités administratives qui ont souvent lésé l'équipe bizertine et surtout de remporter la juste récompense d'un labeur rude et intense. Mais qu'importe la coupe pourvu qu'il y ait l'ivresse, dit le dicton. Et la nuit du samedi dernier a été pour le tout Bizerte sportif la plus longue depuis des années. L'on a festoyé, pour de bon et oublié tous les malheurs subis. Cette coupe ouvre de larges perspectives nationales et continentales pour le CAB qui gravit un palier supérieur dans la hiérarchie footballistique nationale. Et qui compte y rester ! M.BELLAKHAL